Jonah Hill ne veut peut-être plus jouer les rigolos de service, mais ça ne l'empêche pas de rempiler joyeusement pour la franchise 21 Jump Street. Vu le succès du film, pourquoi s'en priver ?



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Daniel Michael Blake Day Lewis est reconnu comme un des meilleurs acteurs de ces deux dernières décennies. Rien d'étonnant pour ce romantique, issu d'une famille d'artistes. Son père, l'irlandais Cecil Day Lewis, était Poète Lauréat. Réputé par delà les nuages d'Albion, il écrivit une ode au "Nouveau Né" : "Bienvenue au monde, mon enfant, sonnent les cloches de joie de la floraison." Rien que ça. Dans les vers suivants, le père le remet à sa place : douleur, trahison, vérité qui glace... Son grand-père maternel, Michael Balcon, dirigeait les Studios Ealing. Le mélange des tourments et du sang donnera l'un des plus brillants comédiens de sa génération, mais aussi l'un des plus rares.

Daniel Day Lewis grandit à Greenwich, banlieue londonienne de classe moyenne qui met les horloges à l'heure. Comme il le souligne, ce lieu l'a conduit à jouer la comédie dès son enfance : "J'ai appris à être acteur très tôt dans ma vie. J'étais juif, irlandais et avait un accent chic. Pour survivre, j'ai dû adopter l'accent et le comportement ouvrier chaque fois que je sortais de chez moi." Il n'a que quinze ans lorsque son père décède. Son éducation à la Sevenoaks School, dans le Kent, le contraint à un autre genre de survie. Il ne trouve pas sa place dans cette institution, très british et normalisante, où tout est régi par le code d' honneur. Pour Daniel Day Lewis cet endroit n'a rien d'humain : "vous ne parlez jamais de votre souffrance. Vous devez donc le faire en silence. Ou vous isoler et hurler." Dès lors, l'ébénisterie et la comédie deviennent ses exutoires. Il trouve enfin sa vocation.
Daniel Day Lewis part étudier les arts dramatiques à la Bristol Old Vic Theatre School. En 1971, il apparaît dans le film américain Un dimanche comme les autres (Sunday bloody Sunday, de John Schlesinger) ; un petit rôle de jeune voyou pour lequel il n'est pas crédité au générique.

C'est au théâtre que Daniel Day Lewis s'impose. La décennie suivante, ses interprétations au sein de la Bristol Old Vic et de la Royal Shakespeare Compagny le révèlent. Il réalise de notables performances dans Another Country (1982-1983) et Dracula (1984). La critique new-yorkaise lui fait une ovation pour sa prestation dans Futurists (1986) et lui décerne le Prix du meilleur second rôle.
Parallèlement, David Day Lewis réapparaît devant la caméra : un petit rôle dans la superproduction Ghandi (1982). La même année, il joue dans plusieurs téléfilms dont "How many miles to Babylon", de Moira Amstrong. En 1984, Roger Donaldson lui offre un vrai second rôle dans Le Bounty. 1985 sera l'année de la consécration : un premier rôle dans le beau My beautiful Laundrette ; une production qui, au départ, se destinait à la télévision. Le film est un triomphe international. Il sort en salles le même jour que Chambre avec vue : Daniel Day Lewis s'impose définitivement.

"Si je pouvais, je me contenterais de préparer les films et ne les tournerais pas." (déclaration de 1996)
Implication personnelle, exigence, volonté farouche de comprendre les personnages qu'il interprète : Daniel Day Lewis est un acteur de composition. Il se livre entièrement. Chaque nouveau film est pour lui un challenge, l'occasion d'atteindre le plus profond de lui-même. Ainsi, sur le tournage de My left foot (1989), il s'interdisait de se lever, entre deux prises, pour mieux comprendre son personnage : un peintre handicapé. Son interprétation sera récompensée par l'Oscar du meilleur acteur, en 1989. Pour Le dernier des Mohicans, il a appris à écorcher des animaux et tirer au mousquet. Pour son rôle dans Au nom du père (1993), il s'est fait enfermer en prison et exigeait que les gardiens le réveille tous les quarts d'heure. Sur les quatre mois de tournage du Boxer, il s'entraînait deux heures par jour, six jours sur sept, avec le champion Barry McGuigan. Lors du tournage de Gangs of New York, il continuait d'user l'accent de Bill le Boucher (prestation charismatique et rematquable, sataniste comme cela lui va si bien) alors que l'équipe déjeunait...
Pour Daniel Day Lewis, le temps est un précieux allié. Il tourne rarement plus d'un film par an. Cette façon de travailler fait sa force et lui permet d'incarner pleinement des personnages très différents les uns des autres. "J'approche mes rôles non pas comme un acteur mais en tant que personne". Il adore observer les gens, analyser leur attitude, leur regard, et deviner leurs sentiments. "Si je pouvais, je me contenterais de préparer les films, et ne les tournerait pas ; mais personne ne me payerait pour faire ça." Insatiablement curieux, patient, réfléchi, il ne s'engage jamais sur deux films à la fois. Il a ainsi refusé le rôle que tenait Tom Hanks dans Philadelphia ou encore celui de Tom Cruise dans Entretien avec un vampire. Mais bien d'autres encore : Le seigneur des anneaux, La Liste de Schindler...
"Je travaille quand je ressens le besoin de travailler." Dans ses périodes creuses, Daniel Day Lewis avoue être un véritable paresseux. Il ajoute que ces moments lui sont indispensables pour mieux s'abandonner, ensuite, à de nouveaux rôles."A chaque fois, les gens parlent de mon retour. Mais je n'ai jamais dit que je m'en allais. Comme si le fait de ne pas tourner voulait dire que tout s'arrête. Pour moi, au contraire, cela veut dire suivre ma curiosité, profiter des choses de la vie."

Le drame, la romance et l'aventure restent ses genres de prédilection. Homme de conviction, il sait évoluer dans les fresques historiques. Il reste l'acteur fétiche du réalisateur irlandais Jim Sheridan, dont le cinéma développe la question de l'Irlande du Nord, dévastée par la guerre civile. L'Irlande : une obsession pour Daniel Day Lewis. "J'ai grandi en Angleterre. J'ai été éduqué en Angleterre. Mais je me suis toujours senti à part, étranger. Mon père était irlandais et je suis fier qu'une partie de moi soit irlandaise." Depuis longtemps, Daniel Day Lewis est attaché à la cause irlandaise. Plus que ça encore : il revendique un sentiment d'amour profond envers ce pays. Son plus fervent espoir : voir, un jour, l'Irlande du Nord vivre dans la paix.
Entre The Boxer (1997) et Gangs of New York (2002), Daniel Day Lewis n'est pas réapparut à l'écran. Comme Adjani, ancienne compagne. Hasard? Ils allaient si bien ensemble. On l'a traité de salaud lorsqu'il la quitte, enceinte... La tragédienne laissée tombé par le tourmenté : quelle plus belle fin de cinéma? Loin du star system, ces dernières années ont été pour lui l'occasion de s'ouvrir au monde. Ainsi, en 1999, il travaillait comme apprenti cordonnier à Florence ; une autre manière de satisfaire son insatiable appétit de connaissance. En septembre 2001, il a défrayé la chronique en se portant bénévole au secours des victimes des attentats du World Trade Center. Daniel Day Lewis fait son retour à l'écran en 2002, dans l'épique et sanglant Gangs of New York, de Martin Scorsese : un rôle qui, une fois de plus, était synonyme de performance. Boucher et maffieux, méchant et mentor, il écoutait du Eminem pour exprimait sa rage devant la caméra. Il est rare. Mais reconnaissons qu'il est aussi exceptionnel.

L'acteur, qui oscille entre le magistral et le virtuose quand il s'agit de prendre un rôle à bras le corps, reste rare au cinéma. Après son personnage ultraviolent chez Scorsese, il attend trois ans avant de reprendre le chemin des plateaux pour The Ballad of Jack and Rose de Rebecca Miller. Un drame père/fille qui ne trouve pas son public. Deux ans plus tard, il explose dans There Will Be Blood en pétrolier richissime, dément, cupide, amoral. Paul Thomas Anderson lui permet d'obtenir un nouvel Oscar. Il est idéal dans la démesure et se plait à jouer les tournemtés. Comme pour s'offrir un peu de légereté il incarne ensuite un clone dérivé de Fellini dans la comédie musicale (ratée) Nine. A l'aise en chanteur, en danseur, en dépressif, en conquistador des plus belles femmes du moment, Day-Lewis prouve qu'il peut être un film à lui tout seul...
Mais, toujours exigeant, plus que jamais conduit par un désir qui doit être passionnel pour qu'il s'investisse dans un projet, il refuse de nombreux rôles. Même quand Spielberg lui propose Lincoln. DiCaprio joue les médiateurs, le scénario est revu de fond en comble, et finalement le comédien accepte de se transformer en président des Etats-Unis, le 16e de l'Histoire. De nouveau il récolte honneurs, gloires, critiques dithyrambiques, prix et autres satisfecits. Il se sait unique. Sa rareté est sa richesse. Présieux joyaux du cinéma, Day-Lewis construit son culte aussi bien qu'il prépare ses personnages. Lincoln est surtout son plus gros succès public en Amérique, loin devant Le dernier des Mohicans, son dernier gros succès, vingt ans auparavant.

Un bout de glaise comme écrivait son père qui s'est modelé avec l'école publique, le foot, les bagarres, les idéaux socialistes, un pensionnat régit par la dureté... La mort du père qui lui vaut un séjour en Hopital Psychiatrique (overdose d'aspirine). Le sang encore et toujours. Celui qui coule dans les veines, celui qui monte au cerveau, celui qui tâche les mains. Incapable de jouer Hamlet. En 1989, en pleine représentation, il s'enfuit, halluciné : "Le fantôme de mon propre père. Et ce qu'il m'a dit était impossible à supporter."
Son métier est son refuge. Ou un assistanat. Avec sa femme, Rebecca Miller, elle-même fille d'un grand auteur, le dramaturge Arthur Miller ("Arthur aimait les plaisirs de la vie, discuter avec ses voisins, bricoler. Mon père restait prisonnier de son esprit."), il trouve son double. Elle lui écrit et le film dans une balade fusionnelle et cinématographique... Lui cherche toujours la porte pour s'enfuir, ou pour s'ouvrir...

sabrina, vincy


 
 
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