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1917 est une prouesse visuelle épatante avec ce faux plan séquence permanent qui suit deux jeunes soldats sur le front entre tranchées et snipers. Succès inattendu, le film de Sam Mendès est aussi parmi les favoris aux Oscars depuis son Golden Globe.



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Jarhead (Jarhead la fin de l innocence)


USA / 2005

11.01.06
 



OIES PLUS SI BLANCHES





"- On va casser de l'Irakien, Sir!
- Je vais prendre ma retraite, je n'entends plus rien.
- ON VA CASSER DE L'IRAKIEN, SIR!
- Ah, j'ai une érection.
"

Ce n'est pas le premier film sur un bleu (idéaliste et un zest intello de préférence) enrôlé dans l'affreuse machine de guerre. Un bleu ici ce n'est jamais que de la "fresh fucking meat". Le jargon est spécifique, pas très propre, rarement raffiné même. Biloxi Blues ou Full Metal Jacket nous ont fait suivre ces entraînements et sévices tout en révélant ce qui soudait les hommes dans le combat.
Ce n'est pas non plus le premier film sur la Guerre du Golfe. Les Rois du Désert avait ouvert la voie, et plus récemment, Un crime dans la tête y faisait référence. De la critique satirique d'une guerre inutile et manipulée à l'usage de pratiques peu recommandables, beaucoup de choses ont déjà été filmées. Que pouvait dire de nouveau Sam Mendes?

Le métier de perdition
Jarhead - littéralement tête de jarre, autrement un récipient vide - c'est le surnom donné à ses Marines. Le premier sujet, "je", est bien une vision personnelle de la guerre, de ce statut stérile de soldat. Où vous n'existez pas. Sauf dans des situations extrêmes où l'on se pisse dessus avant de comprendre ce qui arrive. Que ce soit le bizutage pas très chrétien ou le baptême du feu. Sur ce terrain là, le regard égocentrique d'un trouffion (pas n'importe lequel puisqu'il lit du Camus, apprend des rudiments d'Arabe et ne croit pas en Dieu), le cinéaste ne manque pas d'atouts. Notamment, un discours décalé et humaniste (la plupart du temps en voix off) et un acteur excellent (Jake Gyllenhaal a la tête de l'emploi lorsqu'il s'agit de jouer au candide mais aussi au con ridiculisé). Mise à poil salvatrice.
Dans cet univers macho, biscoto, sperme à gogo, l'homoérotisme transpire par toutes les pores du celluloïd. Jusque dans les mots : masturbation et débats en tous genres (dont la masturbation, véritable obsession). Mendès en rajoute une couche avec une séquence "Dieux du Stade" dans les douches. Ce ne sont que des corps. Comme ils s'emmerdent et que la culture se résume à des luttes de scorpions ou des délires sur le rock, il faut bien s'occuper : le roulage de mécaniques passent le temps.
Avec une certaine cruauté (involontaire?), le cinéaste les torture dans leurs arrogance mâle. Cocufiés à distance (et avec preuve), pères absents malgré eux, ils sont censés n'avoir ni cerveau, ni bite. Et s'ils mettent les neurones à la poubelle, la testostérone, elle, les rend fou.
Cette dualité entre l'homme et le soldat aurait peut pu être moins malhabile. La succession de séquences / chroniques empêche un propos maîtrisé. Dispersé, le film veut montrer trop de choses sans jamais se soucier d'une véritable intrigue, ce qui pourra égarer quelques fanatiques d'action. Parfois écolo, parfois philosophique, il ne trouve pas son équilibre entre le général et le particulier... Il pourrait s'agir, avant tout, d'un tableau précis : les Marines, au scalpel, comme si vous y étiez. Les dessous d'un sale job qui rend maboule (entre lavage de cervelet et médocs à gober d'office).
Mais le réalisateur semble n'avoir pas su choisir entre deux histoires. Celle d'un gars et celle d'une guerre. Quand les deux se mélangent, cela donne forcément les moments les plus intenses. Zone de non droits, juste des devoirs. Pas de morale, la transgression est permise. Car les moeurs sont sauvages au nom du patriotisme et malgré leur foi en Dieu. Ceci est mon corps est remplacé par Ceci est mon fusil.

American Ugly
C'est bien ce qui intéresse Mendes. La dégénérescence de l'Amérique. Cette remise en question des fondements du système, de ce qui nous conditionne. L'armée et la patrie font suite au business des Sentiers de Perdition ou la famille d'American Beauty. La fin de l'aveuglement, la fin de l'insouciance et maintenant la fin de l'innocence. Mais n'est-ce pas la même chose?
Une séquence symbolise le film. Des Marines matent Apocalypse Now. Gamins qui s'excitent sur Wagner et Coppola. Hurlant "Fire!" au moment où leurs aïeux tirent sur des villageois vietnamiens. Virtualité du combat à distance. Virtuosité de l'image. Fantasme. Comme un jeu vidéo, où on shoote un ennemi déshumanisé. Déculpabilisant son acte criminel. Jarhead c'est l'attente d'une bataille réelle qui ne vient jamais. Désert des tartares de Buzzati revu et adapté en impérialisme sans territoires à conquérir. La guerre devient un combat par procuration sur un ennemi invisible. Galvanisés par la violence de leur société, de leur métier, légitimés dans leur droit de tuer, ces innocents se muent en monstres aliénés, castrés. Comme si on avait promis à un spectateur de faire l'acteur. Et aucun d'entre eux ne traverse l'écran.
Là se situe la limite de la mise en scène de Mendes. Il est censé nous expliquer que la guerre n'est pas un jeu vidéo et ainsi nous montrer ce que peut être une guerre, dans toute son horreur. Mais la superbe esthétique de Roger Deakins nous met à distance, en permanence. Levers de soleil sublimes, ou lumière blanche écrasante, puits de pétrole en feu... Les flammes de l'enfer brûlent l'image avec délice. Nous sommes béats devant tant de somptuosité. Las, cela semble, pour le coup, un peu hors sujet, à moins de flirter avec David Lean.
Or le réquisitoire s'apparente davantage à celui d'une épopée type Saving Private Ryan. Contemplateur et adorateur de belles images, le réalisateur ne peut s'empêcher de créer la stupéfaction rétinienne. Le vivant assis parmi les morts, ses traces blanches de pas dans le sol couvert de cendres noires. Ce cheval perdu, vêtu de pétrole. L'onirisme est peut-être la seule manière de s'évader des atrocités vues (jamais ressenties). Comme si Mendes ne pouvait accepter l'innommable.

L'étranger
Finalement, ça n'est qu'un barnum. "On a transformé notre tente en cirque, car dans notre cirque on peut pas être blessé ou tué; nous étions fous de croire cela." Le cinéma n'est qu'un de ces numéros, loin de la réalité, plein de magie. Comment transposer la souffrance? Jarhead n'est qu'un divertissement, un peu plus politique que la moyenne; dans la lignée des Lord of War et The Interpreter, peut-être moins surprenant. La désillusion est omniprésente. Nihiliste ou presque tant les combats semblent perdus d'avance. Rien ne peut se finir bien puisque le monde est globalement pourri. Le film s'inscrit bien dans l'air (irrespirable) du temps.
Le fusil vierge mais la candeur saccagée, blessés à l'âme à défaut de revenir estropiés. Cette grande illusion des temps modernes ("chaque guerre est différente et chaque guerre est pareille") se résume à ce panneau avant les chiottes : "abandonne tout espoir en entrant ici". La guerre ça pue. C'est de la merde. pas de suicide mais un meurtre métaphorique qui cible juste. Le spectateur se rêvait acteur et n'a d'autres choix que celui d'être simple conteur. Embellissant parfois ses souvenirs, sans nous laisser l'opportunité de comprendre ce qui le hante.
 
vincy

 
 
 
 

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