alsancak escort izmir escort buca escort bornova escort adana escort amasya escort aydın escort bilecik escort bolu escort burdur escort çanakkale escort çorum escort diyarbakır escort edirne escort erzurum escort giresun escort ısparta escort karabük escort karaman escort kilis escort kıbrıs escort kırşehir escort manisa escort muğla escort niğde escort ordu escort rize escort tokat escort yozgat escort escort konya konya escort konya escort bayan







1917 est une prouesse visuelle épatante avec ce faux plan séquence permanent qui suit deux jeunes soldats sur le front entre tranchées et snipers. Succès inattendu, le film de Sam Mendès est aussi parmi les favoris aux Oscars depuis son Golden Globe.



Adoration
Bad Boys For Life
Garanbadal
Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part
K contraire
La Llorana
Le photographe
Le réseau Shelburn
Luciérnagas
Nanga Parbat
Pygmalionnes
Qu'un sang impur
Scandale



J'ai perdu mon corps
Les misérables
The Irishman
À couteaux tirés
It must be heaven
Le Voyage du Prince
Ils aimaient la vie (Kanal)
Jeune Juliette
La vie invisible d'Euridice Gusmao
Marriage Story
The Lighthouse
First Love, le dernier Yakusa
Les filles du Docteur March
L'adieu
L'extraordinaire voyage de Marona
1917



La reine des neiges 2
Le Roi
Gloria Mundi
Chanson douce
L'orphelinat
Last Christmas
Proxima
Brooklyn Affairs
La Famille Addams
Lola vers la mer
Une vie cachée
Notre Dame
Star Wars, épisode IX : L'Ascension de Skywalker
La Vérité
Cunningham
Le lac aux oies sauvages
Les deux papes
Official Secrets
Les siffleurs
Les enfants du temps
Nina Wu
Swallow
Je ne rêve que de vous






 (c) Ecran Noir 96 - 20


  



Donnez votre avis...


Nombre de votes : 0

 
Le Voyage du Prince


France / 2019

04.12.2019
 



L’HOMME-SAGE





Chez moi, les singes ont du respect pour un étranger.

Le voyage du Prince, qui est plus un spin-off qu'une suite du Château des singes sorti en 1999, reprend le personnage du Prince, et le fait échouer seul et blessé sur un rivage inconnu, de l'autre côté de la mer. Recueilli par des scientifiques chevronnés qui en font leur objet d'études, il découvre une autre civilisation, plus avancée technologiquement que la sienne, mais basée sur une organisation quasi militaire, des injonctions à (sur)consommer en permanence, et une peur auto-entretenue. Le réalisateur réunit ainsi ses thèmes de prédilection dans un récit qui n'en est pas moins romanesque et souvent malicieux.

Son personnage principal, malgré, ou peut-être en raison de son âge, ne s'embarrasse guère de formalités, et joue quelques tours amusants à ses hôtes, dont il vient troubler la vie paisible. Il remet également en cause les croyances de cette société repliée sur elle-même jusqu'à l'immobilisme, et qui préfère nier l'évidence plutôt que se laisser bousculer par la nouveauté ou l'inconnu. Les Académiciens affirment sans trembler leur "supériorité morale" face un étranger qui ne peut être que "brutal et primitif", et toutes les preuves apportées ne sauraient avoir raison de leurs certitudes confortables. Jean-François Laguionie s'en donne ainsi à coeur joie lors de la scène éloquente de la présentation à l'Académie, dans laquelle l'ironie infuse dans chaque ligne de dialogue.

Il est alors facile de dresser des correspondances entre le monde où atterrit le Prince et le nôtre, dans lequel les étrangers, les naufragés, et globalement tout ce qui est un tant soit peu différent est considéré avec méfiance et angoisse, quand ce n'est pas avec haine. Ce sous-texte politique échappera vraisemblablement aux plus jeunes (le film est conseillé à partir de 7 ans), mais ils y trouveront autre chose, à commencer par une belle histoire d'amitié (entre le Prince et Tom, l'écolier qui le sauve) et d'aventure (lors de l'escapade à la "fête de la peur", ou dans la dernière partie qui conduit les personnages loin de la ville), beaucoup d'humour, et des décors souvent spectaculaires, qu'il s'agisse de la nature sauvage ou des deux cités que visite le Prince. Les enfants sont également tout à fait capables d'éprouver à leur échelle la notion centrale de rejet et d'injustice, qui peut malheureusement leur être déjà familière, ainsi que l'antagonisme entre la ville industrielle grandiose et la forêt qui tente de reprendre ses droits.

C'est aussi la grande beauté du film : s'adresser à tous les spectateurs avec des niveaux de lecture adaptés, et ne jamais douter de leur intelligence. La fin ouverte évite notamment tout angélisme, et si elle ne donne pas raison au pessimisme qui baigne tout le récit, elle laisse clairement percevoir le peu d'espoir que Jean-François Laguionie semble mettre dans ses semblables, à l'exception de ce Prince vieillissant (son double ?) qui est d'ailleurs condamné à une exploration solitaire du monde, sa curiosité et sa soif de découvertes l'excluant de fait des différentes sociétés qu'il rencontre.
 
MpM

 
 
 
 

haut