Wild Rose n'est pas seulement le film qui aura révélé Jessie Buckley. Entre réalité (sociale) et rêve (musical), le film est une pépite qui charme et enchante. Parfaits pour l'été.



100 kilos d'étoiles
Folle nuit russe
Her Smell
L'œuvre sans auteur
Le coup du siècle
Le Roi Lion
Le voyage de Marta
Les beaux menteurs
Navajo Songline
Persona Non Grata
Roads
Te Ata
Wild Rose
Yuli



Tremblements
Drôles de cigognes
Les météorites
Petra
Douleur et Gloire
Tous les Dieux du ciel
Parasite
Etre vivant et le savoir
So long, My son
Toy Story 4



Avengers: Endgame
Rocketman
Sibyl
The Dead don't Die
Amazing Grace
Greta
Les Particules
Men in Black International
Zombi Child
X-Men: Dark Phoenix
Spider-Man: Far From Home
Yesterday
Anna
Les enfants de la mer
Uglydolls
Vita & Virginia
Yves
Ville neuve
The Mountain: une odyssée américaine
Contre ton cœur
Bunuel après l'âge d'or
Bixa Travesty
Noureev
Tolkien






 (c) Ecran Noir 96 - 19


  



Donnez votre avis...


Nombre de votes : 1

 
El Reino


Espagne / 2018

17.04.2019
 



LA TORRE PREND GARDE





Rien de neuf sous le soleil d’Espagne. Mais admettons quand-même que le polar espagnol au cinéma vaut bien les polars nordiques en librairie. Si on prend plaisir à retrouver l’excellent Antonio de la Torre, qui lui-même retrouve son cinéaste de Que Dios nos perdone (2017), on se réjouit surtout, une fois de plus, d’être plongés dans ce marais nauséabond où politique rime avec traque et corruption avec sensations.

Haletant, le film a tout d’un exercice de style – virtuose – pour capter l’attention du spectateur, à la manière d’une série addictive. Car, c’est bien une proposition cinématographique qui cherche à sortir les accros au streaming à domicile en allant flatter leurs besoins d’adrénaline. Et ils ne seront pas déçus : le film est en permanence sous haute-tension, utilisant tous les codes du film policier, du casse à la course-poursuite.

Antonio de la Torre réussit d’ailleurs l’exploit de devenir sympathique au fil de ce récit où il a la mort (politique) aux trousses alors qu’il est pourri jusqu’au nœud de cravate. C’est d’ailleurs cet aspect qui reste en mémoire. Rodrigo Sorogoyen tente de comprendre pourquoi cette corruption endémique qui gangrène la démocratie espagnole est sir facilement pardonnée voire acceptée. Le cinéaste la critique, sans l’ombre d’un doute, mais démontre par la même occasion que le spectateur est complice. Le réalisateur pose les questions, sans jamais juger, et interpelle ceux qui se croient innocents.

Car si le scénario explique les faits véridiques, ce sont eux qui ramènent cette objectivité à leur subjectivité, autrement dit à leur propre vérité, persuadé d’avoir raison, ou au moins, d’atténuer les accusations. Entre orgueil et paranoïa, El reino navigue sur un fil où le mensonge est variable selon le point de vue.

Certes, Rodrigo Sorogoyen privilégie le spectacle, le cirque même, son rythme sans temps morts et son sens de l’épate. Il n’empêche, c’est bien de la noirceur qui se dégage de cette surdose de coups d’éclats pour tenter de chercher un peu de lumière.

Ce noir qui enrobe tout le film trouve ses nuances dans les personnages, des condamnés qui veulent survivre de leurs erreurs. C’est d’ailleurs quand il cesse de vouloir tout ramener à la psychologie et aux justifications que ce film prend définitivement le virage qui lui est destiné : un plaisir coupable de voir un thriller efficace où le réalisateur s’amuse à planter des aiguilles vaudous dans ses poupées semblables à des taxidermies qui s’agitent en vain.
 
vincy

 
 
 
 

haut