Hafsia Herzi n'est pas absente du cinéma. On l'a vue dans Fleuve noir, Persona non grata, les deux volets de Mektoub My love en tantine ces derniers mois. Mais elle s'offre un rôle bien plus important et bien plus intense avec son premier long métrage de réalisatrice Tu mérites un amour, au premier plan devant comme derrière la caméra. Ce qui lui a valu un Valois de la mise en scène à Angoulême. Elle sera au générique du biopic Madame Claude de Sylvie Verheyde.



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ELLE A (PRESQUE) TOUT POUR ELLE





Gwyneth Paltrow est blonde. Pas vraiment belle avec cette machoire trop carrée, mais indéniablement charmante. Héritière d'un producteur puissant, célèbre, et ami à Spielberg. Sa mère est aussi plutôt connue comme actrice de théâtre. Gwyneth a ce côté un tant soit peu agaçant des jeunes filles trop bien élevées, un aspect lisse et politiquement correct. Même la folie ou la spontanéïté semblent calculés. Trop WASP?
On la croierait à l'image de Viola, l'héroïne de Shakespeare in Love. Issue d'une bonne famille, bienvenue à la cour depuis son plus jeune âge, rêvant du grand amour et de poésie, cherchant à s'échapper d'un destin trop tracé. Prête à tous les détours pour éviter le carcan hollywoodien. Alors Gwyneth Paltrow cherche les rôles de prostitués (Hard 8), avoue adorer Fargo, alterne les genres: une comédie indie britannique, un film romantique anglais à costumes, ou encore ou une comédie romantique à costume shakespearienne. Hum.
Ce serait réducteur. 1998 aura, été sa plus belle année en 14 ans de carrière. C'est loi 1998... Elle débuta dans le rôle de Wendy dans Hook. Après avoir été décapitée dans Se7en, fin prémonitoire de son mariage avorté avec le beau Brad, elle enchaîne les films où l'amour est roi. Après tout elle a des airs de princesse made in Disney. En Grace Kelly moderne (donc amorale) ou en Juliette travestie en garçon, elle tente de changer de peaux, comme pour mieux décoller la sienne. Après avoir été la fille de, la fiancé de, la poupée tente d'exister toute seule.
En refusant de faire The Avengers pour jouer dans Shakespeare in Love, elle fait le bon twist, et rafle la mise (Prix, succès, etc...). Elle continue de jouer dans des films à petits budgets (avec des rôles de femmes fraîches et dynamiques) comme dans les productions de studios. Productions qui pourtant la rendent caricaturale, sous exploitant son talent, et surexposant son image proprette.
Sa filmographie est à ce titre plutôt prometteuse. Paltrow sélectionne ses films en mettant la priorité sur la qualité du scénario. Elle n'a pas convaincu Cameron pour Titanic...Mais après un 3ème remake (celui de Plein Soleil, avec Matt Damon), Gwyneth a intérêt à élargir son registre. D'autant que Monsieur Ripley n'a pas laissé un souvenir fracassant, malgré un casting doré...
Après Damon, elle s'est jeté dans les bras du copain, Affleck, dans une comédie romantique ratée, Bounce. Sa loyauté au papa l'a même entrainé dans l'un de spires films de l'an 2000, Duets, où elle pousse péniblement la chansonnette avec un revenant, Huey Lewis...
On reconnaît quand même sa capacité à se glisser dans les personnages les plus inattendus : obèse Rosemary chez les Frères Farrelly, romancière autodestructrice et incestueuse chez Wes Anderson, hôtesse de l'air un peu conne ou égérie blondissime dans des navets... Elle n'est pas très indulgente sur certains de ses films. Depuis 2001, la Gwyneth se fait oublier, vie privée oblige.
Des univers variés pour tenter de séduire un public large. Car pour le moment, il s'agit d'une vedette parmi d'autres; elle aurait pu être dans le casting de Friends ou lolita sur scène... A force de vivre dans un cocon platiné, il est difficile d'avoir un vécu, matériau essentiel à tout acteur... Alors elle a fait des bébés, déménagé à Londres, et obtenu le rôle dans Proof, pièce très tendance dont elle a créé le rôle à West End avant de le porter au cinéma. Mais le film ne sort pas en France et s'offre des diffusions DVD sans passer par les salles dans certains pays.

Finalement, en milieu de trentaine, elle est surtout réputée pour ses nombreuses couvertures de magazines de mode. Joli minoi idéal pour Elle ou Cosmo, elle maintient sa notoriété avec ses tenues toujours de bon goût et sa relation avec le chanteur du groupe Coldplay, Chris Martin. Deux enfants (qu'elle chérit) plus tard, elle ne parvient pas à revenir en haut de l'affiche. Jamais Oscar n'a paru aussi prématuré... Paltrow, trop pâle? Plus exigeante surtout et pas carriériste. Après de nombreux fiascos (Possession, View from the Top, Sylvia, Sky Captain, Infamous, Love and other disasters, Running with Scissors , The Good Night), et globalement après 7 ans de réflexion entre les Tenenbaums et Iron Man, Gwyneth veut faire oublier la gravure de mode pour révéler la comédienne dont on peut parfois douter du talent.
Profitons-en pour faire un aparté. Comment peut-on douter de son talent? Peut-être parce que la jeune demoiselle n'a jamais trouvé de grand réalisateur pour l'émanciper. Il ne suffit pas de minauder et pétiller des prunelles pour charmer le spectateur. Lorsque wes Anderson la transforme en fille adoptive et romancière tourmentée de la Famille Tenenbaum, épouse déçue de Bill Murray, soeur amoureuse de Luke Wilson, elle est merveilleusement décadente et dépressive, à fumer en cachette et prendre des bains nonchalamment. Et nul ne doute que sous la direction de James Gray, face à Joaquin Phoenix, dans Two Lovers, elle devienne le papillon tant attendu. Déjà, en se muant en secrétaire de super-héros, face à Robert Downey Jr, elle parvenait à réussir ce qui avait échoué dans Sky Captain : le second degré dans une production de qualité. Paltrow, comme ces actrices des années 50, a besoin, pour briller, deun comédien qui a du relief et de la carrure en face d'elle ; contrairement à Julia ou Reese, elle ne peut pas exister seule face à la caméra.

vincy


 
 
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