Jean Dujardin n'en a pas terminé avec les films populaires (il sera bientôt dans un nouveau OSS 117) mais ces derniers temps, il opte aussi pour des chemins de traverse plus audacieux. Après le duo Kervern/Delépine, le voici à l'affiche du déjanté Le Daim de Quentin Dupieux,où il habite littéralement son rôle. On le retrouvera à la fin de l'année chez Polanski dans J'accuse.



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DE L'INTERIEUR





Al Pacino pourrait presque rimer avec Actor's studio. La Méthode. Il y a sûrement une méthode pour habiter avec autant de désespoir, autant de poids sur les épaules, des personnages désabusés, combattifs, comme des vieux lions qui n'ont plus de territoires à sauver, juste de très bons restes à manger. On ne peut qu'admirer Al Pacino tellement ses rôles ont marqué le cinéma, ses interprétations ont toujours été subtiles, nuancées, riches et justes. Même lorsqu'il doit en faire trop, il demeure au bon niveau.
Le meilleur film pour comprendre Pacino, sa passion pour son métier, sa façon de travailler et même sa vision du 7ème Art, du public comme du matériau brut (le script, la pièce), c'est bien sûr de voir son documentaire Looking for Richard, préparation minutieuse vue des coulisses de Richard III. Tout son Art est là. Venant de l'intérieur.
L'inspiration, l'aspiration ne suffisent pas. Il y a un don, quelque part. Don révélé dès ses premiers films, et notamment la célèbre saga des Parrains, mythologie à laquelle il apporte tantôt sa jeunesse, tantôt ses rides. Bref sa vie. Pacino est Michael Corleone.
Il est à ce titre emblématique du cinéma des années 70, héritier des Brando, Newman et autres McQueen, alter-ego de Nicholson, Hoffman, et bien évidemment De Niro. Ils ont été les gueules et les alures de personnages mémorables dans des films brillants, engagés, parfois lyriques, souvent sans concessions. Pacino tourne aussi peu qu'Hoffman, exigeants tous les deux. Il a une filmo essentiellement dramatique, avec une décennie magnifique comprise entre Le Parrain et Scarface. Il y aura Revolution en 85. Un film qui brisera sa carrière. Un four d'une part, une conspuation contre lui d'autre part. Il est mis au ban d'Hollywood. Les grands cinéastes avec qui Hoffman ou Nicholson ou Pacino faisaient osmose, sont tous sur la touche, n'en touchant pas une, ou choisissant un cinéma plus commercial. Seul De Niro résiste, tant bien que mal.
Sea of love marquera son come-back. Polar noir et romantique. Gueule cassée, paupière lourde, voix éraillée, Pacino a physiquement changé. Il a pris de l'épaisseur, de l'étoffe. Il est d'une autre génération. cette année là Hoffman et Nicholson sont au top, de nouveau. Le passage à vide est derrière eux.
Depuis, il joue avec son image, à varier le même thème : ni looser, ni héros; le personnage a vécu cherche rédemption, pardon ou justice. Ou un souffle de vie. Il remporte son premier Oscar (enfin), tourne un troisième Parrain (entrant dans la légende), fait face à De Niro, explore ses zones d'ombres avec excès (Dick Tracy, Devil's advocate) ou tout en gris clair et gris foncé (City Hall, Glengarry Glen Ross).
Pacino retrouve Michael Mann et découvre Oliver Stone. Des metteurs en scènes baroques et flamboyants. Il prend goût à la mise en scène. Il recherche la profondeur. Une sorte de vestige sans âge d'un cinéma qui n'existe plus. C'est de ce bois que sont faits les grands acteurs. Lui en fait un matériau inaltérable, quelque soit le genre dans lequel il nage, quel que soit la rage qu'il a à exprimer. Il sait que le cinéma qui l'a consacré n'existe plus. Alors, il opte de temps en temps pour une comédie amère (S1m0ne) et du Shakespeare (Le marchand de Venise). Il n'a plus rien à prouver.

vincy


 
 
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