En compétition à Cannes Le conte des contes de Matteo Garrone s'inspire du livre fantastique et merveilleux de Giambattista Basile (autour de 1625. Beau, barré, baroque: le film oscille entre Del Toro et Gilliam.



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 (c) Ecran Noir 96 - 15


  



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Prometheus


USA / 2012

30.05.2012
 



SURVIVORS





«- Remarquable instinct de survie Elizabeth.»

Au delà de l’attente, Prometheus était une promesse. Celle de Ridley Scott pour les fans de la franchise Alien, dont il avait été l’instigateur avec le premier film, en imaginant la préhistoire de la saga 33 ans plus tard. Le résultat est visuellement efficace, à la hauteur de l’enjeu pour un blockbuster. Pourtant, du film de science fiction horrifique, tendu et claustrophobique qui avait conduit à trois suites signées Cameron, Fincher et Jeunet, il n’en reste pas grand chose.
Prometheus est une science fiction formatée pour un large public, incluant les ados américains soumis à une censure plus draconienne quand certaines images peuvent s’avérer choquantes. Cet épisode aussi sage qu’un Stargate (en exagérant un peu) ne comporte que quelques séquences qui accélèrent le pouls du spectateur : une sorte de vers pénétrant par la bouche d’un des membres de l’équipage (la honte du groupe car il fume) et une expulsion, façon Exorciste, d’un intrus dans le ventre (on pourrait appeler ça un avortement) qui finira comme le bébé de Rosemary. En dehors de cela, ce n’est pas tant l’action, assez frustrante, quand elle n’est pas absente, qui nous fait palpiter, ni même la décapitation d’un humanoïde (donc sans hémoglobine) qui nous ferait hurler.

Originel mais pas original

Pourtant, Prometheus n’est pas raté. Le divertissement est même agréable pour se vider le cerveau. L’esthétique de l’ensemble, l’intrigue principale, le découpage en font un film très bien calibré, jamais ennuyeux. Scott a toujours pris énormément de soin à compenser certaines failles scénaristiques par un style marquant et des personnages forts. Hélas, ici, les personnages déçoivent. Même le très bon Fassbinder en robot s’identifiant à Peter O’Toole/Lawrence d’Arabie a un comportement trop proche de HAL (2001 L’odyssée de l’espace) pour étonner.
En fait, Prometheus, en construisant deux histoires parallèles, oublie de les confronter réellement. De nombreuses questions restent sans réponses. Les intentions, bonnes ou malignes, ne sont jamais jugées ou révélées. Les protagonistes restent dans le flou, se débrouillent par eux-mêmes et ne cherchent même à connaître l’origine des différents bugs qui vont tuer progressivement leurs compagnons de voyage intergalactique. Par conséquent, les rares conflits internes de l’équipage sont vite sabordés. Même la rivalité entre les deux femmes, ce qui en soi est une grande idée pour un réalisateur qui a toujours aimé les personnages féminins survivants et déterminés, est expédiée sans combat. Regrettable, tant la matière existait. Enfin, les deux ennemis sont des menaces fantomatiques : une sorte de poulpe et un surhomme. Ils sont si puissants que seuls eux peuvent se bastonner à armes égales. Mais ce sera bref.

Là où il y a des gènes il n'y a pas forcément de plaisir

Il suffit d’apprécier la première moitié du film, immersive, labyrinthique, pleine de fracas et un peu stressante, pour comprendre que la deuxième partie est banale, maladroite et insipide. En balisant trop facilement le destin de ces 17 individus, Scott s’empêche de surprendre le spectateur. Pire, il préfère s’engouffrer dans des facilités hollywoodiennes comme la recherche d’immortalité du mécène qui rappelle un Indiana Jones dans son temple maudit pour une dernière croisade, sans l’amusement. Le cinéaste traite superficiellement et lourdement en sous texte le duels entre la foi et la science (Contact avait déjà largement abordé le problème). At last but not least, le final s’accélère sans qu’on soit impressionné par un quelconque rebondissement.

Aussi, l’épilogue, juste avant le générique, fera remonter notre amertume. Soyons clair, ceci n’est pas un épisode d’Alien. Il en a bien l’ADN (c’est d’ailleurs tout l’intérêt de la première séquence qui fait écho à la dernière : cet ADN qui mue) mais il n’en a pas le cran. Ce « space trip » manque un peu de tripes pour tout dire.
« Parfois pour créer il faut savoir détruire » rappelle « notre » créateur dans le film, homme hypra-musclé à la peau laiteuse. En créant Prometheus, Scott a peut être détruit l’esprit de la série qu'il a initié. Mais, il a aussi, et surtout, ravivé la mémoire d’un film de la fin des années 70 qui restera au panthéon du cinéma dans son genre. Peut être que la promesse de Scott était de faire aussi bien qu’il y a 33 ans. Mais à se rapprocher trop près de son astre cinématographique, en essayant de voler une part de la magie qui en avait fait son succès, le réalisateur s’est un peu trop brûlé les ailes, et, manquant de foie, et peut-être de foi, le voici condamné sur son rocher à subir les quolibets de ses fans.

En revanche, si tout va bien, les producteurs, qui l’ont sans doute contraint à ne pas aller trop loin dans l’horreur, devraient s’enrichir avec les excellentes recettes en salles attendues.
 
vincy

 
 
 
 

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