Yesterday est un bon feel-good movie, mix de comédie romantique, de film musical et de satire sociétale autour des chansons des Beatles. Danny Boyle fait un détour vers la comédie populaire dans sa vieille Angleterre avec au scénario l’auteur de Quatre mariages et un enterrement et de Love Actually.



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The Highwaymen
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Yesterday






 (c) Ecran Noir 96 - 19


  



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Eastern Boys


France / 2013

02.04.2014
 



LA DOMINATION





« - Touches, c’est gratuit. Tu bandes ? »

Tout commence Gare du Nord. Une rencontre qui n’aurait pas du exister. Un cadre supérieur parisien et un immigré clandestin venu de l’Est. De là Robin Campillo déroule son histoire. Un récit épuré, divisé en chapitres. Comme un feuilleton où chaque épisode constitue un film en soi. La faune de la rue, la fête cauchemardesque, la routine d’un couple improbable, et un final tout en action. Eastern Boys est un film invertébré, planant, captivant, et bien sûr inégal.

Mais ce que l’on retient avant tout c’est sa capacité à nous happer dans des sensations. Avec un découpage multipliant les angles de vue, le film nous immerge dans une succession d’impressions. Il nous intrigue, nous met mal à l’aise, nous séduit, nous met sous tension. Il y a une forme d’impuissance qui nous paralyse, comme le personnage principal, Daniel, incapable de réagir alors qu’on lui dévalise son appartement, et qui nous projette dans l’espoir d’un happy end. Campillo nous torture jusqu’au bout et il est impossible d’anticiper l’épilogue. Il se laisse du temps pour explorer chaque épisode. Le comportement des uns, les actes des autres sont minutieusement observés, rendant le profil psychologique et les rapports sociologiques précis et justes. Aucun ennui : le son et l’image, tout comme l’interprétation, enrichissent un scénario ténu.

Evidemment, le comparse de Laurent Cantet n’oublie pas l’angle sociologique pour donner du relief à ces quatre « courts métrages » juxtaposés : immigration, prostitution, asile politique, délinquance… les sujets, hors champs mais bien présents, peuplent cette histoire simple d’un homme résidant Porte de Montreuil qui tombe amoureux d’un jeune ukrainien sans papiers. Dans ce monde urbain, froid, de bitume, de béton et de verre, l’individu est livré à sa solitude. Celle d’un homo quadra ou celle d’un rescapé de la guerre en Tchétchénie.

Mais l’essentiel est ailleurs. Le fil conducteur, qui donne toute sa fluidité au film, n’est pas dramatique ou romanesque, même si le film ne manque ni de l’un ni de l’autre. Eastern Boys est un film sur la domination. Les flics qui font peur à la racaille slave, le gang de l’Est qui terrorise le bobo, le cadre qui paye et prend la pute, … Il y a d’autres formes de domination : les exclus soumis à leur désir d’une vie meilleure, au fric, et donc à tout acte même illégal, leur permettant d’y parvenir ; le privilégié soumis à sa pulsion sexuelle, quitte à se salir, à détruire son confort, à vivre sous la menace.

Le film est froid, dépourvu de sensualité. Il aime le mystère, et rejette toute explication trop encombrante (et inutile). Seul les gestes, les actes, et quelques mots comptent pour construire cette histoire, sublimée par la photo de Jeanne Lapoirie et la musique d’Arnaud Rebotini (discrète ou envahissante, à chaque fois au bon moment). Le film peut en devenir étouffant, les deux tiers se déroulent dans un appartement et un bon quart dans un hôtel de périphérie. Un faux huis-clos. D’autant que le mouvement est permanent, jusqu’à devenir agité et trépident lors du final chevaleresque et aventureux.

Il est presque regrettable qu’à force de poncer les défauts de son bois, à force de se faire lui même dominer par l’atmosphère plutôt que l’explication, à force de se soumettre à la justesse des acteurs, Robin Campillo oublie de nous montrer le déclic qui fait basculer les personnages d’une vie à l’autre. Cette prise de décision, qui conduira à toute la dernière partie, manque et, du coup, frustre.

Heureusement, Eastern Boys n’omet pas les règles élémentaires du Western : le bon et la brute s’affronteront. Un ego trip pour s’élever ou se venger. Tout cela à cause d’un jeune mec, finalement traité comme une propriété. Le tout est de savoir à qui il appartiendra. Celui qui le trouve beau (magnifique séquence d’extase) et l’achète ou celui qui l’exploite ? C’est sans doute là que le happy end n’est pas vraiment possible. L’innocent est toujours enchaîné d’une manière ou d’une autre. Cette aliénation (à la société, à ses sentiments, à ses propres règles) n’a pas de résolution.
 
vincy

 
 
 
 

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