Wild Rose n'est pas seulement le film qui aura révélé Jessie Buckley. Entre réalité (sociale) et rêve (musical), le film est une pépite qui charme et enchante. Parfaits pour l'été.



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Keep smiling (Gaigimet)


/ 2012

14.08.2013
 



TA MERE EN BIKINI





"La première sur la scène sera la gagnante."

Difficile de garder le sourire devant cette fable glaçante (inspirée de faits réels) sur l’exploitation de la misère humaine, sociale et économique par une émission de télévision racoleuse et sans complexe. Dans Keep smiling, les personnages sont en effet des mères de famille qui abdiquent principes et libre-arbitre pour entrer dans le moule de la téléréalité, non pas en quête de gloire, mais juste d’une existence meilleure.

Elles doivent ainsi se plier aux exigences légèrement sadiques du producteur de l’émission (avide de larmes à filmer en gros plans et de drames terribles dont repaître ses spectateurs), mais aussi, parce qu’elles sont des femmes, subir les traditionnelles humiliations paternalistes symbolisées par le port du bikini et les remarques sexistes qui l’accompagnent. Une double peine renforcée par le portrait au vitriol que la réalisatrice dresse des hommes, tous lâches et veules, tandis que ses héroïnes, sans être des "mères Courage", témoignent toutes d’une réelle force de caractère, doublée d’une volonté de fer. Ce sont elles qui sont sur tous les fronts, palliant les manquements masculins, et plus généralement ceux d’une société démobilisée.

Une vision certes manichéenne, mais qui témoigne efficacement d’une situation sociale en plein délitement. La télévision se substitue en effet d’une certaine manière à un état démissionnaire, incapable d’agir concrètement pour aider les réfugiés, les orphelins de guerre, ou encore les mères célibataires. Pire, il cautionne (à travers l’homme politique véreux qui finance la chaîne) un système qui tourne à l’abject.

On est d’autant plus admiratif de l’intelligence du scénario qui arrive, lui, à éviter tout voyeurisme. En se concentrant sur les coulisses de l’émission et en ne montrant rien des "épreuves", il garde un regard digne sur les personnages. On pardonnera alors facilement à Rusudan Chkonia les quelques marques de complaisance finales qui détériorent certes le réalisme de son propos, mais renforcent sa nature de fable métaphorique. La touche d’humour dont fait preuve la réalisatrice, plus proche d’une ironie douloureuse que d’un comique potache, est comme la cerise sur le gâteau : une légèreté grinçante qui laisse peu à peu apparaître un violent sentiment de révolte.
 
MpM

 
 
 
 

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