Hors compet à cannes The Strangers est le nouveau thriller intense de Na Hong-jin à qui l'on doit The Chaser et The Murderer. Angoissant, jouissif, le polar n'est peut être pas complètement abouti mais au moins propose-t-il quelque chose de neuf.



A tous les vents du ciel
Black Stone
Carmina!
Comme des bêtes
Déesses indiennes en colère
Genius
Guibord s'en va-t-en guerre
Insaisissables 2
La Couleur de la victoire
Rio 2096
The Wave



Demain
A War
Diamant noir
Le monde de Dory
L'effet aquatique
Juillet août
The Strangers



Théo et Hugo dans le même bateau
Elle
Julieta
Ma Loute
Money Monster
Alice de l'autre du côté du miroir
Apprentice
Retour chez ma mère
The Neon Demon
Folles de joie
Dans les forêts de Sibérie
L'idéal
La forêt de quinconces
Avant toi
Le Secret des banquises
Love & Friendship
Casablancas, l'homme qui aimait les femmes
La Tortue rouge
Ninja Turtles 2
Florence Foster Jenkins
Hibou
L'âge de glace: Les lois de l'univers
Nos pires voisins 2
Sur quel pied danser
Tarzan
Viva
Truman
Elvis & Nixon
Colonia
Independence Day : Resurgence
Le BGG - Le Bon Gros Géant
Man on high heels






 (c) Ecran Noir 96 - 16


  



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Blanche Neige et le chasseur (Snow White and the Huntsman)


USA / 2012

13.06.2012
 



LA BELLE EST LA BEST





"Elle est destinée à dissiper les ténèbres."

Quel plaisir de voir les vieux contes de notre enfance dépoussiérés, bousculés et réinterprétés pour en faire des œuvres toujours universelles mais plus ancrées dans une réalité qui nous parle et nous ressemble ! Deux mois après le remake coloré et presque humoristique de Tarsem Singh avec Julia Roberts dans le rôle de la méchante Reine, cette énième version de Blanche neige injecte une nouvelle dose de féminisme et d'action au récit un peu figé des frères Grimm. Ce faisant, elle complexifie les éléments de départ (la rivalité entre la Reine et Blanche Neige, les différents personnages, l'enjeu de l'intrigue...) et recrée un univers volontairement plus sombre et violent.

Cela se traduit par une recherche esthétique qui offre une identité visuelle particulière aux différents lieux du film. Le château est un lieu froid et angoissant, la forêt maudite semble tout droit sortie d'un film d'horreur, les villages sont miséreux et au bord de la rupture... Seule la fameuse clairière enchantée verdoie et fourmille de créatures merveilleuses. Le soin apporté aux décors et aux effets spéciaux permet ainsi à Blanche Neige et le chasseur d'osciller entre heroic fantasy, souffle épique, psychédélisme et féérie. On est à la fois dans l'univers du conte et dans celui du jeu vidéo, dans une grande quête mi-initiatique,mi-romantique et dans un film de guerre et de résistance. Côté références, on pense autant à World of warcraft qu'au Seigneur des anneaux...

Et d'ailleurs, l'enjeu principal du film va bien au-delà de la simple survie de Blanche Neige. En protégeant la jeune fille, il s'agit rien moins que de sauver l'équilibre naturel du monde menacé dans ce qu'il a de plus essentiel par la folie destructrice de la méchante reine. A cela s'ajoute la nécessité de lever le joug de l'oppression qui écrase le peuple et le conduit lui-aussi aux pires extrémités. C'est pour cela que la transformation de Blanche Neige en pasionaria capable de prendre seule son destin en mains semble si réussie.

Cette héroïne forte qui n'hésite pas à porter armes et armure, référence explicite à Jeanne d'Arc, autre vierge combattante, est la parfaite réponse au personnage de la Reine sorcière qui, elle, devient le symbole de la femme objet, incapable de survivre au flétrissement de ses charmes. Ravenna, brillamment interprétée par une Charlize Theron habitée, souffre en effet des graves traumatismes de son enfance et du mauvais traitement que lui ont fait subir les hommes. On peut la voir comme une victime (de sa beauté, de la concupiscence, mais aussi de sa folie) qui se bat avec les seules armes qu'elle connaît pour rester en vie. Cette relecture des personnages (on pourrait aussi parler des sept nains, guerriers peu sympathiques ou du Prince charmant qui a besoin de s'incarner en deux hommes...) est pour beaucoup dans la réussite de cette remise au goût du jour du récit original. Preuve que lorsque c'est pratiqué sans mièvrerie et avec un vrai culot, le cinéma rend tout possible.
 
MpM

 
 
 
 

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