Et puis nous danserons était l'un de coups de cœur cannois. Enivrant, exaltant, brillant! La répression des homosexuels et l'élan romantique qui prend tous les risques, la danse comme lien sensuel et la musique euphorisante. A voir! A découvrir!



Countdown
Graines de ronds-points
J'accuse
J'aimerais qu'il reste quelque chose
Koko-di Koko-da
L'âme du vin
Le bel été
Le Mans 66
Le roi d'ici
Little Joe
Noura rêve
Océan
Pères et impairs
Prendre soin
Rendre la justice
Zibilla ou la vie zébrée



Ne croyez surtout pas que je hurle
Alice et le Maire
Les mondes imaginaires de Jean-François Laguionie
Chambre 212
Joker
Pour Sama
Shaun le mouton le film : la ferme contre-attaque
La cordillère des songes
Et puis nous danserons
J'ai perdu mon corps
La belle époque
Le monde animé de Grimault



Once Upon a Time... in Hollywood
La vie scolaire
Ad Astra
Portrait de la jeune fille en feu
Au nom de la terre
Downton Abbey
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Atlantique
Gemini Man
Donne-moi des ailes
Jacob et les chiens qui parlent
La fameuse invasion des ours en Sicile
Nos défaites
Papicha
La bonne réputation
Maléfique 2: le pouvoir du mal
Martin Eden
Matthias & Maxime
Queens
Abominable
5 est le numéro parfait
Hors normes
Au bout du monde
Sorry We Missed You
Le Traître
Retour à Zombieland
Mon chien stupide
The Laundromat
Un monde plus grand
Une Colonie
Adults in the Room






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Ted 2


USA / 2015

05.08.2015
 



BEER, WEED AND BEAR





"Avec toi, l'histoire prend vie !"

Mais quelle mouche a piqué Seth Mc Farlane? Echaudé, sans doute, par l'accueil public pour le moins mitigé de son western humoristique, Albert à l'Ouest, le réalisateur s'est convaincu d'aller tourner la suite de son Ted, succès surprise de l'été US 2012. Contrairement aux apparences, un tel choix, assez facile sur le papier, pouvait vite tourner à vide avec la tentation de reproduire, peu ou prou, le même film pour un public adulte en manque d’humour trash.

Puisqu’il ne sert à rien de reproduire deux fois la même histoire, Seth Mc Farlane enfonce le clou – et assume ses responsabilités – en donnant à Ted le premier rôle au détriment du pauvre Mark Walhberg, ici relayé au second plan. Leur duo change donc de nature, un peu comme des frères n’habitant plus sous le même toit, faisant de Ted, non plus la peluche animée de John, mais une peluche à part entière parfaitement intégrée au décor contemporain d’une vie à mener. Couple, mariage, désir d’enfant ou reconnaissance identitaire, tout concorde pour sortir Ted de la fonction première du bon copain déconneur dont on attend de lui qu’il motive troupe et moult remous scénaristiques. Ainsi, autour d’un plaidoyer sur l’acceptation des différences, qui accapare une bonne partie du film, Ted s’évertue à nous prouver qu’il n’est ni un jouet, ni une chose mais bien un être vivant.

La normalisation est en route et les bons sentiments avec. L’utilité d’un tel ressort narratif laisse perplexe tant le comportement de Ted se trouve à mille lieux des conventions établies. A quoi, raisonnablement, peut servir cette sortie civique au sujet d’un être dont l’utilité est bien de nous faire rire sans complexe sur le monde qui nous entoure ? La faute de goût est consommée puisque la contre-culture invoquée à longueurs de vannes se marie mal avec les élans moralisateurs du vivre ensemble. Ted 2, aussi impertinent qu’il soit, rationalise l’invraisemblable (un ours en peluche qui parle) en reproduisant des pans entiers de la bonne vieille comédie familiale. A ce titre, le film ressemble beaucoup, dans l’esprit évidemment, au troisième opus de Very Bad Trip. Soit un concept fun et novateur qui s’essouffle au profit d’une narration plus classique, plus familiale, moins provocatrice.

L’embourgeoisement opère sa jonction malgré les nombreux pics et autres situations burlesques par moment vraiment réussis. Justement, l’humour n’a pas disparu. Au contraire. Il essaye, vaille que vaille, de pimenter l’évolution dramatique d’un ours en peluche condamné à ressembler à monsieur tout le monde. D’où la surenchère d’un humour bien gras, irrévérencieux et beauf peinant à contrebalancer les pérégrinations on ne peut plus balisées d’un duo, certes toujours attachant, mais rempli de bons sentiments. La dichotomie s’affiche sans fard, Mc Farlane préférant aligner les gags sur un scénario bidon qui loupe sa conclusion (l’histoire d’amour entre John et la jeune avocate Samantha jouée par Jessica Barth est aussi inutile, qu’inepte).

Si Ted est drôle en tant que personnage comique atypique, son développement ciné est vain, englué dans une métrique de vannes grossières pour prime time de talk-show.
 
Geoffroy

 
 
 
 

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