Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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Dans ma peau


France / 2002

04.12.02
 



CARNAGE





"- Je pourrais avoir du formol ?"

Le sang vient tâcher puis envahir la pellicule de Dans ma peau sans que rien ne puisse arrêter l'hémorragie. Marina de Van prend un malin plaisir à déchiqueter les chairs d'Esther, belle fille saine et plantureuse, employée par un institut de sondage. Elle flirte avec cutters et couteaux, s'attaquant d'abord à sa jambe, remontant vers son bras pour finir sur son visage, en signe de non retour, car elle ne peut plus mentir ni aux autres ni à elle-même. La caméra s'approche au plus près pour montrer (trop) longuement comment elle se charcute, rouvre ses cicatrices, se bouffe en éprouvant une jouissance certaine, et boit son sang, guidée par un désir puissant et dévastateur de son corps.
Aucune concession n'est faite pour épargner la sensibilité des spectateurs-otages qui subissent des images pénibles, devenant insoutenables à mesure que le film verse dans le gore. On y retrouve des échos de la scène où Isabelle Huppert se masturbe avec un rasoir (La pianiste), des amants cannibales de Trouble every day et des cicatrices arborées comme des trophées par les personnages de Crash de David Cronenberg.
Seulement la violence présente dans ces films n'est rien à côté de celle de Dans ma peau qui se regarde par moment les yeux fermés. Les passages concernant la vie sentimentale et professionnelle d'Esther sont vécus comme des accalmies. La mise en scène est soignée, les acteurs principaux impeccables et l'utilisation, au début et à la fin du film, du " split-screen ", intelligente : elle souligne bien la dichotomie entre la vie sociale rangée du personnage et la folie qui prend progressivement possession de son être, entre la chair et le métal, l'amour et l'amitié et la jouissance solitaire d'Esther qui assouvit ses fantasmes malsains. Une chose est sûre, ce film ne laissera personne indifférent. Est-il pour autant nécessaire de repousser toujours plus loin les limites de ce qui est montrable ? La réalisatrice aurait pu faire quelques coupes sans perdre pour autant la force de son propos.
 
vanessa

 
 
 
 

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