Et puis nous danserons était l'un de coups de cœur cannois. Enivrant, exaltant, brillant! La répression des homosexuels et l'élan romantique qui prend tous les risques, la danse comme lien sensuel et la musique euphorisante. A voir! A découvrir!



Countdown
Graines de ronds-points
J'accuse
J'aimerais qu'il reste quelque chose
Koko-di Koko-da
L'âme du vin
Le bel été
Le Mans 66
Le roi d'ici
Little Joe
Noura rêve
Océan
Pères et impairs
Prendre soin
Rendre la justice
Zibilla ou la vie zébrée



Ne croyez surtout pas que je hurle
Alice et le Maire
Les mondes imaginaires de Jean-François Laguionie
Chambre 212
Joker
Pour Sama
Shaun le mouton le film : la ferme contre-attaque
La cordillère des songes
Et puis nous danserons
J'ai perdu mon corps
La belle époque
Le monde animé de Grimault



Once Upon a Time... in Hollywood
La vie scolaire
Ad Astra
Portrait de la jeune fille en feu
Au nom de la terre
Downton Abbey
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Atlantique
Gemini Man
Donne-moi des ailes
Jacob et les chiens qui parlent
La fameuse invasion des ours en Sicile
Nos défaites
Papicha
La bonne réputation
Maléfique 2: le pouvoir du mal
Martin Eden
Matthias & Maxime
Queens
Abominable
5 est le numéro parfait
Hors normes
Au bout du monde
Sorry We Missed You
Le Traître
Retour à Zombieland
Mon chien stupide
The Laundromat
Un monde plus grand
Une Colonie
Adults in the Room






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Le Majordome (The Butler)


USA / 2013

11.09.2013
 



LES FAVEURS DU PALAIS





«- Êtes-vous politisé, Monsieur Gaines ?
- Non, pas du tout.
- Très bien. Nous détestons la politique à la Maison Blanche.
»

Le Majordome de Lee Butler est le sujet idéal : la discrimination raciale (comme dans La couleur des sentiments), un récit qui traverse les siècles à deux pas du pouvoir (ça rappelle Forrest Gump), une histoire familiale où le mélo et le tragique envahissent les rapports humains (un conflit quasiment idéologique comme dans CRAZY), un fils aussi militant qu’Harvey Milk.... Bref rien d’original, mais parfait pour convoiter les Oscars. C’est aussi convenu que classique, politiquement correct qu’engagé.

Lee Daniels ne fait pas dans la dentelle. Dès le début on assiste au viol de la mère et à l’assassinat du père. L’esclavage (on n’est pas chez Tarantino) est une séquence assez anecdotique alors qu’elle est censée être fondatrice. On préfère le trauma familial aux cicatrices de la condition. De cet Apartheid légal à l’élection d’Obama, Le Majordome nous sert, sur un plateau doré, toutes les grandes étapes de la lutte des Noirs pour accéder à l’égalité. En guests, le Ku Klux Klan (forcément), les Panthères noires (par opposition) mais aussi Eisenhower, Kennedy, Johnson, Nixon, le couple Reagan (ironie singulière de voir la gauchiste Jane Fonda être Nancy Reagan), et Martin Luther King. Carter est zappé. Chacune de ses éminentes personnalités, incarnées par des stars (ça fait mieux sur l’affiche), fait quelques petits tours (assez furtifs) avant de passer le relais. Ils se résument à un trait de caractère (peintre, migraine, folie…). Ce qui accentue l’aspect superficiel des séquences. On pense alors au film français Les saveurs du Palais, où une chef avait une relation « privilégiée » avec un Président : c’était aussi inconsistant que caricatural.

Parfait manuel de révision genre "Le combat des Afro-américains pour Les Nuls en dix points saillants", le film oscille entre deux visions politiques qui ont traversé la communauté au fil des décennies : un militantisme parfois radical versus une intégration invisible. Combattants contre résignés, idéalistes face aux soumis, revendicatifs ou taiseux. Le fils et le père, l’avocat et le serviteur.
C’est binaire, de bout en bout. Le film est sauvé par deux aspects : une trame narrative plaisante, bien découpée, qui n’ennuie pas. La dramaturgie est construite de manière à passer tous les creux de l’histoire, compilant uniquement le « best of » de l’histoire contemporaine du pays. Et puis il y a les acteurs : Forest Whitaker (comme toujours impeccable), David Banner (parfait en fils incompris) et surtout Oprah Winfrey, épouse de l’un, mère de l’autre, magistrale dans toutes ses scènes.

Trop sage pour servir sa cause

Daniels essaie bien de sortir de son académisme pesant avec quelques photos d’archives, des séquences de haine irrationnelle forte (mais trop brèves et trop « fabriquées » pour être bouleversantes), un personnage central plus subversif qu’en apparence, une empathie sincère vis-à-vis de cette communauté et de ses histoires dans l’Histoire. Son cinéma s'est d'ailleurs assagit, cherchant à être plus distant que poignant, plus efficace qu'inutilement trash. Dommage qu’il se sente obligé de nous imposer un scénario aussi banal, pour ne pas dire déjà vu, une mise en scène aussi fade, pour ne pas dire sans personnalité. A quelques détails près, on comprend à quel point le projet était trop ambitieux : il rate complètement la relation entre les deux frères (l’un se bat pour son pays au Vietnam quand l’autre préfère combattre les injustices aux Etats-Unis) ; il prend Mandela comme symbole de la réconciliation père/fils, frôlant le hors sujet et même l’incongruité historique. Surtout, avec cette scène il contredit la phrase la plus forte du film : « Les Américains ne regardent pas ce qu’ils font aux autres. Il regardent le monde extérieur et les jugent ». C’est de là qu’il fallait partir. Sortir du communautarisme et de la lutte égalitariste pour universaliser le propos et montrer à quel point les Etats-Unis étaient responsables, en leur sein, de tous les maux de ce majordome, nostalgique de Kennedy et Johnson.<

Tire-larmes manipulateur, le film ne laissera aucune trace dans l’histoire du 7e art. Il ne sert finalement qu’à donner bonne conscience à une Amérique qui continue de juger les autres plutôt que de se confronter à ses crimes.
 
vincy

 
 
 
 

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