Avec Dark Waters, Todd Haynes s'invite dans le film engagé (côté écolo), le thriller légaliste et l'enquête d'un David contre Goliath. Le film est glaçant et dévoile une fois de plus les méfaits d'une industrialisation sans régulation et sans normes.



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15 février 1839


Canada / 2001


 



LA RUDESSE DE LA CORDE AU NOM DE LA LIBERTE





Liberté, indépendance, lutte. Prison, pendaison, mort. Tant de contrastes, tant de similitudes. 15 février 1839 revendique, dénonce et unit. Le film est en fait la preuve que la situation au Québec n'en est pas à ses débuts, qu'elle date de plusieurs décennies ; décennies de conflit et de bataille.

Huis clos historique à caractère humain, 15 février 1839 émeut. Tourné en huis clos, pour des raisons budgétaires, le résultat s'avère réussi. Cadrages serrés et gros plans font pénétrer l'univers de ces combattants, méconnus et oubliés. Le souffle de leur respiration, le froid mordant de la prison, la force de leur rage sont perceptibles bien en dehors de cet espace restreint.

Certains historiens ont reproché à Falardeau quelques inexactitudes historiques. Bien que le scénario soit basé sur les lettres et le testament originaux de De Lorimier, le cinéaste a cru bon ajouter quelques éléments aux derniers moments de ce personnage historique. Devant le résultat admirable qu'est le film, comment blâmer le réalisateur de ces ajouts ? Le mouchoir rouge, la déclaration d'indépendance de De Lorimier tout comme la teneur de la conversation entre ce dernier et sa femme ne sont qu'inventions. Mais inventions ô combien géniales lorsque, dans un drame historique, elles ajoutent une dimension humaine et sentimentale.

Dans 15 février 1839, aucun personnage n'est vraiment "secondaires". Chacun défend la place qui lui revient. Bien que le scénario gravite autour du Patriote Chevalier De Lorimier, on ne tombe heureusement pas dans le piège des " personnages-secondaires-mettant-en-valeur-le-personnage-principal".
De l'acharnement de De Lorimier à la tristesse de son épouse, le jeu des acteurs est prodigieusement émouvant. La performance de Sylvie Drapeau, particulièrement déchirante, montre la détresse qu'éprouve une femme vivant les derniers instants aux côtés de l'homme qu'elle aime. Quant à cet homme, incarné magistralement par Luc Picard, il transpire l'état d'âme de celui qui sait qu'il ne lui reste plus que 24 heures à vivre.

Dans ce film, les barrières tombent. Les hommes, durs combattants, pleurent, consolent et crient leur détresse. Les étrangers sont acceptés tant et aussi longtemps qu'ils demeurent "du bon bord".

La puissance de 15 février 1839 est telle qu'en dépit du fait que la fin est écrite dans l'histoire du Québec, on espère la voir changer en l'espace de quelques minutes.
 
valérie

 
 
 
 

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