Wild Rose n'est pas seulement le film qui aura révélé Jessie Buckley. Entre réalité (sociale) et rêve (musical), le film est une pépite qui charme et enchante. Parfaits pour l'été.



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La bataille de Solférino


France / 2013

18.09.2013
 



MES FILLES, MA BATAILLE





« Les roses oranges c’est pour un amour passé ou futur ? »

Malgré son titre et le tournage héroïque dans les conditions réelles de la dernière journée de la présidentielle de 2012, La bataille de Solférino n’est pas un documentaire. La fiction mêle un fait divers de l’Histoire, l’élection de François Hollande et la défaite de Nicolas Sarkozy, à travers le prisme journalistique (le métier de l’héroïne), et le quotidien d’une femme qui tente de concilier un boulot stressant durant une journée exceptionnelle, un baby-sitter novice, un ex-mari harceleur et ses deux bébés.

Cela donne un film hyperréaliste. Un portrait très juste d’une femme, passablement dépassée par les événements, profondément stressée. Pas loin du cinéma de Kechiche et de Pialat. Flirtant avec le style introspectif et parfois bancal d’une Donzelli. Caméra à l’épaule, le film saisit chaque instant, comme si tout était improvisé. Sur le vif.
La bataille de Solférino est un grand huit émotionnel qui peut taper sur les nerfs avec les pleurs des mioches, les gueulantes des adultes, les comportements irrationnels des uns et des autres, ou séduire par l’esprit festif de la victoire électorale, de la réconciliation apaisante familiale ou tout simplement du jeu brillant des comédiens.
Chaos total, dans la rue comme chez soi ou dans la tête des protagonistes. Cette femme dans la tourmente nous embarque dans sa galère, pour le meilleur (on rit) et pour le pire (on se perd).

Car le film parvient difficilement à trouver son souffle une fois la place de la Bastille vidée de ses militants. Le dernier tiers s’étire sans qu’on saisisse réellement l’intérêt de cette comédie hystérique - autre que le bordel ambiant et le parallèle entre l’élection d’Hollande et le dialogue impossible entre le père et la mère des enfants. Pourtant, on se laisse facilement embarquer : rarement le métier de journaliste n’aura été aussi bien filmé, avec une critique presque satirique du vide qu’il produit. Rarement, la vie d’une mère célibataire n’aura été aussi bien perçue, avec là aussi une pointe de subversion sur la difficulté d’être une femme indépendante aujourd’hui.

L’humour est bien présent, les névroses et la nervosité aussi. Mais on n’éprouve aucune empathie pour ces personnages parfaitement insupportables. Spectateurs d’une dispute conjugale grandeur nature (et extrême), le plaisir est pervers quand on se laisse séduire par leurs réactions émotives. Tout se percute et tout peut agacer. Le film ne s’épanouit que dans la violence mentale et le choc physique. Nous en venons à nous identifier au médiateur du couple, un aspirant avocat, meilleur ami du causeur de troubles (le père), l’indéfendable psychotique obsessionnel : « voilà là il y a une qualité de silence qui est au propice au dialogue ».

Cependant, paradoxalement, quand le silence arrive, le film perd toute son intensité, toute sa force, toute son énergie et nous immerge dans un léger ennui. Dénué de sens sur la fin, il termine dans une forme de dépression, loin d’une désillusion ou d’un désenchantement qui auraient été plus crédibles. La bataille de Solférino laisse un champ sans morts, mais tout aussi morbide. Grosse fatigue après tant d’épuisement. En ne sachant pas comment achever son film, sur ses vingt dernières minutes, la réalisatrice s’empêche de fêter une victoire ou un armistice qui ne serait pas factice. L’écriture s’affaiblit une fois la paix déclarée et fait basculer le film dans des moments intimistes maladroits. Les torts ne sont pas partagés, et pourtant nous n’avons aucune compassion ou pardon pour les protagonistes, abandonnant le spectateur face à un doute : la nature humaine est-elle si cynique ? Coup de force à base de coups de gueules, cette guerre déclarée (électorale, intime) méritait un peu plus de punch sur la fin, plutôt que nous laisser sur notre faim.
 
vincy

 
 
 
 

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