Ne croyez pas que je hurle est le joyau tant attendu de l'année. Film expérimental et sentimental, audace narrative et visuelle, cette expérience signée Frank Beauvais est aussi délicate que mélancolique, curieuse que hypnotique.



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La fameuse invasion des ours en Sicile
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Papicha
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 (c) Ecran Noir 96 - 19


  



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Sword of the Stranger (Sutorejia: Mukô hadan)


Japon / 2009

27.05.2009
 



EPEES EPIQUES





"Je l'aurai"

Sword of the Stranger est un chambara (un wu xia pian en chinois, un film de sabre ). L’histoire se déroule durant l’époque Sengoku, l' époque des Provinces en Guerre, une période d'instabilité politique où les seigneurs faisait régner la loi du plus fort et où les trahisons étaient quotidiennes. C’est aussi une période où les relations - notamment commerciales- avec la Chine, s'intensifient .

Andô nous conte une belle histoire d'amitié mâtinée de combats. Le scénario - original - reprend les codes des films de samouraïs et mais fait référence aux westerns occidentaux. Ainsi, le personnage de Sans-Nom a des airs de Clint Eastwood . Il semble blasé, parle peu, est un brin antipathique et tue sans émotion à la manière d'un Dirty Harry. De son côté, Luo-Lang évoque par son physique le cowboy américain mais aussi les guerriers de la mythologie gréco-latine - ou les chevaliers - pour qui l'honneur et les combats comptent plus que la vie et les considérations géopolitiques. Sans-Nom est selon lui l’adversaire idéal, et on sent un mélange d'admiration et de sadisme dans le combat final (voire des illusions homo-érotiques avec leur sabre). Sans- nom et Luo-Lang sont des vieux de la vieille : il combattent à l'épée et sont tous les deux surpris par l'ajout du pistolet aux combats. Luo-Lang préfère ainsi trancher les deux bras de son infatigable et vieux chef, prêt à abattre Sans-Nom avec un fusil, pour pouvoir le combattre à l'ancienne, au sabre. Scène violente, choquante, mais qui fait rire (jaune , diront certains) avec les commentaires de Luo-Lang et du vieux chinois à la recherche de la vie éternelle.

La violence est réaliste mais ne constitue pas l'essentiel du récit : Avec cette routine précisément décrite, les personnages sont vraiment incarnés. La psychologie et les gestes réalistes contribuent à en faire un destin animé plus qu'un simple dessin animé.
On en prend donc plein les yeux dans les scènes d'actions (les âmes sensibles les fermeront peut-être),et on se régale dans les scènes plus contemplatives. Andô affirme d'ailleurs que son film est à voir plusieurs fois pour saisir certains détails et on le croit volontiers ce virtuose de l'animation. Prenons par exemple la scène du duel final sous la neige : c'est spectaculaire, vertigineux, virevoltant, d'une rapidité à couper le souffle. En 2D artisanale.
Ce perfectionnisme dans l'image se trouve aussi dans la bande son, jusque dans la langue. Dans un souci d'exactitude, les personnages parlent chinois.
De quoi prendre la relève d'un Miyazaki?
 
claire

 
 
 
 

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