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1917 est une prouesse visuelle épatante avec ce faux plan séquence permanent qui suit deux jeunes soldats sur le front entre tranchées et snipers. Succès inattendu, le film de Sam Mendès est aussi parmi les favoris aux Oscars depuis son Golden Globe.



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Les adieux à la reine


France / 2012

21.03.2012
 



VICES ET VERSAILLES





« - Avez-vous déjà été attirée par une femme au point de souffrir horriblement de son absence ? »

Dans Les Adieux à la reine, Benoit Jaquot filme les coulisses d’une royauté à l’agonie à travers le regard de ses serviteurs et plus précisément de ses servantes, brodeuses, habilleuses, dames de compagnie… L’idée semble pleine d’intérêt et plutôt originale. En effet, la prise de la Bastille et la chute de Louis XVI ont souvent été vues à travers les yeux du roi ou bien de ceux du peuple de Paris mais ont très rarement été présentés par le biais des serviteurs de Versailles et encore moins par celui des femmes.
Les rumeurs circulent. Le peuple se serait soulevé, révolté mais que croire réellement ? Où réside la vérité ? Benoit Jacquot suit Léa Seydoux, jeune lectrice complètement dévouée à sa reine, Marie-Antoinette, qui refuse d’admettre la réalité et de quitter celle pour qui elle vit.
Le rythme se veut un mélange de langueur (quand les nobles quittent le château, ils prennent le temps de remplir leurs malles, de s’apprêter…) et de tension où chacun s’agite au milieu de la nuit, pris de panique. Mais l’effet est étrange et donne au film une lenteur presque assommante. Les personnages ne sont pas attachants, parfois même un brin agaçant et tout sonne faux, du roi (un Xavier Beauvois étrange) qui ne semble en être un (c'était sans doute son problème) à la reine qui en fait trop, en passant par Sidonie qui, à vouloir trop jouer l’amoureuse jalouse ne le paraît pas. Il n’y a guère que Julie-Marie Parmentier qui réussit à donner au film un brin de réalisme, l’ancrant ainsi dans un contexte auquel le spectateur peut se raccrocher.

Concernant l’intrigue de cour qui file durant tout le film, elle est finalement assez mince. Benoit Jacquot met en scène un triangle amoureux qui n'a d’intéressant que l'implication de trois jeunes femmes. La reine est amoureuse de la duchesse de Polignac, qui le lui rend bien, à première vue. Mais Sidonie est également secrètement amoureuse de la reine qui, pour le coup, ne le lui rend pas. Voilà, tout est dit. Le réalisateur en reste là, ou presque, et n’approfondit pas ce triangle amoureux peu banal. Le lesbiannisme est effleuré comme on caresse de la soie. La cruauté des sentiments, et les fractures sociales qui sont ainsi soulignées en creux, ne surpasse pas les manigances de Mme de Merteuil et M. Valmont dans Les liaisons dangereuses.
L’intérêt du film est donc ailleurs. Dans cette façon qu’a Benoit Jacquot de présenter cet événement historique primordial en se contentant de l’enfermer dans le monde clos du château de Versailles sans laisser entrer la moindre parcelle populaire parisienne. Le monde change tout autour, l’ordre des choses va s’en trouver bouleverser mais la Cour, en s’adaptant, continue de tourner durant quelques jours. Son approche de l’Histoire intrigue parce qu’elle laisse une Révolution grondante aux portes de Versailles et s’attache à présenter un microcosme particulier dans lequel noblesse et serviteurs se retrouvent mélangés, piégés par la même Histoire. Et justement, c’est finalement la petite histoire dans la grande qui a ici de quoi retenir quelque peu notre attention.
 
morgane

 
 
 
 

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