Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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Ratatouille


USA / 2007

01.08.2007
 



OPE'RAT

Le livre Bye Bye Bahia



«- Et encore cette histoire est mieux quand c’est moi qui la raconte.»

Nous pourrions presque parler de classicisme. L’école Pixar, à l’instar du Studio Ghibli, a su, en quelques années, imposer un style, une touche, une patte dans le milieu de l’animation. Cette empreinte est si forte qu’elle se distingue clairement de ses rivaux, qu’ils s’appellent DreamWorks (Shrek and co), Warner (avec le récent Happy Feet) ou la Fox (Age de Glace et autres Robots). Ratatouille ne fait pas exception : une certaine tradition dans la narration qui rappelle le cinéma américain pré-blockbuster, des personnages fins et nuancés, des seconds rôles burlesques et révélateurs, un cadre plus allégorique et esthétique que fantaisiste. Paris est une carte postale, la gastronomie un monde enchanteur. Il est même ironique de voir des Américains défendre l’art de vivre à la française en se moquant de ces Chefs qui se vendent à des fabricants de fast-foods ou de produits de surgelés...

Pixar a joué les fins gourmets avec une histoire élégante, un dessin pittoresque et perfectionniste, et des émotions riches et variées. Lorsque les rats goûtent à un aliment (et les mélange) l’image se fait simple, évidente, poétique. Un petit feu d’artifice évocateur de saveurs. Mais Brad Bird, le réalisateur de dessin animé le plus porté sur la psychologie humaine et ses tourments, ne se laisse pas conter ses images par de petites fééries. Tous les ingrédients y sont pour faire monter la sauce : les dilemmes insurmontables, les choix cornéliens, les situations absurdes et humiliantes, l’enjeu forcément dramatique. Le film est comme un mille feuille, léger précisons-le, où les jeux de mots se dégustent et les gags presque « keatoniens » nous délectent. Grâce à quelques rebondissements, Ratatouille passe les plats avec une fluidité magistrale.

Au-delà du brio du scénario, reconnaissons aussi le plaisir des images. Les poursuites dans Paris sont saisissantes et accrocheuses, les clins d’œil à Peter Sellers et son inspecteur Clouseau ne sont pas pour nous déplaire, la morale n’est pas niaise. Ce grand chef défunt qui réapparaît en hologramme spectral est même une jolie invention pour traduire l’idée de transmission et d’intuition. Le « must » restant sans doute le final surréaliste où la cuisine est infestée de rats et le critique gastronomique qui a la dent la plus dure se voit offert un plat surprenant. Sans vous révéler la recette, le plan où Ego fait pétiller son palais avec cet étrange met démontre toute l’intelligence cinématographique de l’auteur. En un mouvement, il fit comprendre au spectateur ce que cet homme aigri et amer ressent au contact de ces aliments, et ce qui va en découler pour lui comme pour le restaurant.

C’est évidemment tout ce cocktail d’imagination et de réalisme, de fable et de tragédie, d’aventures et de romantisme, d’initiation et de curiosité qui font de Ratatouille un modèle de film grand public. Une grande fiction accessible à tous malgré ses cinq toques. Un plaisir cinéphilique et de bon goût. Mais aussi la continuité d’une œuvre où petit garçon, super-héros ou rat d’égout, chacun doit se confronter à lui-même et affronter son destin. Une manière de dire que nul rêve n’est impossible, à condition de croire en soi. Brad Bird et Pixar ont sans doute pris un risque avec un dessin animé si sophistiqué, mais, comme un Opéra, cette œuvre crémeuse, onctueuse, sucrée, colorée est avant tout... craquante.
 
vincy

 
 
 
 

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