Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.

Best LawyersNewyork Lawyers




Canción Sin Nombre
De Gaulle
Eté 85
L'envolée
La bonne épouse
La communion
Le capital au XXIe siècle
Lucky Strike
Radioactive
The Climb
Tiempo después
Une sirène à Paris
Yakari, le film



J'ai perdu mon corps
Les misérables
The Irishman
Marriage Story
Les filles du Docteur March
L'extraordinaire voyage de Marona
1917
Jojo Rabbit
L'odyssée de Choum
La dernière vie de Simon
Notre-Dame du Nil
Uncut Gems
Un divan à Tunis
Le cas Richard Jewell
Dark Waters
La communion



Les deux papes
Les siffleurs
Les enfants du temps
Je ne rêve que de vous
La Llorana
Scandale
Bad Boys For Life
Cuban Network
La Voie de la justice
Les traducteurs
Revenir
Un jour si blanc
Birds of Prey et la fantabuleuse histoire de Harley Quinn
La fille au bracelet
Jinpa, un conte tibétain
L'appel de la forêt
Lettre à Franco
Wet Season
Judy
Lara Jenkins
En avant
De Gaulle






 (c) Ecran Noir 96 - 20


  



Donnez votre avis...


Nombre de votes : 11

 
Week-end (Weekend)


/ 2011

28.03.2012
 



BREVE RENCONTRE





"- Tu meurs d'envie de m'embrasser !
- Oui.
- Vas-y alors...
- Pas ici.
"

Avant d'être une histoire d'amour homosexuelle bien ancrée dans la société britannique, Week-end est d'abord le récit d'une rencontre amoureuse aux accents universels. Quiconque est déjà tombé amoureux se reconnaîtra en effet dans les premiers balbutiements de la relation qui unit Russell et Glen : la découverte, l’incrédulité, la confrontation, les doutes, les premiers échanges… Andrew Haigh fait ressentir au spectateur ce qu'il y a de mystérieux et d'excitant dans ces premières heures déterminantes où la sensualité se teinte de tendresse. Qu'on ne s'y trompe pas, le film n'est jamais mièvre, évitant avec brio tous les pièges de la comédie romantique banale et formatée. Les personnages, ici, sont trop adultes, trop ancrés dans la réalité pour nous faire le coup des vierges effarouchées, ou des contraires que tout finira par attirer. Leur histoire est immédiatement physique et charnelle, avant de devenir plus intellectuelle, mais elle se passe avec brio des clichés du romantisme à l'eau de rose des films américains. Sans même y prendre garde, on est sous le charme.

C'est seulement dans un second temps que l’orientation sexuelle des personnages ajoute une dimension supplémentaire au film. Par le biais des conversations entre Russell et Glen, qui reflètent la manière dont chacun se perçoit en tant qu'homosexuel, le réalisateur donne à voir un aperçu de ce qu’est être gay en Grande Bretagne à notre époque, et surtout les questions que cela pose. Là encore, l'intrigue évite le passage obligé de l'homophobie agressive, pour se concentrer sur la manière dont les deux hommes abordent leur homosexualité. Glen est revendicatif et militant. Il exige le droit à la différence, quitte à s'afficher. Russell, au contraire, fait systématiquement profil bas. Sa seule revendication est de passer inaperçu, quitte à s'interdire tout ce qui pourrait le rendre vraiment heureux. A travers cette opposition quasi philosophique apparaît toute la difficulté à évoluer dans un monde normé où l'on ne trouve pas sa place. On s'aperçoit ainsi que les principales barrières à l'épanouissement de Russell ne sont pas tant dans la société qu'en lui-même. Lorsqu'il refuse d'évoquer sa vie sentimentale devant son meilleur ami qui ne demande pourtant qu'à l'écouter, on devine alors la résurgence d'une peur, presque conditionnée, d'être jugé ou rejeté.

La mise en scène d'Andrew Haigh, peu découpée, est propice à cette réflexion fondamentale sur la manière dont chacun vit au quotidien ce qu'il perçoit comme sa différence. L'ambiance feutrée de l'appartement de Russell favorise l'échange et la confidence qui s'épanouissent pleinement au travers de longues séquences confondantes de spontanéité. Si l'on est si touché, c'est que le réalisateur met à la fois sensibilité et sincérité dans son récit, sans se soucier d'esbroufe ou de politiquement correct. Week-end s'avère alors un film lumineux et enthousiasmant qui va bien au-delà du simple constat communautaire.
 
MpM

 
 
 
 

haut