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1917 est une prouesse visuelle épatante avec ce faux plan séquence permanent qui suit deux jeunes soldats sur le front entre tranchées et snipers. Succès inattendu, le film de Sam Mendès est aussi parmi les favoris aux Oscars depuis son Golden Globe.



Adoration
Bad Boys For Life
Garanbadal
Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part
K contraire
La Llorana
Le photographe
Le réseau Shelburn
Luciérnagas
Nanga Parbat
Pygmalionnes
Qu'un sang impur
Scandale



J'ai perdu mon corps
Les misérables
The Irishman
À couteaux tirés
It must be heaven
Le Voyage du Prince
Ils aimaient la vie (Kanal)
Jeune Juliette
La vie invisible d'Euridice Gusmao
Marriage Story
The Lighthouse
First Love, le dernier Yakusa
Les filles du Docteur March
L'adieu
L'extraordinaire voyage de Marona
1917



La reine des neiges 2
Le Roi
Gloria Mundi
Chanson douce
L'orphelinat
Last Christmas
Proxima
Brooklyn Affairs
La Famille Addams
Lola vers la mer
Une vie cachée
Notre Dame
Star Wars, épisode IX : L'Ascension de Skywalker
La Vérité
Cunningham
Le lac aux oies sauvages
Les deux papes
Official Secrets
Les siffleurs
Les enfants du temps
Nina Wu
Swallow
Je ne rêve que de vous






 (c) Ecran Noir 96 - 20


  



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Le Majordome (The Butler)


USA / 2013

11.09.2013
 



LES FAVEURS DU PALAIS





«- Êtes-vous politisé, Monsieur Gaines ?
- Non, pas du tout.
- Très bien. Nous détestons la politique à la Maison Blanche.
»

Le Majordome de Lee Butler est le sujet idéal : la discrimination raciale (comme dans La couleur des sentiments), un récit qui traverse les siècles à deux pas du pouvoir (ça rappelle Forrest Gump), une histoire familiale où le mélo et le tragique envahissent les rapports humains (un conflit quasiment idéologique comme dans CRAZY), un fils aussi militant qu’Harvey Milk.... Bref rien d’original, mais parfait pour convoiter les Oscars. C’est aussi convenu que classique, politiquement correct qu’engagé.

Lee Daniels ne fait pas dans la dentelle. Dès le début on assiste au viol de la mère et à l’assassinat du père. L’esclavage (on n’est pas chez Tarantino) est une séquence assez anecdotique alors qu’elle est censée être fondatrice. On préfère le trauma familial aux cicatrices de la condition. De cet Apartheid légal à l’élection d’Obama, Le Majordome nous sert, sur un plateau doré, toutes les grandes étapes de la lutte des Noirs pour accéder à l’égalité. En guests, le Ku Klux Klan (forcément), les Panthères noires (par opposition) mais aussi Eisenhower, Kennedy, Johnson, Nixon, le couple Reagan (ironie singulière de voir la gauchiste Jane Fonda être Nancy Reagan), et Martin Luther King. Carter est zappé. Chacune de ses éminentes personnalités, incarnées par des stars (ça fait mieux sur l’affiche), fait quelques petits tours (assez furtifs) avant de passer le relais. Ils se résument à un trait de caractère (peintre, migraine, folie…). Ce qui accentue l’aspect superficiel des séquences. On pense alors au film français Les saveurs du Palais, où une chef avait une relation « privilégiée » avec un Président : c’était aussi inconsistant que caricatural.

Parfait manuel de révision genre "Le combat des Afro-américains pour Les Nuls en dix points saillants", le film oscille entre deux visions politiques qui ont traversé la communauté au fil des décennies : un militantisme parfois radical versus une intégration invisible. Combattants contre résignés, idéalistes face aux soumis, revendicatifs ou taiseux. Le fils et le père, l’avocat et le serviteur.
C’est binaire, de bout en bout. Le film est sauvé par deux aspects : une trame narrative plaisante, bien découpée, qui n’ennuie pas. La dramaturgie est construite de manière à passer tous les creux de l’histoire, compilant uniquement le « best of » de l’histoire contemporaine du pays. Et puis il y a les acteurs : Forest Whitaker (comme toujours impeccable), David Banner (parfait en fils incompris) et surtout Oprah Winfrey, épouse de l’un, mère de l’autre, magistrale dans toutes ses scènes.

Trop sage pour servir sa cause

Daniels essaie bien de sortir de son académisme pesant avec quelques photos d’archives, des séquences de haine irrationnelle forte (mais trop brèves et trop « fabriquées » pour être bouleversantes), un personnage central plus subversif qu’en apparence, une empathie sincère vis-à-vis de cette communauté et de ses histoires dans l’Histoire. Son cinéma s'est d'ailleurs assagit, cherchant à être plus distant que poignant, plus efficace qu'inutilement trash. Dommage qu’il se sente obligé de nous imposer un scénario aussi banal, pour ne pas dire déjà vu, une mise en scène aussi fade, pour ne pas dire sans personnalité. A quelques détails près, on comprend à quel point le projet était trop ambitieux : il rate complètement la relation entre les deux frères (l’un se bat pour son pays au Vietnam quand l’autre préfère combattre les injustices aux Etats-Unis) ; il prend Mandela comme symbole de la réconciliation père/fils, frôlant le hors sujet et même l’incongruité historique. Surtout, avec cette scène il contredit la phrase la plus forte du film : « Les Américains ne regardent pas ce qu’ils font aux autres. Il regardent le monde extérieur et les jugent ». C’est de là qu’il fallait partir. Sortir du communautarisme et de la lutte égalitariste pour universaliser le propos et montrer à quel point les Etats-Unis étaient responsables, en leur sein, de tous les maux de ce majordome, nostalgique de Kennedy et Johnson.<

Tire-larmes manipulateur, le film ne laissera aucune trace dans l’histoire du 7e art. Il ne sert finalement qu’à donner bonne conscience à une Amérique qui continue de juger les autres plutôt que de se confronter à ses crimes.
 
vincy

 
 
 
 

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