Avec Etre vivant et le savoir, Alain Cavalier montre que l'art rend hommage à l'art, que le cinéma peut être un hommage grâce à l'image. Dialogue incessant entre le réel des vivants et les souvenirs d'une morte, le film est d'une poésie sublime.



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Le Roi Arthur: la légende d'Excalibur (King Arthur: Legend of the Sword)


USA / 2017

17.05.2017
 



L’HOMME QUI NE VOULAIT PAS ÊTRE ROI





N’imaginez pas un seul instant que Guy Ritchie ait été fidèle aux contes et légendes des Chevaliers de la Table ronde. Non, décidément le modernisme a ses limites. Surtout quand il ne sauve même pas un scénario hyper convenu, au point de plagier tous les blockbusters de ces dix dernières années et de n’insuffler aucun suspens ni aucune tension qui nous empêcheraient de bailler dès la seconde moitié de ce « gloubiboulga ».

C’est un drôle de mix qui est proposé. Une de ces tambouilles dont on ne sait pas quelle saveur on retient. Il y a des sorciers (Mordred n’est pas le Moldor), des magiciens (Astrid Bergès-Frisbey joue hélas très mal), une tour-centre-des-enfers qui nous rappellent Le Seigneur des Anneaux. Il y a aussi des animaux géants, rapaces, éléphants et serpents, qui font écho à l’univers d’Harry Potter. Ou l’inverse. Sans oublier ce zest de fantasy hérité des jeux vidéos (notamment ces mondes parallèles et très laids où le héros est télétransporté pour les combats et autres duels, manque plus que le joy-stick) ou cette absence totale de romantisme, de romanesque et d’érotisme qui en font une œuvre si prude pendant que les morts se ramassent à la pelle.

Oh bien sûr, sont conviés, pour épaissir cette histoire, Shakespeare ("Mon Royaume pour une épée !" versus "Etre ou ne pas être !") ou héros et mythes antiques (Arthur est comme Moïse, sauvé par ses parents en étant placé dans une barque qui le conduira à ses mères adoptives, Jude Law est son Ramsès, il y a aussi des restes de temples et monuments romains et autres sirènes-poulpes). C’est évidemment invraisemblable et surtout binaire (les yeux de glace contre les yeux de feu, le protecteur du peuple contre le Roi sacrifiant épouse et fille, mazette !). Bref ce Roi Arthur est à Robin des bois ce que 300 est Troie. Un navet survitaminé à partir d’un péplum raté.

Un hachis qui tourne au gâchis

En voulant le mettre au goût du jour, Guy Ritchie a surtout commis l’immense erreur de ne pas faire confiance à son personnage et à son acteur. Il filme Charlie Hunnam comme un vulgaire super-héros de Comics, exhibant son dos musclé et ne sachant pas trop pourquoi il endosse le rôle de justicier.

Camelot n’est plus ce que c’était. Un Empire sans étoile mais bien noir, face à une révolte de gueux et de putes. Le goût du pouvoir les rend tous fous. Les trahisons se suivent sans qu’on en soit surpris. Les prophéties s’enchainent juste pour faire durer le calvaire jusqu’au face à face entre l’usurpateur et l’élu. Mais de là à nous faire croire qu’aux prémices du Moyen-Age, dans cette contrée celte, un Noir peut-être seigneur et un asiatique enseigner les arts martiaux dans des Thermes, c’est poussé l’anachronisme un peu loin. Bizarrement, Ritchie n’a rien osé sur l’homosexualité, pourtant bien présente à cette époque. Comparé à un Game of Thrones, le film paraît extrêmement kitsch. Charlie Hunnam et ses belles fourrures, Jude Law et ses yeux maléfiques, David Beckham qui a du croire faire une pub pour ses slips. Tout est bling-bling, ringard et pastiche malgré le très grand sérieux du produit).

Il faut dire que le style de Guy Ritchie n’aide pas. Tous ses tics en toc sont démultipliés. Pour la séquence d’initiation rituelle, au milieu de rats et de loups, il découpe le récit en trois parties décrivant la préparation, le voyage attendu et l’épopée (morcelée et pas trépidante), en mélangeant les trois temps. Cela donne du rythme mais cela enlève toute progression dramatique. Il aime aussi répéter les scènes en les filmant avec différents points de vue. Ou faire raconter une histoire en abusant de scènes courtes, de digressions et de flash-backs. Ça n’est que l’artifice d’un style qui refuse toute profondeur et préfère le ludisme à la théâtralisation d’un événement. Guy Ritchie construit ses scènes comme autant de vignettes visuelles et de délires masturbatoires, sans jamais vouloir donner une cohérence à l’ensemble.

Malheureusement, cela ne sauve pas a faiblesse du script (qui prend de sacrés libertés avec l'Histoire) et ça renforce le vide comblé par une musique électro-rock envahissante. On se soucie ainsi de moins en moins des péripéties de chacun, entre exploits déjà vus ou enchaînements d’événements sans originalité. Foutraque et grotesque, le final de cette série B nous achève et nous empêche de nous réconcilier avec Arthur et ses potes.
 
vincy

 
 
 
 

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