Alita Battle Angel, manga culte, production de James Cameron, réalisation de Robert Rodriguez. Avec sa dose d'action et son héroïne cyborg plus vraie que nature, le blockbuster va essayer de conjurer le mauvais sort fait aux adaptations hollywoodiennes des mangas japonais.



Alita: Battle Angel
All Inclusive
Comme un seul homme
Dans la terrible jungle
Deux fils
Happy Birthdead 2 You
L'illusion verte
Le silence des autres
Les drapeaux de papier
Long Way Home
Moi, maman, ma mère et moi
Ralph 2.0
Regarde ailleurs
The Raft
Un ange
Vice



Une affaire de famille
Spider-Man: New Generation
Roma
Les invisibles
Glass
The Front Runner
Green Book: sur les routes du sud
Le château de Cagliostro
Un grand voyage vers la nuit
Sorry to Bother You
Tout ce qu'il me reste de la révolution
Une intime conviction
La Favorite



Asako I & II
Aquaman
Mirai, ma petite soeur
Le retour de Mary Poppins
Premières vacances
Border
Creed 2
Edmond
L'ange
L'heure de la sortie
Ayka
Ben Is Back
Colette
L'incroyable histoire du facteur Cheval
Holy Lands
Une jeunesse dorée
Doubles vies
Another Day of Life
La Mule
The Hate U Give, La haine qu'on donne
Un berger et deux perchés à l'Elysée
Si Beale Street pouvait parler
Pearl
Minuscule 2 - les mandibules du bout du monde
Les estivants
L'amour debout
Mango
La cabane aux oiseaux
Dragons 3: Le monde caché
My Beautiful Boy
Nicki Larson et le parfum de Cupidon






 (c) Ecran Noir 96 - 19


  



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Trois visages (Three Faces - Se rokh)


Iran / 2018

06.06.2018
 



CECI N’EST PAS UN SUICIDE





« C’est étrange, tout a l’air vrai. »

On est heureux, toujours, de voir que Jafar Panahi brave son interdiction de filmer en nous offrant une nouvelle œuvre. Trois visages semble pourtant moins « clandestin » que les autres. Même si les vingt premières minutes – un prologue filmé avec un iphone, une caméra embarquée dans une voiture pour un long plan séquence – nous ramènent à Ceci n’est pas un film et Taxi Téhéran. Cette continuité est trompeuse même si les plans subjectifs restent nombreux dans son film. Mais cette fois-ci Jafar Panahi s’offre un voyage au nord-ouest du pays, dans les montagnes que se partagent l’Iran, l’Azerbaïdjan, la Turquie et l’Arménie. Cette évasion, « kiarostamienne » lui permet d’aérer son cinéma avec de sublimes paysages, des plans larges, et de montrer la ruralité et l’isolement de ses habitants. C’est aussi une œuvre sur un Iran abandonné et une minorité reculée, où l’émancipation des femmes n’est pas envisagée.

Trois visages ce concentre pourtant sur une histoire d’individus : une jeune fille, aspirante actrice, piégée par les valeurs et les traditions de son village et qui ne peut pas aller étudier à Téhéran, qui envoie une vidéo (où elle se suicide) à une comédienne, star de la télé, qui est déchirée entre la culpabilité de ne pas l’avoir aidée et le doute sur cette mort. Jafar Panahi l’accompagne alors dans ces contrées reculées pour démêler le faux du vrai. Et lors de ce périple, il y aura d’autres visages : parents, amis, villageois… chacun avec son histoire.

C’est un film autour d’un suicide. C’est ce qui est dit. C’est ce que l’on croit. Mais le miroir que nous tend Panahi refléchit un autre sujet à partir de se suicide filmé par la victime : la manipulation des images. Ainsi, il trouble nos certitudes en créant un suspens : s’est-elle vraiment suicidée ou non ? De l’importance (et de la difficulté) à vérifier ce que l’on voit.

Le passager

Douter de l’image, authentifier les faits. Trois visages est proche d’une investigation journalistique. Et c’est avec ironie, qu’il choisit le métier d’actrices (ces « saltimbanques méprisées ») – dont l’art est de savoir dissimuler – pour trier la croyance de la vérité. « Ils peuvent tout dissimuler, sauf ce corps ».

Le cinéaste parvient à rythmer cette enquête tout en nous impliquant dans l’intrigue. Mais, dès lors que l’énigme est résolue, son histoire se dissout lentement dans des scènes moins intenses, pour arriver à une fin dépourvue d’émotions, s’avérant plus métaphorique qu’allégorique. Le pittoresque l’emporte sur le drame. Le récit se déporte trop sur les petites histoires anodines de chacun, oubliant le fil conducteur (l’enfermement et l’exclusion des artistes).

Trois visages, très bien monté, très bien interprété, magnifiquement cadré, sait utiliser la profondeur de champs mais il paraît manquer un peu de profondeur hors-champs. Le film ne nous enthousiaste pas autant que les autres œuvres du cinéastes, plus audacieuses, plus universelles et plus complexes. Reste son talent inné pour mélanger gracieusement la légèreté du quotidien et la gravité des existences. Son épure est une fois de plus maîtrisée. Et on voit bien qu’avec cette histoire de suicide, Jafar Panahi a voulu (dé)montrer qu’il fallait survivre, en tant que citoyen, individu et artiste. Quitte à vivre l’écart, comme cette ancienne comédienne qui peint des tableaux dans la campagne.
 
vincy

 
 
 
 

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