90's, premier film du comédien Jonah Hill, est un portrait de jeunesse aussi délicat que touchant. Dans le lLos Angeles des skaters, où musique et skets dictent leurs lois, on suit une bande d'ados désœuvrés qui stoppent le temps sans cesser de rêver.



Cold Blood Legacy
Douleur et Gloire
Fight Club
Hard Paint
Just Charlie
Le Chinois et moi
Le jeune Ahmed
Les plus belles années d’une vie
Mr Local
Passion
Permanent Green Light
Séduis-moi si tu peux
Swing Time in Limousin
The Dead don't Die
Tous les Dieux du ciel



C'est ça l'amour
Synonymes
90's
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Dieu existe, son nom est Petrunya
Drôles de cigognes
Les météorites
Petra



Captain Marvel
Le garçon qui dompta le vent
Le mystère Henri Pick
Triple frontière
Entre les roseaux
Dumbo
Los silencios
La Lutte des classes
Shazam!
Tel Aviv on Fire
Terra Willy, planète inconnue
Tito et les oiseaux
Blanche comme Neige
Le vent de la liberté
Les oiseaux de passage
Ray & Liz
The Highwaymen
Alpha - The Right to Kill
After : Chapitre 1
El Reino
Raoul Taburin
Liz et l'oiseau bleu
The Highwaymen
Avengers: Endgame
L'Adieu à la nuit
Gloria Bell
Coeurs ennemis
Jessica Forever
Hellboy
Les Crevettes pailletées






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Yéti & Compagnie (Smallfoot)


USA / 2018

17.10.2018
 



ICE SCREAM





« Ce qui est plus fort que la peur c’est la curiosité. »

Avec Yéti & compagnie, notre regard sur l’abominable homme des neiges va forcément changer. D’autant que le titre anglais est un peu plus malin : l’objet de curiosité n’est pas le Bigfoot (quadrupède géant légendaire) mais le Smallfoot (l’homo sapiens).

Warner Animation réussit là un de ses meilleurs longs métrages animés. Non pas qu’il soit original – le canevas narratif est très classique, les personnages déjà vus, la direction artistique, bien qu’impeccable, reste très formatée – mais la dynamique de l’ensemble fonctionne à merveille.

Pourtant le prologue laisse craindre un mix de Croods, Reine des Neiges et autres Age de glace. Mais Yeti & compagnie évite la surdose de chansons (qui en plus sont plutôt bonnes), se dote d’un enjeu plus ambitieux et termine avec une morale plaisante (et pas individuelle).

Tout l’intérêt de Yeti & Compagnie est en fait dans son sujet. L’intrigue ose défier la sacro-sainte religion, celle qui impose mythes et croyances, mensonges et obscurantisme. Face aux Lois des « pierres », un groupe de rebelles, curieux, veulent éclairer leur peuple avec la connaissance et la fin de l’ignorance. « L’enjeu n’est pas seulement de détruire de vieilles idées. Je veux en découvrir de nouvelles » clame la plus smart des Yétis.

On comprend pourquoi une grande partie des Américains, qui doutent du Darwinisme, soit passée à côté du film. La rencontre avec les « petits pieds » (les humains) va bousculer les certitudes des Yétis, à commencer par le fait qu’ils seraient nés du cul d’un Yak.

Coyote et Queen

Ce n’est pas le seul message du film qui évoque l’intégrité et la vérité comme valeurs alpha, notamment en se moquant du narcissisme et en dénonçant le mensonge. Dans un monde où la popularité sur les réseaux sociaux est devenue une richesse quantifiable (magnifique « Under Pressure » de Queen/Bowie revisité), Yeti & Compagnie préfère lui opposer les bienfaits du lien social réel.

Mais ne vous attendez pas à un manuel de philosophie, cela reste une production hollywoodienne, faisant quand même l’éloge de l’anthropologie et de l’ethnologie. D’ailleurs les deux grands moments d’action – Migo migrant vers la terre des Humains (digne de Bip Bip et le Coyote) et Migo pourchassé par des scooters des neiges en pleine nuit (quel beau travail de lumière) – renouent avec les traditionnels gags à la Looney Tunes.

De même la grande séquence d’explication entre le chef et Migo, soit un rap entraînant sur un génocide impardonnable, est un grand moment mélangeant discours sérieux et distraction légère, balançant au passage « Faut contrôler les flux d’information pour éviter l’extermination ». De la part d’Hollywood, c’est assez ironique.

Infox et détox

Mais il s’agit bien de réveil et d’éveil, de démocratie et de responsabilité, d’ouverture et de tolérance. Sans aucun mélo, et même avec une romance très peu visible, l’histoire du film a, au final, comme unique objectif, de dissiper la méfiance entre Yétis et Humains (remplacez ces deux termes par n’importe quels peuples ennemis, ça fonctionne), qui se voient respectivement comme « monstrueux ». Les uns pour leur apparence, les autres pour leurs âmes destructives. La domination par la peur ? D’après vous qui est visé ?

Cette jolie philosophie sur le rapport à l’autre, doublée de belles trouvailles visuelles et de protagonistes attachants (il n’y a pas de vrais vilains, chose assez rare dans ce genre de récits), conduit Yeti & Compagnie sur les traces de la vérité (versus les fake news) et de l’Histoire et de la Science.

A défaut d’un grand pas pour l’animation, on prend un grand pied. Et c’est aussi un petit pas pour montrer aux enfants que la peur et l’ignorance sont les pires ennemis de leur future liberté.
 
vincy

 
 
 
 

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