Steve Jobs est assurément meilleur que l'autre biopic sur le boss d'Apple, Job. Tragédie en trois actes dans un théâtre d'ombres, où la manipulation et la trahison sont les moteurs, le film de Danny Boyle écorche le mythe du génie visionnaire...



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Blanche Neige et le chasseur (Snow White and the Huntsman)


USA / 2012

13.06.2012
 



LA BELLE EST LA BEST





"Elle est destinée à dissiper les ténèbres."

Quel plaisir de voir les vieux contes de notre enfance dépoussiérés, bousculés et réinterprétés pour en faire des œuvres toujours universelles mais plus ancrées dans une réalité qui nous parle et nous ressemble ! Deux mois après le remake coloré et presque humoristique de Tarsem Singh avec Julia Roberts dans le rôle de la méchante Reine, cette énième version de Blanche neige injecte une nouvelle dose de féminisme et d'action au récit un peu figé des frères Grimm. Ce faisant, elle complexifie les éléments de départ (la rivalité entre la Reine et Blanche Neige, les différents personnages, l'enjeu de l'intrigue...) et recrée un univers volontairement plus sombre et violent.

Cela se traduit par une recherche esthétique qui offre une identité visuelle particulière aux différents lieux du film. Le château est un lieu froid et angoissant, la forêt maudite semble tout droit sortie d'un film d'horreur, les villages sont miséreux et au bord de la rupture... Seule la fameuse clairière enchantée verdoie et fourmille de créatures merveilleuses. Le soin apporté aux décors et aux effets spéciaux permet ainsi à Blanche Neige et le chasseur d'osciller entre heroic fantasy, souffle épique, psychédélisme et féérie. On est à la fois dans l'univers du conte et dans celui du jeu vidéo, dans une grande quête mi-initiatique,mi-romantique et dans un film de guerre et de résistance. Côté références, on pense autant à World of warcraft qu'au Seigneur des anneaux...

Et d'ailleurs, l'enjeu principal du film va bien au-delà de la simple survie de Blanche Neige. En protégeant la jeune fille, il s'agit rien moins que de sauver l'équilibre naturel du monde menacé dans ce qu'il a de plus essentiel par la folie destructrice de la méchante reine. A cela s'ajoute la nécessité de lever le joug de l'oppression qui écrase le peuple et le conduit lui-aussi aux pires extrémités. C'est pour cela que la transformation de Blanche Neige en pasionaria capable de prendre seule son destin en mains semble si réussie.

Cette héroïne forte qui n'hésite pas à porter armes et armure, référence explicite à Jeanne d'Arc, autre vierge combattante, est la parfaite réponse au personnage de la Reine sorcière qui, elle, devient le symbole de la femme objet, incapable de survivre au flétrissement de ses charmes. Ravenna, brillamment interprétée par une Charlize Theron habitée, souffre en effet des graves traumatismes de son enfance et du mauvais traitement que lui ont fait subir les hommes. On peut la voir comme une victime (de sa beauté, de la concupiscence, mais aussi de sa folie) qui se bat avec les seules armes qu'elle connaît pour rester en vie. Cette relecture des personnages (on pourrait aussi parler des sept nains, guerriers peu sympathiques ou du Prince charmant qui a besoin de s'incarner en deux hommes...) est pour beaucoup dans la réussite de cette remise au goût du jour du récit original. Preuve que lorsque c'est pratiqué sans mièvrerie et avec un vrai culot, le cinéma rend tout possible.
 
MpM

 
 
 
 

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