Ne croyez pas que je hurle est le joyau tant attendu de l'année. Film expérimental et sentimental, audace narrative et visuelle, cette expérience signée Frank Beauvais est aussi délicate que mélancolique, curieuse que hypnotique.



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Hardcore Henry (Hardcore)


/ 2015

13.04.2016
 



VOUS ÊTES LE HÉROS





Vous allez chuter de haut, être dans un bus en flammes, et surtout taper et tuer beaucoup d'ennemis dans la rue, dans un club libertin, dans une forêt... Tout ce qui se passe est vu à travers les yeux de Henry. Dès le début du film il se réveille sans presque aucun souvenir et sans pouvoir parler, Henry (et donc le spectateur lui-aussi) découvre où il est et ce qui lui est arrivé : vous avez été sérieusement blessé et on vous greffe des prothèses. Soudain un commando arrive et il vous faut fuir : vous êtes alors lancé dans une folle course-poursuite pendant environ 90 minutes en Russie. Hardcore Henry est une succession de séquences complètement dingues rien que vos yeux.

Le film exploite à fond le principe dit de la caméra subjective : ce que vous voyez à l’écran est la vision du personnage à travers ses yeux. Le spectateur se retrouve à la place du héros, ou presque. Le procédé est surtout utilisé dans les jeux-vidéo puisque le joueur avec sa manette doit conduire une voiture ou tirer sur des ennemis en étant actif sur l’action. Le parallèle avec les jeux de consoles de type en immersion fps (first person shooter) est d’ailleurs juste : tout comme les univers vidéo-ludiques dans le film aussi les méchants tombent après quelques coups et d’autres arrivent pour combattre, il y a même un objet à trouver pour bénéficier d’énergie en plus pour éviter le game-over, et il faudra monter plusieurs niveaux avant le duel avec le méchant big-boss…

Pour autant Hardcore Henry veut montrer une ambition bien plus haute qu’imiter un jeu, aussi basique soit-il en apparence le film repose tout de même sur un scénario qui ose aborder la cybernétique. On découvre vite que Henry est plus puissant avec ses prothèses mécaniques, un adversaire a des pouvoirs de télékinésie, et un scientifique a réussi à concevoir une multitude d’avatars de lui-même : et tout ceci n’est pas une fantaisie futuriste puisque le film se passe en Russie à une époque à priori contemporaine. Avec ce postulat de plusieurs technologies que l’on ne connaît pas et pourtant combinées, les images peuvent dès lors montrer bien des choses extravagantes : le spectateur a le souhait d’en avoir plein les yeux, on va aller dans ce sens. Vouloir concevoir un film d’action quasi non-stop dans tout les sens en caméra subjective était déjà un défi technique, et d’autres défis ont été rajoutés et plutôt brillamment relevés : quelques longs plan-séquences sans interruption (ou presque), un même acteur (Sharlto Copley) plusieurs fois dans le cadre sous diverses apparences, plusieurs cascades ébouriffantes… Le réalisateur Ilya Naishuller utilise ce principe de la caméra subjective autrement que comme un artifice, mais comme un original moyen de narration de son histoire.

Hardcore Henry n’est certes pas le premier film avec ce procédé d’immersion du spectateur dans l’action (revoir La femme défendue de Philippe Harel, Maniac de Franck Khalfoun, Enter the void de Gaspar Noé…), mais il peut se targuer tout de même d’être devenue la référence pour ce qui est du ‘POV action-movie’. Ilya Naishuller avait déjà établie les premières bases en réalisant un clip musical (avec un personnage qui se bagarre, du sang, une poursuite en voiture, une chute dans un immeuble), ‘bad motherfucker’ pour le groupe Biting Elbows. Et si la même idée devenait un film ? Son compatriote Timour Bekmambetov (Nightwatch, Wanted : choisis ton destin, Abraham Lincoln, chasseur de vampires) va alors soutenir la production, le distributeur chinois Huayi Brothers est dans la boucle : Hardcore Henry est tellement unique qu’il bénéficie d’une sortie mondiale partout durant ce mois d’avril. Le débat de faire du grand cinéma avec une petite caméra type GoPro est secondaire, le principal est son potentiel d’attraction : même si ça ne vole pas haut ça décolle les rétines.

Hardcore Henry est un spectacle totalement régressif tellement il se veut agressif, et c’est bien ça qui est jouissif sur un grand écran de salle de cinéma : si c'est trop fort c'est que tu es trop vieux ?
 
Kristofy

 
 
 
 

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