90's, premier film du comédien Jonah Hill, est un portrait de jeunesse aussi délicat que touchant. Dans le lLos Angeles des skaters, où musique et skets dictent leurs lois, on suit une bande d'ados désœuvrés qui stoppent le temps sans cesser de rêver.



Cold Blood Legacy
Douleur et Gloire
Fight Club
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Just Charlie
Le Chinois et moi
Le jeune Ahmed
Les plus belles années d’une vie
Mr Local
Passion
Permanent Green Light
Séduis-moi si tu peux
Swing Time in Limousin
The Dead don't Die
Tous les Dieux du ciel



C'est ça l'amour
Synonymes
90's
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Dieu existe, son nom est Petrunya
Drôles de cigognes
Les météorites
Petra



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Le garçon qui dompta le vent
Le mystère Henri Pick
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Entre les roseaux
Dumbo
Los silencios
La Lutte des classes
Shazam!
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Tito et les oiseaux
Blanche comme Neige
Le vent de la liberté
Les oiseaux de passage
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The Highwaymen
Alpha - The Right to Kill
After : Chapitre 1
El Reino
Raoul Taburin
Liz et l'oiseau bleu
The Highwaymen
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L'Adieu à la nuit
Gloria Bell
Coeurs ennemis
Jessica Forever
Hellboy
Les Crevettes pailletées






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La La Land


USA / 2016

25.01.2017
 



A STAR IS BORN

Le livre Bye Bye Bahia



«- C’est ça L.A.. On vénère tout mais on ne respecte rien. »

La fin justifie-t-elle les moyens. Avec énergie et sacrifice, Damien Chazelle avait répondu à la question dans son premier film Whiplash, où l’effort ne connaissait aucune limite pour atteindre la perfection et la gloire. La La Land est une variation sur le même thème, avec un style résolument différent.

Le cinéaste ouvre son film avec un « plan séquence » magistral où des angelinos coincés dans les mythiques embouteillages de la métropole se mettent à chanter et virevolter. Ce prologue enchanteur et chatoyant donne le la d’un film qui ne cache pas sa référence à Vincente Minnelli ni son influence de Jacques Demy. Et comme dans les meilleurs films de ses maîtres, Chzaelle fait de La La Land une œuvre romanesque et désenchantée.

Deux petits bémols

Si le scénario est très classique, où chaque étape est un enchaînement de conventions hollywoodiennes parfaitement orchestrée entre elles, et l’ensemble est un peu long, la mise en scène, la direction artistique et l’interprétation relèvent le niveau vers ce que le cinéma américain sait faire de mieux. Emma Stone n’est pas seulement brillante et fabuleuse, elle impose son charme et envoûte le spectateur avec une facilité qui fait écho à ces danseuses d’opéra pratiquant des entrechats a priori sans efforts. Ryan Gosling, face à elle, a cette humilité rare de la laisser étinceler, tout en nous bluffant comme danseur et musicien.

C’est la rencontre de deux « losers » à Los Angeles, miroir aux mirages. D’abord indifférents l’un à l’autre, puis au bord de la détestation, avant de succomber amoureusement, leur union va les propulser vers leurs rêves. Artistes intègres et exigeants, ils vont se compromettre pour réussir, et prendre le risque de se perdre. Voilà pour le pitch. Rien de très original a priori, mais la maestria de Chazelle permet au récit de transformer l’ascension du duo en une opérette dramatique et un brin ironique. Car en guise de conclusion, le cinéaste s’offre un film dans le film. C’est la belle idée de La La Land. Et si, à un moment donné, l’un et l’autre avaient pris une autre décision, quel aurait été leur destin individuel et commun ? Cette insertion en guise de flash back imaginaire rend le film plus singulier qu’il n’y paraît et lui donne une dimension mélodramatique inattendue et bienvenue. Un tourbillon d’une (autre) vie, en version accélérée

De l'art de ne pas se compromettre

Mais La La Land n’est évidemment pas qu’une simple romance avec claquettes et paillettes, jolies chansons et belle partition. C’est aussi un hommage à l’usine à rêves, celle qui permet à un jazzman de devenir propriétaire d’un club légendaire, ou à une serveuse de se métamorphoser en star hollywoodienne. C’est également une ode à Los Angeles, comme Mulholland Drive ou L.A. Story, puisque le film est véritablement un dépliant touristique se déroulant dans chaque coin « à voir » de la mégapole.

Le film est stylé, élégant, gracieux. Un « California Dreamin’ » en technicolor qui séduit par sa nostalgie « modernisée » où sont convoqués Bogart et Casablanca, La fureur de vivre, Un tramway nommé désir etc… C’est le propre du vintage : la réhabilitation du vieux par le neuf, sans forcément être innovant. Cette histoire d’amour impossible flirte avec les « screwball comedies » (sans les gags mais avec une légère dose de dérision) profite beaucoup de l’alchimie de ses deux acteurs et de la désillusion du réalisateur quant à la possibilité de faire de l’art dans une industrie comme le cinéma. C’est d’ailleurs sa prouesse et ce qui rend le film plus qu’attachant .Ce que Eastwood est parvenu dans le Western avec Unforgiven, Damien Chazelle a réussi à le faire dans un genre qui n’a jamais vraiment su s’adapter, autrement qu’en pompant Broadway, le musical, sans trop de concessions. Il s’offre même quelques séquences presque théâtrales où les deux comédiens se confrontent avec justesse.

Une chose est certaine. De ces amours contrariés (entre elle et lui, entre eux et le système, entre l’art et l’industrie) ressort cette sensation qu’on peut avoir la vie rêvée dans la ville des anges et l’impression d’être passé à côté de sa vie. Un cinéaste est né. Reste à savoir s’il continuera à nous émerveiller avec sa sincérité, ses goûts et ses couleurs, sans que son talent soit dissous par les logiques financières des studios.
 
vincy

 
 
 
 

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