Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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Les Femmes de l'ombre


France / 2008

05.03.2008
 



CHIENNES DE GUERRE





“T’as commencé la guerre en travaillant pour les Allemands, tu la finis en travaillant pour les Anglais. A la fin, y’aura pas plus Français que toi.”

Déjà, on pouvait partir tranquille. Salomé pouvait difficilement faire pire que Belphégor, le fantôme du Louvre ou qu’Arsène Lupin. Les Femmes de l’ombre est un film d’un niveau supérieur. Maladroit parfois mais souvent efficace, évitant les digressions, il va droit au but. Au menu, de l’action, du romanesque et du glamour pour un long métrage de facture correcte qui s’inscrit dans la tradition du film populaire, et où la violence est édulcorée et les sentiments exacerbés. Rien d’affolant ou de véritablement original hormis son sujet (les femmes résistantes pendant la seconde Guerre Mondiale) mais un divertissement balisé, sécurisé, lissé même, vaguement désuet , qui se laisse regarder sans déplaisir pour peu qu’on fasse abstraction de ses nombreux défauts, notamment de certains effets de suspens manqués, de quelques grosses ficelles et de ses poncifs.

Où sont les femmes ?

En effet, sans être critiquable, Salomé cède ici à un certain opportunisme scénaristique. Les femmes sont beaucoup plus porteuses de tragédie que les hommes quand il s’agit des affres de la guerre, d’abord parce qu’elles donnent la vie, et le réalisateur ne manque pas d’utiliser tous les ressorts de cette dramaturgie implicite. Voulant balayer large, il déploie un éventail de représentations à la fois antagonistes et complémentaires. Si les hommes, comme le tortionnaire nazi, sont nuancés, les personnages féminins sont forts mais extrêmement stéréotypés jusque dans les costumes. Dans le désordre, ce catalogue réunit donc l’amoureuse brisée, la pute qui a quand même bon fond, la bimbo superficielle et la catho coincée. Si le réalisateur a voulu rendre hommage aux femmes, il l’a fait à la façon d’un Sardou ou d’un Juvet, c’est-à-dire un tantinet machiste, de manière un peu ringarde. Entre autres sujets d’agacement dans ce film, on notera que le courage n’y est pas une vertu féminine. Les femmes y sont enrôlées de force, soumises aux lois du chantage ou de la séduction. Elles font plus figure de victimes que la force des évènements pousse à aller de l’avant que de réelles héroïnes. De quoi susciter l’empathie mais pas l’admiration. Sophie Marceau, trop inégale, interprétant avec conviction son personnage cassé mais surjouant souvent avec ses tics - ses plissements de paupières exaspérants quand elle doit lancer une réplique sérieuse - n'atteint pas le degré de souffrance "zulawskien" nécessaire pour nous emballer, bien qu'elle soit émouvante à certains moments. Plaisant et séduisant, le casting, sinon, ne démérite pas, Julie Depardieu en tête, à la fois cocasse et consistante. C’est elle qu’on a le plus de plaisir à suivre dans cette aventure imparfaite mais agréable qui pourrait donner des idées à d’autres réalisateurs... Il serait temps qu'elle sorte de l'ombre des seconds rôles pour trouver la lumière des têtes d'affiche.
 
Karine

 
 
 
 

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