Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



Ailleurs
Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary
Effacer l'historique
Ema
Enorme
Eté 85
Irréversible - version intégrale
La daronne
Lucky Strike
Petit pays
Rocks
Tenet
The Climb
Un pays qui se tient sage
Yakari, le film



J'ai perdu mon corps
Les misérables
The Irishman
Marriage Story
Les filles du Docteur March
L'extraordinaire voyage de Marona
1917
Jojo Rabbit
L'odyssée de Choum
La dernière vie de Simon
Notre-Dame du Nil
Uncut Gems
Un divan à Tunis
Le cas Richard Jewell
Dark Waters
La communion



Les deux papes
Les siffleurs
Les enfants du temps
Je ne rêve que de vous
La Llorana
Scandale
Bad Boys For Life
Cuban Network
La Voie de la justice
Les traducteurs
Revenir
Un jour si blanc
Birds of Prey et la fantabuleuse histoire de Harley Quinn
La fille au bracelet
Jinpa, un conte tibétain
L'appel de la forêt
Lettre à Franco
Wet Season
Judy
Lara Jenkins
En avant
De Gaulle






 (c) Ecran Noir 96 - 20


  



Donnez votre avis...


Nombre de votes : 29

 
Avengers : Infinity War


USA / 2017

25.04.2018
 



Attention, cette critique contient des spoilers.





LA PRISE DE RISQUE POUR LES NULS

"Quel maître sers-tu ? Et qu'est-ce que je dois répondre à ça, Jésus ?"

Trois ans après un tiède L'Ere d'Ultron, les Avengers sont de retour, plus nombreux que jamais. Absolument indigeste, Infinity War est cependant la preuve qu'après 18 films, les cadres de Marvel n'ont pas fini de nous surprendre ! Explications.

La destruction de l'univers

Les Avengers et leurs alliés doivent se préparer à tout sacrifier pour neutraliser le redoutable Thanos avant que son attaque éclair ne conduise à la destruction complète de l'univers.

Voilà pour le pitch. Et on ne va passe mentir, lorsque Disney l'a dévoilé, nous étions tous un peu sur le cul, incapables de savoir si cet Avengers 3 ne serait qu'une redite des deux premiers ou si le mystère se devait de rester total pour véritablement nous surprendre. Vous vous en doutez, c'est un peu des deux. Car ici, Anthony et Joe Russo ont décidé de faire les choses à leur manière. En effet, si Joss Whedon s'était attelé à rendre les deux premiers volets le plus intelligible possible, les réalisateurs de Captain America : Civil War n'ont pas pris cette peine.

Morts au combat

Le film commence. Après avoir réussi à monter à bord du vaisseau dans lequel Thor s'est échappé avec ce qu'il restait de son peuple à la fin de Thor : Ragnarok, Thanos ne se prive pas de tuer Heimdall et Loki. Oui, oui, vous avez bien lu. Conscients de la nécessité de bouleverser une saga qui finissait par tourner en rond, les scénaristes Christopher Markus et Stephen McFeely ont choisi de ne pas y aller par quatre chemins et d'en mettre plein les yeux aux millions de fans des Marvel. Le ton est donné, de nombreux personnages vont mourir. Cela se fera dans la douleur mais ce sera également beau. Voilà le mot d'ordre de cet Infinity War : des morts oui, mais alors de belles morts !

Un vilain violet

Sous couvert de vouloir faire ce qui est juste (sauver des civilisations au bord de l'extinction à cause de l'épuisement des ressources), Thanos se croit tout-puissant et apte à décider quand des milliards d'être à travers l'univers doivent disparaître "d'un claquement de doigts" pour protéger les autres. Et c'est sans doute là que se cache la richesse d'Infinity War, dans sa capacité à donner des motivations sensées à son grand méchant. Après les excellents Hela (Thor : Ragnarok) et Killmonger (Black Panther), il semblerait que la filiale préférée de Disney soit désormais en mesure de produire des méchants dignes de ce nom. Bravo.

Et il faut bien admettre que même couvert de capteurs et peint en mauve, le talent de Josh Brolin reste intact. Son interprétation de Thanos est impressionnante bien que le personnage soit fortement agaçant. (Ecris-je cela en raison des personnages qu'il fait disparaître ? C'est fort probable !) En attendant, l'esprit d'Infinity War est clair : unir des personnages brillants pour vaincre un adversaire dont les motivations ne plaisent pas à la majorité. Et vous l'aurez compris, c'était également le leitmotiv des deux premiers Avengers.

Casting all-star

Mais à la différence des deux premiers Avengers, Infinity War est aidé par des personnages qui viennent resserrer les rangs et apporter beaucoup d'humour. Les Gardiens de la galaxie, toujours aussi bavards et maladroits, ont le chic pour se mettre dans des situations désespérées. Spider-Man apporte une touche fun à cette réunion d'anciens élèves visiblement épuisés par leur vie respective. Doctor Strange s'avère plus utile et important que ne le laissait penser les différentes bandes annonces. Enfin, impossible de ne pas évoquer Black Panther. Comme dans Civil War et dans son film solo (le hit de l'année), le personnage laisse transparaître des enjeux politiques majeurs. Et ne nous mentons pas: les présences d'Okoye et Shuri sont une plus-value incroyable !

Malheureusement, ce casting a beau valoir son pesant d'or (ce n'est pas donné d'avoir Scarlett Johansson, Benedict Cumberbatch, Chadwick Boseman et Josh Brolin dans un même film), il n'est finalement qu'un énorme argument marketing. De nombreux personnages ne se croisent pas et comme souvent, certains sont simplement là pour des raisons contractuelles. Mais malgré cela, la sauce prend. Enfin, elle prend par moments. Car il est difficile d'apprécier et de rester pleinement concentré devant un film surchargé d'effets spéciaux, à l'intrigue basique et prévisible, à la réalisation hasardeuse (où est passé la talent de Joss Whedon?) et à la musique quasi-inexistante.

Une bonne surprise ?

Présenté comme cela, Infinity War semble être la catastrophe que nous redoutions. Mais ce n'est pas complètement le cas. Les scénaristes ont bien évidemment décidé de ne pas sacrifier leurs favoris (Iron Man, Captain America et Hulk) mais n'ont pas tremblé au moment d'offrir un destin beaucoup moins savoureux aux autres protagonistes. Et c'est finalement tout ce qu'il faudra retenir de ce mastodonte visuellement épuisant : les destins de certains personnages sont incertains et la frustration est totale, du début à la fin.

Bien que l'on regrette profondément que la relation Bruce Banner-Natasha Romanoff ne soit pas pleinement exploitée ici, les scénaristes ont réussi un coup de maître : faire de la mort d'un personnage dont le sort pouvait laisser insensible (Gamora) le moment culminant d'une œuvre fondatrice: car si Avengers 4 est déjà programmé pour mai 2019, il va sans dire que ce film marque un tournant dans l'ensemble du MCU (Marvel Cinematic Universe).

Désormais, la question est de savoir si les choix faits ici ne desserviront pas les films suivants. Que faire d'un Black Panther 2 sans Black Panther ? A quoi bon un Spider-Man 2 sans Spider-Man ? Qu'est-ce qu'un Gardien de la Galaxie sans Groot, Gamora et Drax ? A quoi ressemblera un Avengers 4 sans Scarlet Witch, Vision, Black Widow et Bucky ? Et quid des éventuels spin-off possible?

Chaotique sur le plan technique, Avengers : Infinity War devrait ravir les pro-Marvel par ses répliques comiques, ses moments WTF et ses personnages disparus. A moins qu'un énorme twist ne vienne tout défaire dans Ant-Man et la Guêpe, Captain Marvel ou Avengers 4, Infinity War restera dans les annales comme le film dans lequel Marvel nous a expliqués que toutes les bonnes choses ont une fin.
 
wyzman

 
 
 
 

haut