A ciambra présenté à la Quinzaine des réalisateurs, confirme le talent de Jonas Carpignano, après la révélation de Meditterranea. Un film dans la veine des fresques néo-réalistes italiennes, focalisées sur un jeune gitan pris entre plusieurs feux. Renversant.



A Ciambra
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Ça (It)
Des rêves sans étoiles
Dieu n'est pas mort
Faute d'amour
Gauguin, voyage à Tahiti
Kiss & Cry
L'un dans l'autre
La mort se mérite
Laetitia
Les hommes d'argile
Mon garçon
Mr Chat et les Shammies



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Nos années folles






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Joker


USA / 2014

14.01.2015
 



LA ROUE TOURNE POUR JASON STATHAM





"Vous êtes un violent, n'est-ce pas?"

On décrit souvent le film d'action comme "un enchaînement continu de scènes d'action qui compensent la pauvreté du scénario", avec un héros au brushing parfait mais sans états d'âme. Et généralement, cette façon de faire marche. On assiste rarement à de grands films, à quelque chose de marquant, mais ils remplissent leur rôle d'exutoire. Malheureusement, avec Joker, tentative de thriller d'action nouvelle génération, le réalisateur Simon West se vautre complètement. En tentant d'apporter de la psychologie à son héros (qui est chauve, c'est plus simple), le film se perd régulièrement, ennuie et agace.

Nick Wild est un ancien marine accro au jeu. Bien. Il est désormais garde du corps pour de riches personnalités à Las Vegas. D'accord. Il a prévu de quitter la ville du péché sous peu. Parfait. Sauf que pour qu'il y ait un film, il faut un élément perturbateur. Et ce dernier nous vient de son ex, Holly, qui lui demande de l'aide pour se venger de ceux qui l'ont violée puis tabassée. Et là, tout se casse la figure. Nick part à la chasse au violeur, se perd dans les méandres de ce qui semble être son âme et le réalisateur nous largue dans un Las Vegas un chouia stylisé pour l'occasion.

Le film aurait pu être quelconque, symptomatique d'un genre précis, pécher du côté de ses dialogues, lasser par son manichéisme. Tant d'erreurs que Simon West, à qui l'on doit également Expendables 2, a eu dans son champ de vision et n'esquive à aucun moment. Car qu'on se le dise, rien ne va dans Joker. A commencer par son personnage principal, cet anti-héros qui nous laisse indifférent et épuise dès lors qu'il ouvre la bouche. Viennent ensuite les montages alternés et la bande originale au volume assourdissant. Parce que l'on ne voit pas la symbolique derrière, on ne peut que se demander qui a eu l'idée saugrenue des premiers. Nick en train de boire chez lui, Nick en train de conduire. Nick en train de boire au bar, Nick en train de réfléchir. Trop de Nick tue le Nick ! Et Jason Statham a beau faire de son mieux, les dialogues ne l'aident pas. Même son reste d'accent anglais ne fait pas mouche. Se sachant visiblement en pleine représentation d'une pièce médiocre, il se donne pourtant corps et âme. A tel point qu'on finit par le plaindre. Quant à la bande originale, franchement grisante, elle donne régulièrement envie de quitter la salle. Son absence n'aurait été qu'un bonus !

Sans intérêt, Joker souffre également d'un scénario complètement bidon, la présence de Sofia Vergara et Stanley Tucci ne relevant pas le niveau. En effet, bien que justes, les deux acteurs qu'on ne présente plus ne peuvent dépasser le statut d'archétypes fictionnels. Sofia est une bomba latina pas sûre que son nouveau chéri soit assez courageux pour la secourir, tandis que Stanley se la joue père mafieux souriant et gentil mais très menaçant. Tout cela donne une impression de parodie, de comédie absurde filmée comme un thriller d'action. Car même les scènes d'action ou "violentes" sentent la naphtaline. Jason Statham excelle, certes. Mais le résultat final est sans émotion, sans surprise, sans intensité. Les ralentis n'ont pas l'effet escompté, celui de nous impressionner. Le viol raconté manque de puissance et les quelques flash-backs insérés sont pesants. Qui plus est, le corps de Holly balancé devant les urgences rappelle un bien meilleur film de baston : Kill Billl. Et la performance de Milo Ventimiglia, ce jeune mafieux arrogant, est à mourir de rire. Peut-être parce que le seul moment où l'on entre vraiment dans son jeu, où l'on ressent une once de potentiel, c'est lorsqu'il est attaché à une chaise, un sécateur collé entre les jambes. Bref, du grand n'importe quoi !

Miné par un personnage principal déprimant et éreintant, Joker oscille constamment entre thriller d'action basique, film de poker raté (même s'il s'agit ici de Blackjack) et comédie satirique à propos de Las Vegas. Un mélange dérangeant. Comme annoncé plus haut, rien ne va dans Joker. Si ce n'est la fin, synonyme de délivrance - tant pour le spectateur que pour Nick.
 
wyzman

 
 
 
 

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