M, primé à Locarno, Namur et séville, est le documentaire choc du moment. Yolande Zauberman réussit à allier bienveillance et effroi, scandale pédosexuel chez les juifs ultra-orthodoxes et parcours d'hommes fragiles et touchants.



Comprame un revolver
Dernier amour
Du miel plein la tête
Entre les roseaux
L'homme qui a surpris tout le monde
Le corps sauvage
Le rêve de Sam et autres courts
Leur souffle
M
Qui m'aime me suive
Résistantes
Sauvages
Social Business
Sunset
Us
Walter



Roma
Les invisibles
Green Book: sur les routes du sud
Le château de Cagliostro
Un grand voyage vers la nuit
Sorry to Bother You
Tout ce qu'il me reste de la révolution
Une intime conviction
La Favorite
La chute de l'empire américain
Les funérailles des roses
Nice girls don't stay for breakfast
Les étendues imaginaires
Funan
We The Animals



Minuscule 2 - les mandibules du bout du monde
Dragons 3: Le monde caché
My Beautiful Boy
Nicki Larson et le parfum de Cupidon
Alita: Battle Angel
Deux fils
Les drapeaux de papier
Ralph 2.0
Vice
Destroyer
Euforia
Les moissonneurs
Grâce à Dieu
La grande aventure Lego 2
Le Chant du loup
The Wife
Celle que vous croyez
Le garçon qui dompta le vent
Marie Stuart, Reine d'Ecosse
Les éternels
Wardi
Captain Marvel
Exfiltrés
Le garçon qui dompta le vent
Le mystère Henri Pick
Stan et Ollie
Triple frontière
McQueen
Rosie Davis
Ma vie avec John F. Donovan
Convoi exceptionnel
Aïlo : une odyssée en Laponie






 (c) Ecran Noir 96 - 19


  



Donnez votre avis...


Nombre de votes : 0

 
Convoi exceptionnel


France / 2019

13.03.2019
 



DEUX PERSONNAGES EN QUÊTE D’AUTEUR





« Tout le monde s’élance dans le cul de Josette !»

9 ans que Bertrand Blier était absent. L’un des plus brillants scénariste et metteur en scène français a préféré le théâtre et les livres. Il n’a rien perdu de son plaisir à manier les bons mots, à prendre le meilleur de ses comédiens et à dynamiter toute narration conventionnelle.

On retrouve d’ailleurs de nombreuses influences à ses grands films – Buffet froid, Trop belle pour toi, les triolismes récurrents ou encore Merci la vie avec ce caddie ® que Depardieu pousse au début du film, métaphore de sa vie. Le cinéaste ne s’embarrasse pas d’un prologue : il entre dans le vif, c’est-à-dire l’absurde, avec brutalité.

Convoi exceptionnel poursuit ainsi cette veine surréaliste où la vie et la mort coexistent, où la fiction et la réalité s’entrechoquent, où il ne faut pas chercher de cohérence dans ces divagations impromptues (mais, hormis l’épilogue, pas improvisées) et ces digressions irrationnelles. On nous prévient d’ailleurs : « Et vous comprenez ce qu’il y a dans le scénario ? – Pas toujours. »
C’est insensé malgré toute la signification existentielle dont le film se pare.

Ici, la vie est un scénario. A priori, la fin est certaine : six pieds sous terre. Mais ici, nous sommes au cinéma. Comme insiste le producteur de bides interprété par Guy Marchand, « au cinéma on ne meurt jamais ». Même dans un script écrit des auteurs peu imaginatifs (hormis celui incarné par Alex Lutz), pourtant stimulés par une showrunneuse sans scrupules (Audrey Dana, parfaite), les scènes s’enchaînent telles que prévues, plus ou moins.

Bien sûr, il y a du cadavre, avec ou sans costard. Dans cette ville déshumanisée où les livreurs de pages roulent en voitures électriques silencieuses, il y a deux monstres envahissants, truculents, gargantuesques (pas pour rien que le film finit sur de la bouffe), qui se régalent des situations cocasses ou des répliques graveleuses.

Mais, étrangement, Blier n’a pas varié sa vision de l’humain, comme si l’époque et les mœurs n’avaient pas évolué depuis les années 1970-1990. Les femmes s’en prennent toujours plein la gueule (même si celui qui frappe son épouse opte pour le suicide en guise de justice expéditive). Certes, elles ont le droit à l’orgasme et à s’éclater avec des amants, mais elles sont réduites à des objets de désir, inatteignables ou soumises. Il faut tout le talent de Farida Rahouadj, Sylvie Testud et Alexandra Lamy (avouons-le sublime dans sa scène cruelle) pour qu’elles défendent des personnages à ce point maltraités par l’écriture. Dominatrices ou manipulatrices, fatales ou putes, elles contrastent avec des mâles paumés, dépassés, victimes, dont on pardonne les conneries.

Alors on préfère retenir autre chose : la fabrication d’une amitié improbable (Depardieu/Clavier, tous deux jouant leur partition sur du velours, malgré un peu de sur-jeu). On oublie les réflexions sur l’existence, sur l’incertitude de la vie, sur la finalité mettant tout le monde à égalité. « - J’ai essayé de mourir mais ça m’a pas emballé. – Moi j’ai essayé de vivre et c’est compliqué. »

Mais le public ne peut pas se satisfaire d’une fin aussi facile – s’ils le disent – et de toute façon ça aurait été un peu court. Au bout d’une heure dix minutes, le délire s’est passablement essouflé, la mécanique s’est un peu enrayée, et Blier n’a plus grand chose à dire. Alors il ose un twist, un renversement de situations. On inverse les rôles. Et on clôt cette amitié sur une conclusion perverse, où l’amour comme l’amitié ne seraient jamais vraiment sincères. L’âme humaine est bien sombre. Lourdement, Convoi exceptionnel, malgré quelques rires épars, se prend un gros mur : il est loin des classiques du cinéaste. Trop brouillon, pas vraiment abouti, le film est trop égotique pour être généreux.
 
vincy

 
 
 
 

haut