Edward Norton se fait rare depuis Birdman et The Grand Budapest Hotel il y a 5 ans. Oh certes on l'a entendu dans Sausage Party et L'ile aux chiens. On l'a croisé dans Beauté cachée et il a fait un caméo dans Alita. Mais il faut dire qu'il écrivait, préparait, produisait, réalisait et jouait dans le film de sa vie, Brooklyn Affairs.



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De son vrai prénom Ronald, Christopher Walken commence très tôt (dix ans !) à jouer la comédie avec ses deux frères. Pour la plus grande joie de sa mère, il entre dans une école théâtre où en véritable enfant de la balle, il apprend à jouer, mais aussi à chanter et surtout danser. Il devient ainsi un remarquable danseur de claquettes. Cette formation lui permet de participer dès son plus jeune âge aux comédies musicales de Broadway, notamment ou aux côtés de Liza Minnelli dans la revue "Best Foot Forward". En 1966, Christopher aborde au théâtre le répertoire dramatique avec "La rose tatouée" de Tenessee Williams ou encore un "Lion en Hiver" de James Goldman.
Découvert par Sidney Lumet au théâtre, ce dernier lui offre son premier rôle au cinéma dans Le gang Anderson (1971). Woody Allen lui donne sa chance dans Annie Hall où il interprète le frère de l’héroïne. Son premier grand succès, avec pour partenaire une autre débutante : Sigourney Weaver. S’ensuit la reconnaissance dans des films a^pres, violents, ancrés dans l'époque tumultueuse et dans un cinéma en pleine renaissance : Voyage au bout de l’enfer (Michael Cimino), où il incarne Nick, un combattant du Vietnam fragile et suicidaire, traumatisé par la guerre. La scène où il joue à la roulette russe devant un Robert de Niro effaré reste un moment d’anthologie. De folie.
La critique le sacre « meilleur acteur du monde » et il reçoit l’Oscar du meilleur second rôle dans le chef d’oeuvre de Cimino. Trois ans plus tard, il retrouve celui-ci pour Les portes du Paradis, échec commercial légendaire.
Walken est comme les serpents, il change de peau, l'écorce est souple et résistante. Il survivra à tout.

Christopher Walken devient rapidement un des acteurs les plus cotés de sa génération au même titre que Dustin Hoffman ou Al Pacino, mais sans leur aura. Au début les années 80, sa carrière décline, mal à l'aise dans le formatage des studios, l'industrialisation du 7ème art. Peu de réalisateurs lui proposent des rôles à la mesure de son talent : faire abstraction de son physique singulier semble un défi. Excepté pour un David Cronenberg avec Dead Zone, d’après le roman éponyme de Stephen King contant les mésaventures d'un homme peu ordinaire doué d'un pouvoir médiumnique. Il est hélas mauvais dans Dangereusement vôtre, où il affronte un 007-Roger Moore en petite forme (c'est son dernier épisode). On notera davantage sa performance éblouissante dans At close range en père indigne de Sean Penn, autre tête brûlée d'Hollywood. Madonna chante le slow du générique ("Live to tell") et il incarnera la figure emblématique du père dans son clip "Oh! Father", quelques années plus tard. Respect.

1990 marque son grand retour grâce à Abel Ferrara, qui en fait son acteur fétiche. Christopher Walken tournera d’ailleurs pas moins de quatre films avec lui: le classieux King of New-York (1989), le noir The addiction (1995), le mélancolique (et beau) Nos funérailles (1996) et l'étrange New Rose Hotel (1998).
Passons outre un certain nombre de navets, en particulier le pitoyable Wayne’s World 2. Une filmographie heureusement réhaussée par d’autres films nettement plus passionnants. Il alterne les rôles alimentaires et les films d'auteur. Familier des personnages méchants ou allumés, sa réputation semble décidément charmer les cinéastes cultes des années 80-90, Walken trouvera ainsi sa place naturellement dans la famille burtonienne et tarantinienne. Il interprète successivement le sicilien sadique Vincent Coccotti dans True Romance, l’inoubliable capitaine Koons et sa montre dans Pulp Fiction ou encore le fou Max Shreck dans la suite des aventures du Batman de Tim Burton. Huit ans plus tard, il lui confie le rôle du cavalier sans tête de Sleepy Hollow. Un comble. Regard inquiétant, dents acérées. Sans aucune parole, et par son charisme, Walken effraye les habitant du village et glace le sang des spectateurs au passage.

Silhouette longiligne et regard hypnotique: Christopher Walken n’a pas fini d’hanter de par son inquiétante image les futurs rôles de maniaques et psychopathes que les réalisateurs voudront bien lui confier. Finalement indémodable, son magnétisme séduit chaque nouvelle génération de réalisateurs. On en voudra pour preuve le fait que Spike Jonze l'ait choisi pour illuminer de sa prestation chorégraphique le tout dernier clip de Fat Boy Slim, un tabac sur MTV. On oublie que Walken fut danseur. Il nous le rappelle. Et impose sa grâce sur tous les petits écrans, dans l'un des meilleurs clips de ces dix dernières années.
Walken semble prend son métier plus à la légère : cinéaste allumé défendant son "final's cut" dans une comédie avec Julia Roberts, père désemparé, désespéré et digne chez Spielberg, il nous fait oublier avec ces quelques éclats des navets et séries Z du type Kangaroo Jack, Gigli, The Stepford Wives. Il se fout de la cohérence. Il n'est jamais aussi bon que dans les extrêmes : regards dépressifs ou allumés, comique à l'excès ou dramatique à outrance, Walken, bizarrement, ne prend son pied que lorsqu'il le bouge. Il danse toujours. Plus qu'il ne marche, plus qu'il ne court...

hervé, vincy


 
 
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