Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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Le Hobbit: La bataille des cinq armées (The Hobbit: The Battle of the Five Armies)


USA / 2014

10.12.2014
 



LA MONTAGNE MAUDITE





«- Noyons ces terres dans le sang ! »

Il était temps que la double saga de Peter Jackson s’arrête. La trilogie du Hobbit n’a d’ailleurs jamais réellement convaincu, souffrant de la comparaison avec son « ainée » Le Seigneur des anneaux, définitivement meilleure à tous points de vue.
Certes, le cinéaste n’a rien perdu de son talent pour les scènes spectaculaires, mais il n’a pas réussit à transcender le récit du livre originel. Ce troisième opus semble comme une redite de la fin du deuxième opus du Seigneur des anneaux. Même structure narrative, peu ou prou mêmes enjeux, mais sans l’intensité des relations entre des personnages plus charismatiques.

Cela n’empêche pas ce Hobbit d’être généreux en spectacle, même si Jackson ne se renouvelle pas beaucoup. Le prologue – la destruction de Lac-ville par le Dragon Smaug – est une scène impressionnante de destruction massive. Un dragon arrogant dont le destin va clore les deux premiers films. S’ensuit finalement une transition vers Le Seigneur des Anneaux.

On retient en fait peu de choses de cette épopée. Sans doute parce que l’issue n’est pas un couronnement : le Hobbit ce n’est finalement qu’un voyage, intérieur et géographique, d’un petit voleur de campagne. Peter Jackson aurait pu lui donner une dimension plus passionnante ou même plus humaine. Hélas, on ne perçoit jamais ce que cet intrus sympathique apprend et comprend de ce périple périlleux. Même la cupidité de chacun – l’or les rend tous fous – n’est pas vraiment assimilée comme leçon.

Visuellement, le réalisateur est plus inspiré, hormis ce passage gothique assez ridicule et bâclé, avec une Cate Blanchett transformée en sorcière des ténèbres. Nains, Elfes, Orques ont tous la Montagne, et son trésor, comme objectif, et l’Est comme horizon. L’art de la guerre et ses stratégies vont pouvoir se déployer dans une bataille homérique qui rappelle celle des Deux Tours (bien plus impressionnante). Bien sûr, trahisons, loyautés et alliances vont rendre incertaine la victoire des gentils contre les méchants. Quoique. On sait d’avance comment tout cela se termine. Cette trilogie se conclut en fait sans panache. Monotone, manquant de véritables enjeux stressants, l’épisode s’avère davantage un film de guerre qu’une tragédie shakespearienne. Tout est répétitif, des combats aux contrats. Aucune magie particulière ne se dégage, et la dramatisation est si classique qu’on en vient à rester à distance de ces horreurs entre rois mégalos, cruels et égoïstes.

Finalement, seul un couple entre un nain et une Elfe nous fera un peu sortir de notre torpeur. Pour le coup, ce Roméo et Juliette revisité amène ce qu’il faut de tragédie, à défaut d’être complètement convaincant sur la relation sentimentale (la faute aussi à une Evangeline Lilly assez médiocre). Jackson reste trop en surface et empêche ses personnages d’incarner autre chose que des êtres mythologiques. N’est pas James Cameron qui veut. Même dans l’humour, il se loupe. Le personnage d’Alfrid est grotesque, qu’il soit perfide ou lâche, et finit en travelo pathétique. Malaise. Heureusement, le cinéaste parvient à sauver son film dans la dernière demi-heure avec une véritable scène de combat, deux duels qui se succèdent, l’un sur un pont de pierre qui se désagrège, l’autre sur un plaque de glace qui peut-être fatale. C’est parfois un peu excessif et prévisible, mais la tension (et l’attention) est là.

Tout ça pour ça, cependant. Car il n’y a rien de bien neuf dans cette Terre du Milieu. Il manque le souffle et la magie du Seigneur des Anneaux pour que ce Hobbit soit autre chose qu’un simple récit illustré (certes brillamment) d’un conte fantasy un peu simpliste. Pire, on est plus proche du jeu vidéo divertissant que d’un cinéma qui creuserait les profondeurs d’un mythe universel.
Bref, il était temps d'en finir.
 
vincy

 
 
 
 

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