M, primé à Locarno, Namur et séville, est le documentaire choc du moment. Yolande Zauberman réussit à allier bienveillance et effroi, scandale pédosexuel chez les juifs ultra-orthodoxes et parcours d'hommes fragiles et touchants.



Comprame un revolver
Dernier amour
Du miel plein la tête
Entre les roseaux
L'homme qui a surpris tout le monde
Le corps sauvage
Le rêve de Sam et autres courts
Leur souffle
M
Qui m'aime me suive
Résistantes
Sauvages
Social Business
Sunset
Us
Walter



Roma
Les invisibles
Green Book: sur les routes du sud
Le château de Cagliostro
Un grand voyage vers la nuit
Sorry to Bother You
Tout ce qu'il me reste de la révolution
Une intime conviction
La Favorite
La chute de l'empire américain
Les funérailles des roses
Nice girls don't stay for breakfast
Les étendues imaginaires
Funan
We The Animals



Minuscule 2 - les mandibules du bout du monde
Dragons 3: Le monde caché
My Beautiful Boy
Nicki Larson et le parfum de Cupidon
Alita: Battle Angel
Deux fils
Les drapeaux de papier
Ralph 2.0
Vice
Destroyer
Euforia
Les moissonneurs
Grâce à Dieu
La grande aventure Lego 2
Le Chant du loup
The Wife
Celle que vous croyez
Le garçon qui dompta le vent
Marie Stuart, Reine d'Ecosse
Les éternels
Wardi
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Exfiltrés
Le garçon qui dompta le vent
Le mystère Henri Pick
Stan et Ollie
Triple frontière
McQueen
Rosie Davis
Ma vie avec John F. Donovan
Convoi exceptionnel
Aïlo : une odyssée en Laponie






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La douleur


France / 2017

24.01.2018
 



UN BARRAGE CONTRE LA FOLIE





"Je ne renonce pas. C’est autre chose."

La douleur d’Emmanuel Finkiel est une adaptation en état de grâce du livre de Marguerite Duras, dans lequel elle raconte les jours ayant suivi l'arrestation de son époux Robert Antelme, à la fin de la guerre, pour faits de résistance. Mélanie Thierry, transfigurée, y devient une allégorie de l’attente, masque de douleur sur le visage, et force intérieure sur le point de se rompre.

Peut-être n’avait-on jamais aussi bien entendu la voix de l’écrivaine que dans les splendides voix-off introspectives qui livrent sans barrière la pensée et les sentiments de celle qui écrit. On est également bluffé par le travail réalisé par le chef opérateur Alexis Kavyrchine qui rend physiquement palpable l'état mental du personnage en jouant sans cesse sur des images fondues et des arrières-plans flous. L'héroïne se retrouve ainsi isolée au milieu de la foule, toute à sa douleur, hors d'un monde qui ne peut plus être le sien.

Reste alors cette voix intérieure qui nous guide dans une réalité fantomatique, traitée comme une succession de scènes presque irréelles : les rendez-vous avec l’agent de la Gestapo, les réunions avec la résistance, et les mille et une façons d’attendre, confinée dans un appartement aux airs de mausolée. La langue de Duras confine ici au sublime, autant par la précision des mots que par la force de sa réflexion sur la tragédie de la guerre, sur sa propre vie qu’elle abandonne aux événements, et sur l’injustice de l’après-guerre qui ne résout rien. Ce qui vibre dans ce texte, ce n’est pas seulement la douleur d’une femme qui attend son mari, mais l’universalité de toute une Humanité qui attend, craint et espère.

Emmanuel Finkiel réussit ainsi un film audacieux et habité, d’une radicalité saisissante, qui donne aux mots le dessus sur l’action ou l’intrigue sans jamais perdre de vue le cinéma. Il fait même de cette dichotomie entre l’image et le son une dimension capitale du récit, indice troublant de la confusion qui règne dans l’esprit de la narratrice comme dans une époque où chacun joue un rôle et dissimule en permanence. Mais sa plus grande réussite est d’avoir confié le rôle de Duras à une Mélanie Thierry incandescente qui trouve ici son plus grand rôle. Fiévreuse, volontaire, épuisée, elle se donne toute entière non pas pour interpréter, mais être cette femme sur le point de basculer, que seul un fil très mince relie encore à la vie. Son visage décomposé et son corps tout entier tendu vers le retour de celui qu’elle attend hanteront désormais les nuits blanches des cinéphiles aux côtés des plus grandes héroïnes tragiques.
 
MpM

 
 
 
 

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