Avec Tolkien n'est pas seulement le récit de la jeunesse du célèbre écrivain, incarné par Nicholas Hoult. C'est aussi un assemblage des influences et inspirations qui ont conduit l'auteur à écrire la saga culte du Seigneur des anneaux.



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Paradis : espoir (Paradies : Hoffnung)


Autriche / 2012

24.04.2013
 



NOUVEAU REGIME





Qu'est-il arrivé à Ulrich Seidl ? Lui que l'on a connu radical et sans concession, conclut sa désormais célèbre trilogie "paradis" avec un volet un peu fade, et qui aurait presque pu être réalisé par n'importe qui. Peut-être parce qu'il parle d'espoir, son regard est moins corrosif que bienveillant, plus amusé que critique. Surtout lorsqu'il observe ses personnages adolescents, victimes inconscientes d'une société qui ne tourne plus rond depuis longtemps.

Pour la première fois, on a l’impression que le cinéaste éprouve une certaine empathie pour ses personnages principaux, ce qui donne à sa mise en scène un côté apaisé, moins voyeur et parfois même cocasse. Il regarde vivre Mélanie et ses amis comme un sociologue soucieux de décortiquer leurs mœurs, leurs rituels et leurs aspirations.

Sur ce plan-là, il n'est pas déçu : tout ce qui semble intéresser cette jeunesse des années 2010, c'est l'alcool, la junk food et le sexe. Portrait au vitriol d'ados faussement décomplexés qui sont incapables de prendre quoi que ce soit au sérieux. Et comment le pourraient-ils ? Les adultes qui les entourent renvoient une image si pathétique de "l’âge de raison" qu'ils sont une publicité vivante pour les excès en tous genres. Tout ce qui fait oublier la vacuité de l'existence semble bon à prendre.

L’humour et la légèreté qui animent Paradis : espoir ne parviennent donc pas vraiment à dissimuler le pessimisme chronique de Seidl à l’égard de ses semblables. Pourtant, puisqu’il parle d’espoir, il gomme de son récit la plupart des aspérités, quitte à privilégier l’anecdotique et l’amusant au détriment du substantiel. Le sujet du surpoids (avec ce qu’il implique en termes de choix de société, de névroses alimentaires et de phobies sociales) est par exemple à peine esquissé, simple prétexte à quelques scènes burlesques et au plaisir de tourner en ridicule le principe même de centre d’amaigrissement. Il ne faudrait surtout pas se méprendre sur le titre du film : l’espoir, ici, n’est pas de rentrer dans la norme corporelle ou de fantasmer sur les canons de beauté en vogue. Au contraire, les adolescents ne manifestent aucune volonté réelle de maigrir. Ils pourraient aussi bien être chez les scouts ou en colonie de vacances.

Toutefois, ce qui frappe le plus, c’est l’histoire d’amour inopinée qu’Ulrich Seidl imagine entre son héroïne à peine adolescente et le médecin du camp, vieux beau mélancolique et désenchanté. Sur une pente aussi glissante, le Seidl d’Import export aurait probablement raconté une toute autre histoire. Mais dans Paradis espoir, il dépeint une relation ténue et émouvante, bien sûr ambivalente, mais aussi touchante. Et soudain, son sujet resurgit. Cet espoir dont son film semblait totalement dénué (de même que Paradis : Amour parlait du manque d’amour) explose dans cet amour adolescent, à la fois interdit et impossible, et semble répondre (timidement) à la question qui habitait tout le projet : qu’est-ce que l’espoir ?
 
MpM

 
 
 
 

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