Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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Amours cannibales (Canibal)


Espagne / 2013

17.12.2014
 



PÉCHÉ DE CHAIR





"Je les tue et après je les mange."

L'Espagne produit ces dernières années un des cinémas de genre les plus passionnants d'Europe, qui mêle souvent à ses intrigues une dimension politique ou sociale d'une grande contemporanéité. D'où sans doute la déception qui nous frappe à la vision d'Amours cannibales, version minimaliste et pour le moins épurée du traditionnel film de cannibales. Ici, pas d'angoisse, peu de suspense, et pas vraiment non plus de réflexion. Manuel Martín Cuenca se contente de juxtaposer des scènes très courtes, parfois d'un seul plan, qui révèlent des bribes d'un quotidien pas franchement folichon. Il mise sur la suggestion pour les scènes les plus crues et sur l'imagination du spectateur pour le reste. Il a même tellement peur d'en montrer trop que les séquences semblent toujours s'interrompre avant même qu'il commence à se passer quelque chose.

Le problème, c'est que cette manière de filmer et de construire une narration totalement relâchée est en train de devenir un système, une manière de pallier une absence de style, qui essaie d'impressionner le spectateur au lieu de raconter réellement une histoire. Dans le cas d'Amours cannibales, cela donne au récit un rythme démesurément lent et pesant, doublé de la désagréable impression que le cinéaste n'a rien à dire de particulier sur son sujet. En raison de cette absence de point de vue, le personnage principal nous reste parfaitement opaque et sans consistance, figure archetypale de "monstre" dont on devine immanquablement "l'humanité". Même l'ambiance, étrange et lourde, finit par paraître artificielle tant elle semble être la seule raison d'être de l'ensemble. C'est au fond assez convenu et jamais réellement prenant, ce qui laisse immanquablement le spectateur... sur sa faim.
 
MpM

 
 
 
 

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