Et puis nous danserons était l'un de coups de cœur cannois. Enivrant, exaltant, brillant! La répression des homosexuels et l'élan romantique qui prend tous les risques, la danse comme lien sensuel et la musique euphorisante. A voir! A découvrir!



Countdown
Graines de ronds-points
J'accuse
J'aimerais qu'il reste quelque chose
Koko-di Koko-da
L'âme du vin
Le bel été
Le Mans 66
Le roi d'ici
Little Joe
Noura rêve
Océan
Pères et impairs
Prendre soin
Rendre la justice
Zibilla ou la vie zébrée



Ne croyez surtout pas que je hurle
Alice et le Maire
Les mondes imaginaires de Jean-François Laguionie
Chambre 212
Joker
Pour Sama
Shaun le mouton le film : la ferme contre-attaque
La cordillère des songes
Et puis nous danserons
J'ai perdu mon corps
La belle époque
Le monde animé de Grimault



Once Upon a Time... in Hollywood
La vie scolaire
Ad Astra
Portrait de la jeune fille en feu
Au nom de la terre
Downton Abbey
Port Authority
Atlantique
Gemini Man
Donne-moi des ailes
Jacob et les chiens qui parlent
La fameuse invasion des ours en Sicile
Nos défaites
Papicha
La bonne réputation
Maléfique 2: le pouvoir du mal
Martin Eden
Matthias & Maxime
Queens
Abominable
5 est le numéro parfait
Hors normes
Au bout du monde
Sorry We Missed You
Le Traître
Retour à Zombieland
Mon chien stupide
The Laundromat
Un monde plus grand
Une Colonie
Adults in the Room






 (c) Ecran Noir 96 - 19


  



Donnez votre avis...


Nombre de votes : 24

 
L'Avenir


France / 2015

06.03.2016
 



QUAND ON A 50 ANS...





"Quand j'y pense, j'ai retrouvé ma liberté, une liberté totale."

A peine deux ans après Eden, Mia Hansen-Love remet le couvert. Après avoir traité de la "French touch" et de l'émergence d'une jeunesse par son émancipation musicale, elle s'attaque aux cas des seniors, sans jamais tomber dans le film social.

Prof de philo, Nathalie enseigne dans un lycée parisien. Mariée, deux enfants, elle fait les allers retours entre sa famille, son travail, ses anciens élèves et sa mère, très possessive. Son quotidien est chamboulé le jour où son mari lui annonce qu'il part vivre avec une autre femme. Quoi de plus banal?

Film sur la liberté retrouvée, L'Avenir a tout pour plaire aux personnes qui connaissent ou ont connu la situation de Nathalie, à tous ceux qui parviennent à s'identifier à cette femme d'âge mûr (même si Huppert se retire une bonne dizaine d'années dans son personnage). Malheureusement, c'est difficilement le cas des autres. En effet, Isabelle Huppert a beau rayonner sous la direction de Mia Hansen-Love, son personnage ennuie à bien des égards. Réfléchie et grave pour certains, la Nathalie de L'Avenir pourrait bien passer pour une femme complètement perchée et trop légère pour d'autres. Car oui, à force de se poser des questions, on oublie parfois de se poser les bonnes... Typique d'un film éminemment français, rempli de références très vingtième siècle, de citations de philosophie qu'on étale pour mieux palier l'absence d'un ton plus personnel, où les décors sont splendidement bourgeois (et presque un peu trop "french dream" pour une enseignante) et où l'on parle sans cesse des amours et des hasards, des sentiments et de la vie.

Accompagnée d'un André Macron tout en retenue et d'un Roman Kolinka sexy à souhait, et d'une Edith Scob qui excelle en mamie fantasque, Isabelle Huppert, libérée et délivrée, a le champ libre pour éblouir le spectateur. A la fois frêle et niaise, l'actrice de 63 ans insuffle une pointe de pugnacité au film. Et c'est finalement bien pour elle que l'on reste éveillé pendant les 100 minutes de L'Avenir (qui en paraissent parfois 1000). L'avenir c'est long, même si on n'y parle que du présent.

Sans jamais parler de catastrophe, il faut bien reconnaître que le nouveau film de Mia Hansen-Love est d'une mollesse et d'une lenteur parfois affligeantes. Les plus sensibles d'entre nous seront touchés par ce récit, celui d'une femme qui se reconstruit passée la cinquantaine et par ces plans magnifiques tournés dans le Vercors ; tandis que les autres l'oublieront rapidement. La fragilité de la vie, où ce que l'on croyait solide se brise au moindre coup de vent, ne méritait pas un tel méli-mélo existentiel. C'est finalement quand un ex-étudiant lui renvoie quelques vérités, déconstruisant son mode de vie comme son mode de pensée, d'un autre temps, que L'avenir, entre capitulation au Grand Capital et Révolution sentimentale, déploie ses plus beaux moments. En renonçant à ses luttes intérieures et ses idéaux, afin d'être heureuse, le personnage d'Huppert enlève sa carapace et fait comprendre que nous sommes tous des pantins du destin. L'avenir n'appartient définitivement pas à ceux qui réfléchissent trop. Mais que de causeries pour parvenir à une conclusion aussi tragique et aussi simple.
 
wyzman

 
 
 
 

haut