Dear White People, prix du public à sundance, est une satire sociale où des personnages de Spike Lee seraient plongés dans des méli-mélos à la Almodovar, pour résumer. Une comédie intelligente et loufoque qui dénonce le racisme sans l'enferme dans une case.



300 hommes
A trois on y va
Cendrillon
Dear White People
Diversion
El Evangelio de la carne
Enfances nomades
L'homme des foules
La sapienza
Le petit homme
Paris of the North
Un amour
Voyage en Chine
Waste Land



Timbuktu
Whiplash
L'affaire SK1
Les nouveaux sauvages
Snow Therapy
It Follows
Kingsman: Services secrets
Citizenfour
Selma
Tu dors Nicole



La famille Bélier
Invincible
Les souvenirs
Une merveilleuse histoire du temps
Into the Woods: Promenons-nous dans les bois
Imitation game
Frank
Jupiter: Le destin de l'univers
La grande aventure de Maya l'abeille
Les jours venus
Papa ou Maman
L'enquête
Les merveilles
Les nouveaux héros
Mon fils
Cinquante nuances de Grey
Bob l'éponge: Un héros sort de l'eau
American Sniper
Max et Lenny
Things People Do
Vincent n'a pas d'écailles
Projet Almanac
Tracers
Loin de mon père
Les chevaliers du Zodiaque - la légende du Sanctuaire
Le dernier loup
Hungry Hearts
Birdman (ou la surprenante vertu de l'ignorance)
Inherent Vice
L'Art de la fugue
Le cercle
Tokyo Fiancée
1001 grammes
Le dernier coup de marteau
The Voices
Big Eyes
Divergente 2: L'insurrection
Furyo
Hacker
Still Alice
Un homme idéal






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Monsieur Lazhar


/ 2011

05.09.2012
 



LA CLASSE





Il est rare d’avoir un coup de cœur qui atteigne aussi bien notre partie émotive que notre côté cérébral. C’est là toute la réussite du film de Philippe Falardeau, entre tension dramatique intérieure et allure légère assumée.

Les histoires d’école sont un genre en soi. Le cinéma américain a une préférence pour transformer l’enseignant en héros qui sauve les brebis égarées, que ce soit des poètes en devenir ou des racailles désespérantes. Côté français, le traitement est souvent plus réaliste (hormis quelques comédies ou films nostalgiques), avec un contexte social très fort et un professeur souvent au bord de la crise de nerfs (ou de la démission).

Monsieur Lazhar est entre ses deux extrêmes. A la fois messie inattendu et individu proche de la grande dépression, Bachir Lazhar est aussi magnétique que chaleureux, traumatisé que généreux. Qu’on y voit un ange ou un Mary Poppins des temps modernes, son irréalité, renforcée par le jeu subtil et maîtrisé de Fellag, magnifique et habité, accentue l’idée d’un conte pour enfants, avec sa dose de morbidité, de menaces et de mensonges.

Pourtant, et c’est là toute la beauté de cette œuvre sincère, drôle et intense : le réalisateur préserve l’authentique relation entre des enfants bouleversés mais pas déstabilisés et leur nouvel enseignant, honnête, digne, et si différent. Il apprend leur farce, ils comprennent son autorité. Surtout, ils acceptent d’exprimer leurs sentiments, chacun à leur manière, allant jusqu’à transgresser le tabou de l’affection. La dramaturgie se construit ailleurs : un suicide, un mensonge, et finalement une bureaucratie. Cette dernière, qu’elle concerne le milieu scolaire ou l’immigration, obstrue le fabuleux destin de Bachir Lazhar. De manière perverse, l’ordre établit entre l’enseignant et ses élèves est détruit par les règles des adultes. L’ordre est ainsi désordonné.

Mais Lazhar aura eu le temps d’accomplir sa mission d’accompagnement. On s’aperçoit alors que les adultes sont bien plus traumatisés, par projection, fantasme ou peur, face au suicide d’une professeure, que les enfants, ou même qu’un Monsieur Lazhar qui, pourtant, a tout perdu dans son ancien pays.

Falardeau réalise sans scènes inutiles et avec une véritable fluidité ce récit entre allégorie et réalité. Il a dégraissé son film de tout le pathos habituel. En laissant entrer la lumière dans cette histoire sombre, il s’est autorisé à jouer les équilibristes entre la comédie sociale et le drame psychologique. Avec brio. Monsieur Lazhar est un bijou, qui évoque tous ses thèmes sans être didactique, laisse place à l’imaginaire sans jamais perdre le fil et dessine toutes les névroses de notre société (et de ceux qui la composent) sans avoir à les souligner. Cette habileté procure un plaisir rare, celui de voir un film simple en apparence et complexe en profondeur, gracieux comme son acteur, malicieux comme ses enfants et, surtout, universel et contemporain. L’appréhension de la mort peut ainsi donner lieu à un grand film d’amour, un peu amer..
 
vincy

 
 
 
 

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