Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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Shoot'em up, que la partie commence


USA / 2007

19.09.2007
 



THE PUNISHER





"Pourquoi un flingue c'est mieux qu'une épouse ? Le flingue, on peut lui mettre un silencieux…"

Shoot'em up : que la partie commence : un titre de jeu vidéo, une intrigue de jeu vidéo, une esthétique de jeu vidéo… et pourtant c'est bien un film, qui lorgne autant du côté de John Woo que de James Bond. Toutefois, la référence est loin d'être gratuite, car à peine l'écran allumé, c'est parti pour une suite presque ininterrompue de fusillades et de corps à corps débouchant inmanquablement sur des pelletées de cadavres sanguignolents. La violence, ici, n'est ni stylisée, ni romantique, mais extrême, brute, outrée. Elle explose en une accumulation interminable de cervelles jaillissant des crânes, de membres mutilés, de corps plombés de balles, de geysers de sang…. exactement comme dans tout shmup (littéralement "mitraillez-les") de type "tir objectif" ("third person shooter", où l'on voit son personnage évoluer comme sur un écran de cinéma, par exemple Max Payne ou Gears of war) qui se respecte.

Une violence parfaitement décomplexée et, en plus, carrément ludique. Car qui ne frémit guère devant ce type de scènes ne pourra pas résister à l'efficacité redoutable des fusillades (sens du rythme, sens du spectacle) et à l'incroyable humour noir qui s'en dégage (utilisation intéressante et novatrice des carottes, mauvais goût assumé voire revendiqué en matière de tortures et de sexe, sens du grotesque et de l'autodérision). Seul faux pas, la tentative d'expliquer le comportement actuel des personnages par leur passé tragique. On en a un peu marre des films d'action qui cherchent à tout prix à justifier (excuser ?) l'ultra-violence de leurs héros… Un peu hypocrite, Michael Davis, sur ce coup-là, et vraiment à contre-courant du reste du film où seules les conséquences (c'est-à-dire les scènes de baston) importent ! Même l'intrigue (pourquoi veut-on tuer ce bébé ?) est un prétexte cousu de fil blanc dont tout le monde se moque ouvertement. D'ailleurs l'explication, complètement absurde, est expédiée en deux ou trois phrases entre deux carnages. Alors pourquoi avoir banalement joué la carte de la psychologie ?

Déception, Shoot'em up n'est encore pas cette œuvre jusqu'au-boutiste à l'ultra-violence parfaitement gratuite que l'on attendait. Voilà en quoi, probablement, elle se distingue réellement d'un jeu vidéo. On la regardera pourtant avec la même culpabilité jouissive que l'on éprouve à massacrer des pixels sur son ordinateur : sans l'avouer en société et en évitant de le recommander à n'importe qui… mais en connaissance de cause, pour le plaisir immédiat d'un divertissement vite consommé, vite oublié.
 
MpM

 
 
 
 

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