Wild Rose n'est pas seulement le film qui aura révélé Jessie Buckley. Entre réalité (sociale) et rêve (musical), le film est une pépite qui charme et enchante. Parfaits pour l'été.



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Pink


/ 2011

23.10.2013
 



LE ROSE ET LE NOIR





"A l’époque, tout était magnifique."

Dans une grande économie de paroles, d’effets, de rebondissements et même d’action, Jeon Soo-il se fait le témoin d’existences tristes et brisées qui se croisent dans une petite ville perdue entre terre et mer. Il y a Su-jin, jeune femme mutique sur laquelle plane une menace invisible, et que le réalisateur aime filmer à travers les vitres du bar où elle travaille. Ok-ryeon, la patronne du lieu, qui met sa vie entre parenthèses pour mener un combat désespéré contre ceux qui veulent détruire son quartier. Son fils Sang-guk qui enferme des œufs dans un vieux frigo échoué sur la plage, dans l’espoir de voir éclore des mouettes. Et bien d’autres encore, silhouettes à peine esquissées, clients de passages ou fantôme du passé, parmi lesquels un énigmatique guitariste qui ponctue le film de ses ballades d’une tristesse incommensurable.

Il est presque immédiatement clair que Jeon Soo-il cherche moins à raconter une histoire qu’à effleurer, à sa manière, la complexité de la nature humaine. Ses personnages ont en commun d’être comme englués en eux-mêmes, empêtrés dans une impossibilité à vivre leur vie qu’on ne sait comment nommer. Est-ce la spirale de l’échec ? La médiocrité qui les entoure ? Une souffrance que rien ne soulage ? Pour eux, tout semble inabouti, qu’il s’agisse d’une histoire d’amour, d’un conflit social ou d’un embryon de révolte. Comme si rien, jamais, ne pouvait réellement changer, du moins en profondeur. Car même lorsque les cartes sont redistribuées en cours de film, les personnages continuent de subir.

C’est d’autant plus noir et poisseux que tout concourt à cette impression de pessimisme qui confine au nihilisme : la tonalité chromatique terne et sombre, l’aridité absolue du scénario et même le recours systématique à l’ellipse qui rejette hors champ tout ce qui pourrait donner un peu de "chair" au film et crée l’illusion que chaque scène semble un morceau de vie déconnecté de tout avant et de tout après. L’effet sur le spectateur est saisissant, mais finit par donner l’impression d’une loupe grossissante. En ne permettant aucune échappatoire, Jeon Soo-il force en effet le trait d’un cinéma d’auteur ultra stylisé qui cherche à tout prix à marquer le spectateur, quitte à flirter avec le misérabilisme le plus pompier. Cinématographiquement, c’est une proposition d’écriture passionnante. Humainement, c’est plus ambivalent, à mi-chemin entre l’exploitation cynique de la misère d’autrui et le portrait ultrapessimiste d’une société vouée à la disparition.
 
MpM

 
 
 
 

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