Après le Géant Egoïste, Clio Barnard revient avec Dark River. Ce drame familial psychologique (sous tension) vaut le détour pour ses deux très beaux personnages piégés dans leur passé et dans les souvenirs de cette sublime campagne anglaise.



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Mother!


USA / 2017

13.09.2017
 



VOIR C'EST CROIRE





Le nouveau film de Darren Aronofsky était attendu, auréolé de son mystérieux titre Mother ! avec un point d’exclamation : soit une ponctuation qui peut évoquer l’admiration ou la peur, une surprise ou un cri… Cette exclamation est celle d’un dialogue. Avec Mother !, Darren Aronofsky interpelle directement le public : ce n’est peut-être pas un film pour vous, mais il se pourrait bien que l’histoire parle de vous. Bien sûr, on a ce sentiment que le réalisateur veut en mettre plein la vue au spectateur et lui faire tourner le cœur, ostensiblement.

Lui ne sait plus vraiment quoi écrire sur la page blanche de sa nouvelle œuvre, et la jeune femme s’occupe de rendre plus belle et plus vivable une maison au milieu de la nature, comme un couple paisible. Cette harmonie est bouleversée quand un homme arrive avec sa femme, et il y a bientôt péril en la demeure après un drame sanglant. D’autres gens vont venir, beaucoup... Tout a les aspects d'un film d'horreur.

Le film nous prend par la main en débutant avec un terrain qui peut nous sembler familier comme un thriller: on y voit la vie calme du couple Jennifer Lawrence et Javier Bardem troublée par l’intrusion d’un autre couple agité Ed Harris et Michelle Pfeiffer. On se découvre une autre façon de vivre, et la révélation d’autres désirs et de certaines frustrations… On commence à ressentir une certaine oppression, il se passe des évènements étranges. Darren Aronofsky est ici un grand manipulateur, on est maintenant avec lui, et la maison va devenir le décor d’une invasion dont le spectateur sera aussi victime. La manipulation est grossière. Il veut clairement jouer avec nos nerfs, et ne s'en prive pas, ne s'en cache pas.

Le réalisateur délivre avec Mother ! une allégorie étourdissante, déroutante, puissante. Ou qui laisse indifférent tant c'est outrancier (une séquence est particulièrement insoutenable, et par conséquent on s'interroge sur son utilité). Lors de la première mondiale à Venise il avait fait cette déclaration « Il ne faut surtout pas faire un film pour viser un large public, c’est une erreur. Mother! c’est comme un roller-coaster, venez si vous êtes prêt à faire plusieurs tours…, et quelques jours plus tard en France juste avant une projection Si vous voulez partir, c’est maintenant en guise d’avertissement. Aller découvrir Mother ! demande presque un acte de foi envers son créateur, avec la promesse certaine d’être perturbé. Darren Aronofsky joue avec la mise en scène d’une histoire pour peut-être en raconter une autre. Ici ce n’est pas le réalisateur de Requiem for a dream ou de Black Swan qui est à l’œuvre mais plutôt celui des mystiques La Fontaine et Noé, avec des personnages mythologiques et un arrière-plan métaphysique. Ici, il emploie une grammaire qui cherche à choquer, plutôt qu'à toucher.

Darren Aronofsky déploie en grand l’éventail du langage cinématographique visuel et sonore pour envelopper au fur et à mesure le spectateur de multiples images et sons, de plus en plus vite et de plus en plus fort. C'est formellement passionnant même si on peut également rejeter l'ensemble.
Dès le début la caméra est presque tout le temps braquée sur le visage de madone de Jennifer Lawrence en robe virginale, c’est avec elle qu’on va s’inquiéter et suffoquer. Car le film va progressivement devenir une bataille autant symbolique que sensorielle. Jusqu’à un paroxysme grandiloquent. Si Darren Aronofsky a voulu malmener et perturber le spectateur, et c’est pleinement réussi ! (donc avec un point d’exclamation). Voir c’est croire... Si on ne croit pas, on ne voit pas. Mother! est une métaphore d'un mythe ancien qui, depuis ses origines, existe dans le sang et la violence.
 
Kristofy

 
 
 
 

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