Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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Mauvaises fréquentations


France / 1999

20.10.99
 



   LES 400 COUPS





"- Tous ceux qui font des études finissent au chômage... "

Construire un film autour de personnages adolescents est un pari toujours périlleux, surtout quand il s'agit de traiter de la prostitution à laquelle fait face une partie de cette jeunesse. Ce défi, Jean-Pierre Améris n'essaie même pas de le relever. Juste essayer de présenter une réalité, sans aucun propos moralisateur.

Sitôt après avoir esquissé le quotidien de Delphine, jeune fille de quinze ans issue d'un milieu aisé, il rebrousse chemin: Delphine sera plus dure, plus excessive. Parce qu'il faut bien une fille ordinaire avec des idées représentatives, ses tourments et l'attirance pour son côté obscur. Le film scinde son rôle : d'un côté, la petite fille sage, bien élevée et bonne élève à l'école qu'elle a été; de l'autre, la putain qu'elle est devenue, par amour. Tout ça à causes de mauvaises fréquentations...

Olivia, "son double", fait entrevoir à Delphine d'autres possibilités et lui donne du goût à sa vie monotone. De fait, cette amie d'adolescence (entière, posessive, excessive) lui permettra de rencontrer l'amour avec Laurent, son premier amour, et un garçon diabolique, qui lui aussi cherche à remplir un avenir creux. Comme Delphine est une fille sensible et généreuse, elle en tombe follement amoureuse et prête à tout pour lui prouver son amour, jusqu'à s'offrir avec une pipe,... jusqu'à faire une pipe pour 50 francs à 400 garçons du lycée, pour qu'ils puissent tous partir en Jamaïque, le rêve de Laurent. Delphine l'avoue à Olivia: "Je veux aller jusqu'au bout de mon amour". "Tu es folle", répond Olivia à Delphine qui lui rétoque "Je suis heureuse d'être folle". Le désespoir à travers l'espoir.

Jean-Pierre Améris pose ici un vrai problème social. Mais au delà de cela - comme dans Les Aveux de l'innocent d'ailleurs - le cinéaste pose le problème de la reconnaissance, de ce besoin d'exister. Il fait preuve d'un talent certain pour donner de l'épaisseur à des personnages stéréotypés, pour camper une situation, et surtout diriger des comédiens novices dans le métier. Un air de Doillon... Du coup, si le film passe en-dessous de la barre du grand film social contemporain qu'il visait, son efficacité mélodramatiqye le rend non négligeable et nous donne envie de s'intéresser à l'avenir de son auteur.

Ce troisième film de Jean-Pierre Améris n'est pas sans rappeler des thèmes éternels évoquant un romantisme sombre, comme dans Les Soeurs Brontë ou L'Histoire d'Adèle H.. Mais ici, le cinéaste s'est inspiré d'un fait divers réel. Et c'est cela l'horreur qu'a voulu pointer du doigt ce film. L'horreur des jeunes filles amenées à se prostituer par amour, et que l'on retrouve seules, abandonnées sur le trottoir qualques années plus tard, quand ce n'est pas quelques mois. Et si c'est un problème de société, c'est aussi un problème familial, sur l'incommunicabilité entre parents et enfants.
 
chris

 
 
 
 

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