Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.

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Kingsman: Services secrets (Kingsman: The Secret Service)


/ 2014

18.02.2015
 



CLASSE ESPION





"C'est à ses manières que l'on juge un homme."

Prenez un réalisateur déjanté et ultra prolifique ces temps-ci, ajoutez deux acteurs britanniques multi-oscarisés ainsi qu'un beau gosse charismatique. Saupoudrez le tout avec un acteur américain au summum du ridicule et mixez le tout avec un scénario complètement barré, des répliques proches du culte et des scènes d'action incroyables. Voilà, vous avez la recette de ce Kingsman : Services secrets, la comédie d'espionnage décoiffante qui fait passer James Bond pour le type le plus ringard qui soit. Explications.

Kingsman est une agence de renseignement particulière : en plus de n'appartenir à personne, elle habille ses quelques membres tels des gentlemen. A la recherche de sang neuf après que l'un des leurs ait été tué, l'agence s'entoure de nouvelles recrues à fort potentiel. Parmi celles-ci, Eggsy, un jeune banlieusard insolent dont le père avait presque terminé l'entrainement pour entrer chez les Kingsman. Entre sa formation et le plan néfaste de Richmond Valentine, Eggsy a fort à faire et beaucoup à apprendre.

Entre héritage et modernité

Tout au long de Kingsman, c'est toute la (bonne) filmographie de Matthew Vaughn, le réalisateur, qui ressort. Les pubs anglais de Layer Cake, le conte de Stardust, le mystère de l'étoile, le scénario déjanté de Kick-Ass et les super-héros de X-Men : Le Commencement. Aussi bon pour mettre en scène des combats surréalistes que pour diriger des acteurs au talent comique certain, Matthew Vaughn épate une nouvelle fois. A tel point qu'on lui ordonnerait presque de faire une suite. Et au vu des très bonnes critiques (autres que celle-ci) et des bons chiffres dans les pays où le film est déjà sorti, il n'y a aucun doute à se faire : Kingsman devrait séduire massivement. Ce qui tombe bien, puisque Matthew Vaughn himself se dit partant pour une suite.

Mais revenons à Kingsman. Si de prime abord, on aurait tendance à voir dans ce film un énième Cody Banks ou un ersatz de Johnny English, je vous rassure et vous affirme qu'il n'en est rien. Le film est bien meilleur et plus drôle que ces deux franchises réunies. Nous ne pouvons pas nier l'influence que la culture anglaise a dans Kingsman, mais tout cela sert un but bien précis : nous la faire aimer encore plus - si c'est possible. Entre les plans d'ensemble et larges de Londres et les accents so british des acteurs principaux comme secondaires, impossible de ne pas craquer. Kingsman est une véritable carte de visite de la capitale anglaise contemporaine, entre l'héritage laissée par des gentlemen farmer et une jeunesse un chouia paumée.

Et pour nous rappeler que Kingsman est une œuvre contemporaine, fière de son temps et de son public, le réalisateur, les scénaristes, les producteurs… Bref, tout le monde s'est retroussé les manches ! Pas étonnant de voir les personnages manger du McDo servi à la maison, d'apercevoir Lady Gaga et David Beckham par-ci par-là. Pas étonnant non plus de reconnaître Kid Cudi, Iggy Azalea et Ellie Goulding sur la bande originale, de mentionner Jason Bourne et Jack Bauer ou de reconnaître les logos de Hermès ou Fred Perry. Ce name-dropping n'est pas vain et vient ancrer le film dans une réalité concrète. Quant à son scénario, ce que l'on pense relever de la simple comédie où tout est hyperbolisé s'avère bien plus réaliste que cela. Les références culturelles de Kingsman sont nombreuses et d'autant plus flagrantes quand le "méchant de l'histoire" a tout d'un Steve Jobs noir, le cheveux sur la langue en plus. Comme lors de cette horrible scène de keynote qui devrait faire rire les plus technophiles d'entre nous.

La crème de la crème

Si l'histoire est assez classique et ne tente pas de révolutionner le genre (le méchant est appréhendé et le héros finit avec la nana), impossible de ne pas passer un moment unique devant Kingsman. Avec des répliques comme "Si vous sauvez le monde, on peut le faire par le cul", comment ne pas rire et se dire que l'on tient là la comédie de la saison - voire de l'année ? Avec ce premier combat dans le pub dont Colin Firth ressort sans une froissure, comment ne pas dire à Jason Statham d'aller se recoucher ? Avec ses épreuves toutes mortelles, comment ne pas rire à la face des participants aux Hunger Games ? Kingsman est un film unique en son genre qui devrait vous faire rire, ou au moins sourire. A moins que vous ne soyez très mauvais public ou trop exigeant !

Pour lancer la carrière internationale de Taron Egerton, la star anglaise du film et nouvelle coqueluche de ces demoiselles, Matthew Vaughn n'a pas lésiné sur les mentors. Colin Firth nous fait rire comme jamais tandis que Samuel L. Jackson est à son top niveau ! A la fois parodie de l'espion pour l'un et caricature du philanthrope moderne pour l'autre, les deux font la paire et réussissent un exercice périlleux avec ce Kingsman : ne jamais se fourvoyer et tomber dans le purement vulgaire. A côté d'eux, Michael Caine est parfait dans son rôle de supérieur hiérarchique un peu dépassé, Mark Strong est très convaincant et Mark Hamill fait le boulot.

En oscillant constamment entre comédie loufoque et film d'action lourdingue (dans le bon sens du terme), Matthew Vaughn a su gérer son temps, ses effets spéciaux et nous fait passer 2h09 de pur plaisir. Son Kingsman est un régal, un film qui marque, que l'on veut revoir et que l'on recommande. Ce petit condensé n'est qu'un aperçu de toutes les grandes choses qu'il est en mesure de faire. Déjanté, explosif, cool, fun, énorme, délirant… Les qualificatifs manquent pour décrire Kingsman. Véritable tour de force, vous devriez en entendre parler un moment !
 
wyzman

 
 
 
 

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