Viendra le feu a reçu le prix du jury Un certain regard. Le film d'Oliver Laxe laisse au spectateur toute liberté de se projeter dans le film pour y lire son propre rapport à la nature et ses propres obsessions face à la déliquescence du monde.



Ad Astra
D'un clandestin, l'autre
De sable et de feu
Edith en chemin vers son rêve
El Otro Cristobal
Kusama: Infinity
Les fleurs amères
Lucky Day
Ma folle semaine avec Tess
Nous le peuple
Portrait de la jeune fille en feu
Trois jours et une vie
Un jour de pluie à New York



Parasite
Toy Story 4
Le Roi Lion
Give Me Liberty
Ils reviennent...
L'étincelle, une histoire des luttes LGBT +
Fanny & Alexandre
Une Fille facile
Viendra le feu
Deux moi



L'œuvre sans auteur
Comme des bêtes 2
Fast and Furious: Hobbs and Shaw
Le Gangster, le Flic et l’Assassin
Le mystère des pingouins
Les faussaires de Manhattan
Nuits magiques
Once Upon a Time... in Hollywood
Perdrix
Playmobil, le film
Une grande fille
Roubaix, une lumière
Thalasso
Les Baronnes
Late Night
Hauts perchés
Frankie
La vie scolaire
Fête de famille
Les hirondelles de Kaboul
Liberté
Jeanne
Music of My Life
The Bra
Tu mérites un amour






 (c) Ecran Noir 96 - 19


  



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Parvana (The Breadwinner)


Canada / 2017

27.06.2018
 



UN MONDE SANS FEMMES





"Quand on est un garçon, on peut aller où on veut. "

Parvana, adapté d'un roman de Deborah Ellis, sort encore tout auréolé de son succès au festival d’Annecy, où il a remporté à la fois le prix du jury et celui du public. Pas étonnant pour cette œuvre sensible, à hauteur d’enfant, qui explore méticuleusement les absurdités et injustices du régime autoritaire des Talibans. C’est paradoxalement cette minutie qu’on lui reprochera, car on sent le scénario si désireux de dénoncer une situation effectivement insupportable qu’il ne peut s’empêcher de rajouter sans cesse du drame au drame, de l’horreur à l’horreur.

Passé les scènes d’exposition, et une fois posé le contexte (Kaboul ravagée par la guerre et sous le joug des Talibans), le film patine ainsi un peu dans une forme d'auto-complaisance à l'égard des exactions commises et des obstacles qui s'amoncellent sur le chemin de la petite fille. Celle-ci ne semble pas pouvoir faire un pas sans être agressée, ce qui au bout de la 4e ou 5e fois, finit par tourner à la démonstration. On ne peut s’empêcher d’y déceler un regard occidental plein de bonnes intentions, qui se croit obligé de forcer le trait et d’adopter un ton manichéen pour mieux dénoncer les réalités du régime. Dommage, car même dans un film d’animation, même quand on s’adresse au jeune public, il est préférable de faire confiance à l’intelligence des spectateurs, plutôt que de leur asséner ce qu’ils doivent penser.

Même la très belle idée du film, celle de raconter en parallèle, sous forme de conte, le combat qui se joue entre Parvana et ses ennemis, est plombée par des maladresses d'écriture (notamment la mère qui ne cesse de réclamer mécaniquement la suite de l'histoire) qui alourdissent tout. C'est pourtant cette partie, réalisée dans une forme de "papiers découpés" numérique, qui est de loin la plus amusante et la plus riche, débordant d'une fantaisie et d'une légèreté qui font défaut au reste. Le travail d’animation (moins léché et moins propre) apporte dans ces séquences une forme de naïveté qui apporte un contrepoint bienvenu au ton mélodramatique du propos.

Malgré tout, et même si les bons sentiments n'ont jamais fait les bons films, sur le fond, on ne peut qu'applaudir la démarche de Nora Twomey, qui propose un film grand public et de qualité, certes calibré et parfois peu subtil, mais qui tient intelligemment un discours engagé dans lequel la culture, l'éducation et l'art apparaissent comme les meilleures remèdes contre l'obscurantisme. La réalisatrice fait ainsi le rappel, nécessaire, du travail qu'il reste à accomplir dans le domaine des droits des femmes et de leur émancipation.
 
MpM

 
 
 
 

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