Et puis nous danserons était l'un de coups de cœur cannois. Enivrant, exaltant, brillant! La répression des homosexuels et l'élan romantique qui prend tous les risques, la danse comme lien sensuel et la musique euphorisante. A voir! A découvrir!



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Casse


France / 2014

01.10.2014
 



LA MÉCANIQUE DU COEUR





Et si de la ferraille naissait l’humanité ? On n’en est pas loin avec Casse, documentaire captivant de Nadège Trebal, qui filme sans le commenter le quotidien d’une casse automobile. En ce lieu à la fois fantomatique et hyper concret se croisent des hommes parfois presque aussi déglingués que les carcasses de véhicules au milieu desquelles ils gravitent, à la recherche de la pièce rare qui, souvent, représente pour eux un moyen de subsister. Leurs corps, leurs mains et les pièces mécaniques qu’ils manipulent se livrent à un ballet hypnotisant. La réalisatrice prend le temps de filmer ces gestes, ces efforts, parfois ces échecs, qui unissent l’homme aux machines. Un amortisseur, un pare-brise, un morceau de métal dont on ne connait ni le nom ni l’usage, autant d’éléments qui occupent l’écran, filmés par une caméra sereine, toujours sur pied, élégante et discrète, comme pour contrer toute tentation sensationnelle de reportage à la TF1.

On est d’ailleurs aussi éloigné que possible d’une imagerie télévisuelle formatée, facile, qui transformerait chaque "personnage" en "bon client". Ici, le récit prend le temps de s’installer, ou de s’interrompre. Certains clients ne parlent pas, ou alors pour eux-mêmes. D’autres disparaissent après une courte séquence. Certains ne font même qu’apparaître fugacement, le temps d’un plan. Et puis il y a les pivots de la narration, ceux qui à eux-seuls font basculer le film dans une autre dimension. Derrière les machines cassées et les outils approximatifs, surgit alors sans prévenir le flot de la vie dans ce qu’elle a d’unique et de bouleversant. Deux hommes retiennent ainsi particulièrement l’attention : le premier, lorsqu’il raconte son périple pour venir en France, et le second quand il parle de sa petite fille, dont la seule évocation illumine tout son visage. Le contraste qui naît à ce moment-là entre le lieu et les émotions qui s’en dégagent a quelque chose d’inattendu et de surnaturel. Sans doute fallait-il la conjonction d'un regard (éminemment cinématographique) et d'une présence (bienveillante) pour révéler cette magie si ténue.
 
MpM

 
 
 
 

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