Ne croyez pas que je hurle est le joyau tant attendu de l'année. Film expérimental et sentimental, audace narrative et visuelle, cette expérience signée Frank Beauvais est aussi délicate que mélancolique, curieuse que hypnotique.



Betty Marcusfeld
Cervin, la montagne du monde
Chambre 212
Donne-moi des ailes
Jacob et les chiens qui parlent
Joker
La fameuse invasion des ours en Sicile
La grande cavale
Nos défaites
On va tout péter
Papicha
Pour Sama
Quelle folie
Soeurs d'armes
Tout est possible



Parasite
Le Roi Lion
Une Fille facile
Viendra le feu
Deux moi
Un jour de pluie à New York
Bacurau
Ne croyez surtout pas que je hurle
Alice et le Maire
Les mondes imaginaires de Jean-François Laguionie



L'œuvre sans auteur
Comme des bêtes 2
Fast and Furious: Hobbs and Shaw
Le Gangster, le Flic et l’Assassin
Once Upon a Time... in Hollywood
Perdrix
Playmobil, le film
Une grande fille
Roubaix, une lumière
Thalasso
Les Baronnes
Late Night
Hauts perchés
Frankie
La vie scolaire
Fête de famille
Les hirondelles de Kaboul
Liberté
Jeanne
Music of My Life
The Bra
Tu mérites un amour
De sable et de feu
Ad Astra
Trois jours et une vie
Portrait de la jeune fille en feu
Au nom de la terre
Downton Abbey
Port Authority
Atlantique
Gemini Man






 (c) Ecran Noir 96 - 19


  



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Spider-Man: New Generation (Spider-Man: Into the Spider-Verse)


USA / 2018

12.12.2018
 



MILES DEVIE





« On apprend toujours mieux quand on court un danger mortel ».

Spider-Man : New Generation est un spin-off animé à l’univers Spider-Man qui a déjà eu le droit à une trilogie, un reboot en deux volets et un autre reboot rajeuni. Autant dire que l’Homme-araignée n’a plus beaucoup de secrets à nous révéler.

C’est là que ce nouvel opus bouscule nos certitudes. Peter Parker n’est ici qu’un second-rôle. Le film est centré sur un ado métis (afro-américain et latino), artiste de street art à ses heures. On est donc mis sur une voie parallèle, entre Brooklyn « tendance » et un collège/lycée élitiste. Mais l’intrigue va se complexifier et nous envoyer dans un autre « univers », où se croiseront un Peter Parker divorcé, un peu vieilli et bedonnant, un Spider-Gwen, un Spider-Black et un Spider-Pig très cartoon. Bref le scénario, pluridimensionnel, délire assez vite vers une sorte de construction surréaliste et même absurde où le super-héros a différentes facettes, pour ne pas dire « look ». Un Miles Morales aka le nouveau Spider-Man qui n’hésite pas à lire les aventures de Peter « Spider-Man » Parker pour savoir comment tisser sa toile …

« Les ados, y a pas pire »

De surprises en surprises, le script pratique aussi bien l’autodérision que les variations de styles, jouant sur un gag de répétition ou des références souvent drôles (on ne peut pas s’empêcher de penser à Deadpool en voyant le 2e Peter Parker) et parfois touchantes (ce Stan Lee en gérant de magasins de produits dérivés). Ce « roman » d’apprentissage, loin de l’Amérique Wasp, donne lieu à un récit barré, avec des personnages attachants, sans oublier une psychologie assez fine dans ce micmac métaphysique et quantique délirant. Le plus étonnant est finalement d’y croire et de trouver cet enjeu tarabiscoté intéressant.

« - Combien y a de Spider-héros ? – Demande au Comic-con ! »

De ce « multivers » (l’opposé de l’uni-vers), on ressort évidemment les mêmes ressorts dramatiques : un Oncle Scar, une tragédie familiale, un trauma mal soigné, etc… Tout ça n’est qu’histoire de réconciliation et de transmission.

Les séquences d’action et celles plus posées s’alternent harmonieusement, au point, finalement, d’en faire le meilleur blockbuster de l’année, et peut-être l’un des meilleurs Marvel.

Et pas seulement grâce à cette histoire à côté de laquelle Interstellar est une leçon de sciences physiques pour collégien. Spider-Man : New Generation est avant tout brillant par son esthétique, à la beauté incontestable.

« Tu le fais sur commande ?»

L’originalité de son graphisme, entre univers urbain et jeu vidéo, ancré dans une Amérique moins Wasp et un dessin moins lisse, est en fait très fidèle aux bandes dessinées d’origine. C’est même un festival d’hommages au comics, avec des bulles, des onomatopées et des digressions visuelles (qui là encore fait penser à l’humour de Deadpool).
En maniant ainsi le second-degré par le visuel davantage que par les mots, le film provoque une rupture par rapport aux productions animées habituelles des studios, collant à son propos plutôt que de vouloir diluer sa singularité. Il y a une mise en abime des albums en les montrant à l’écran et en réutilisant leur « style ». Mais loin d’être un pastiche, le film décolle vers une grande fresque animée où coexistent un personnage de cartoon, un autre sans couleurs, une héroïne de manga et des mélanges stylisés inattendus (comme ce final psychédélique abstrait).

On se laisse ainsi emmener dans le parcours du jeune Miles Morales qui découvre qu’il y a un héros qui sommeille en lui. C’est d’ailleurs quand il s’apprête à faire son grand saut dans le vide (et se balancer ensuite de « toile en toile » à travers les rues de New York (sur fond de hip hop tripant) qu’on constate la fluidité de la mise en scène, la beauté de son image et la rigueur de l’écriture (la séquence est entrecoupée avec une autre sans que cela ne fasse factice ou pesant).

Cela contribue à en faire le meilleur film d’animation américain de ces dernières années, ciblant enfants, ados et adulescents sans jouer les opportunistes. Un vrai plaisir naît de ce divertissement qui ne réinvente rien, certes, mais digère toutes ses influences pour en faire une œuvre dingue tout en étant parfaitement formatée. Un peu comme le rubik’s cube qu’emporte l’un des personnages dans sa dimension. Un truc « qu’on ne comprend pas » mais qui nous rend accro.

« - That’s all Folks !
- Il peut dire ça ? Il n’y a pas de droits d’auteur ?
»
 
vincy

 
 
 
 

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