Wild Rose n'est pas seulement le film qui aura révélé Jessie Buckley. Entre réalité (sociale) et rêve (musical), le film est une pépite qui charme et enchante. Parfaits pour l'été.



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 (c) Ecran Noir 96 - 19


  



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Blood simple (Sang pour sang)


USA / 1984

01.85
 



ECHANTILLON DECENT





Blood Simple est un film magnifique, un polar noir, très noir inspiré des œuvres de Raymond Chandler et James Mc Bain, le récit d’un engrenage fatal menant à la violence et au crime, une simple histoire d’adultère qui se transforme en bain de sang.
Le premier film des frères Coen est un coup de maître, abordant déjà des thèmes omniprésents dans leurs œuvres futures : l’argent qui pousse au crime, le petit grain de sable qui fait déraper l’histoire dans la folie et la violence.
Non seulement le scénario est pour les amoureux de polar un vrai plaisir, mais la réalisation magnifie l’histoire, lui donnant des airs de tragédie antique. Le jeu sur la lumière, la photographie remarquable de Barry Sonnenfeld (futur réalisateur de La Famille Adams et Men In Black) contribuent à créer cette ambiance crépusculaire. Les acteurs aux visages fatigués sont dépassés par les évènements, ne réagissant qu’instinctivement. Sans dévoiler l’histoire, rarement un meurtre n’aura été si douloureux, si difficile. Les critiques américains avait comparé à la sortie initiale du film les frères Coen à Hitchcock. Il est vrai que rarement la violence n’avait été aussi terrifiante, jamais le suspense aussi brillamment mis en scène depuis les films du maître anglais. Chaque détail est important, chaque plan recèle une part de vérité.
En plus d’être de remarquables scénaristes et d’excellents réalisateurs, les frères Coen sont de grands directeurs d’acteurs. Les comédiens, John Getz et Dan Hedaya en tête sont exceptionnels et interprètent à merveille des personnages marqués, désabusés, en proie au doute. Et puis, dans Blood Simple, il y a déjà la touche Coen Brother, cette distance ironique, cet humour noir si grinçant. Par des travelling virtuoses au dessus d’un pochetron dans un bar ou sur les chaussures de Meurice, par la gouaille et les réflexions du détective privé, ils parviennent à arracher de nombreux rires à nous, spectateurs qui avons pourtant la gorge noué par le suspense.
Blood Simple est donc le polar de l’été, peut-être même de l’année. Comme tout chef d’œuvre, il n’a pas pris une ride et sa ressortie n’est à manquer sous aucun prétexte tant le style, la réalisation trouvent un écho supplémentaire sur grand écran.
Il annonçait le génie des frères Coen qui signeront avec Miller’s Crossing et Fargo, deux nouveaux films noirs magnifiques. A part John Dahl (Red Rock West, Kill Me Again), personne n’a réussi comme eux des polars à l’ancienne ces vingt dernières années.
 
yannick

 
 
 
 

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