Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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Parvana (The Breadwinner)


Canada / 2017

27.06.2018
 



UN MONDE SANS FEMMES





"Quand on est un garçon, on peut aller où on veut. "

Parvana, adapté d'un roman de Deborah Ellis, sort encore tout auréolé de son succès au festival d’Annecy, où il a remporté à la fois le prix du jury et celui du public. Pas étonnant pour cette œuvre sensible, à hauteur d’enfant, qui explore méticuleusement les absurdités et injustices du régime autoritaire des Talibans. C’est paradoxalement cette minutie qu’on lui reprochera, car on sent le scénario si désireux de dénoncer une situation effectivement insupportable qu’il ne peut s’empêcher de rajouter sans cesse du drame au drame, de l’horreur à l’horreur.

Passé les scènes d’exposition, et une fois posé le contexte (Kaboul ravagée par la guerre et sous le joug des Talibans), le film patine ainsi un peu dans une forme d'auto-complaisance à l'égard des exactions commises et des obstacles qui s'amoncellent sur le chemin de la petite fille. Celle-ci ne semble pas pouvoir faire un pas sans être agressée, ce qui au bout de la 4e ou 5e fois, finit par tourner à la démonstration. On ne peut s’empêcher d’y déceler un regard occidental plein de bonnes intentions, qui se croit obligé de forcer le trait et d’adopter un ton manichéen pour mieux dénoncer les réalités du régime. Dommage, car même dans un film d’animation, même quand on s’adresse au jeune public, il est préférable de faire confiance à l’intelligence des spectateurs, plutôt que de leur asséner ce qu’ils doivent penser.

Même la très belle idée du film, celle de raconter en parallèle, sous forme de conte, le combat qui se joue entre Parvana et ses ennemis, est plombée par des maladresses d'écriture (notamment la mère qui ne cesse de réclamer mécaniquement la suite de l'histoire) qui alourdissent tout. C'est pourtant cette partie, réalisée dans une forme de "papiers découpés" numérique, qui est de loin la plus amusante et la plus riche, débordant d'une fantaisie et d'une légèreté qui font défaut au reste. Le travail d’animation (moins léché et moins propre) apporte dans ces séquences une forme de naïveté qui apporte un contrepoint bienvenu au ton mélodramatique du propos.

Malgré tout, et même si les bons sentiments n'ont jamais fait les bons films, sur le fond, on ne peut qu'applaudir la démarche de Nora Twomey, qui propose un film grand public et de qualité, certes calibré et parfois peu subtil, mais qui tient intelligemment un discours engagé dans lequel la culture, l'éducation et l'art apparaissent comme les meilleures remèdes contre l'obscurantisme. La réalisatrice fait ainsi le rappel, nécessaire, du travail qu'il reste à accomplir dans le domaine des droits des femmes et de leur émancipation.
 
MpM

 
 
 
 

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