Julia Roberts revient au top avec Wonder. Le mélo familial entre rires et larmes l'a propulsée de nouveau aux sommets du box office nord-américain, une première depuis 7 ans. Depuis elle avait été sur les planches à Broadway, foulé le tapis rouge à Cannes, affronté Meryl Streep, brillé dans The Normal Heart à la télé... On l'attend désormais dans Ben is Back de Peter Hedges, un drame avec Lucas Hedges prévu pour l'année prochaine.



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FORDISME





Direct. Cynique. Franc. Conservateur. Démocrate malgré tout. Américain. Voilà comment apparait Harrison Ford. Le John Wayne de l'ère des blockbusters.
Très soucieux de son image, ce pro du star-system choisit son look, ses réalisateurs, ses partenaires. 25 millions de $ désormais par films, et un diam's à l'oreille gauche.
Il a été successivement Han Solo, Indiana Jones, Jack Ryan. Les plus grands héros de notre imaginaire actuel. Et même un Président des USA qui sait "botter le cul des terroristes"!
Héros malgré lui, celui qui, par maladresse, choisit toujours le mauvais chemin pour atteindre le bon objectif (une belle, la gloire ou encore un semblant de justice dans ce monde de pourris). Mais au Box Office il est sur une voie royale en téant un habitué des Top 5 de l'année.
Le sourire en coin, il a du mal à convaincre en smoking. Séducteur, il échoue dans le romantisme (6 days 7 nights comme Random Hearts ne parviennent pas à convaincre le public). Il excelle dans le thriller et l'Aventure; et même l'horreur soft avec What Lies Beneath, hit surprise, où il étonne en méchant mari...
Mais le public aime le Ford qui gagne, les coeurs ou le Graal. Plus que populaire, il est le symbole du cinéma de divertissement. De Lucas à Spielberg, il incarne le cinéma des blockbusters, les hits légendaires et cultes devenus des classiques du 7ème Art. Il a une classe innée, même mal fagoté en cowboy des temps modernes. Il est crédible en toutes circonstances, que ce soit en donnant les coups, ou en s'en prenant plein la gueule. Il a su briller en amoureux timoré, en fils de James Bond, en sauveur d'un cauchemar vaudou, en espion de la CIA...
Pourtant, c'est dans des films comme Witness ou Blade Runner, dans des oeuvres un peu décalées, des rôles pas forcément gratifiants, là où il se montre dur à cuir mais vulnérable, sensible mais introverti, qu'il nous plaît le plus. C'est aussi ces films là qui ont épaissit sa stature d'acteur. Son film favori est ironiquement son plus gros bide, Mosquito Coast. Car, on sent qu'il a envie d'autres choses que de lassos et de chapeaux, de combats avec des singes poilus ou des enguelades avec des supérieurs hiérarchiques... Dans Sabrina, il reprend sans sourciller le rôle de Bogart. Dans 6 days 7 nights, il s'aligne sur les pas de Montand. Il cherche d'autres territoires, n'hésite pas à assumer des productions médiocres. Il refuse The Perfect Storm (Clooney), The Patriot (Gibson), Proof of Life (Crowe), Traffic (Douglas)... Il abandonne Jack Ryan (Affleck). Il pense encore à Indy. Il se suicide commercialement avec Hollywood Homicide, trop farce, trop peu crédible.
Harrison Ford ne cherche pas les prix, ni les performances. Il affiche même une certaine nonchalence dans son jeu, et dans ses interviews. Il habite loin de Hollywood. Comme il est loin le temps des Polanski et Weir qui lui donnaient sa chance. Il est plutôt de gauche, croisant Clinton et le Dalai Lama, plutôt humaniste et écolo. Il déteste qu'on exploite les enfants dans des films violents. Il assure le strict minimum syndical côté promo : si le job lui demande de gérer le produit qu'il est comme un pro du marketing, la vie est ailleurs. Un homme simple en quelques sortes. Mais pour être acteur, il faut bien avoir quelques démons?
Lui dit qu'il aurait pu faire charpentier... Ca lui aura moins servi à trouver la bonne coupe dans le troisième Indiana Jones, le rendant éternel dans l'esprit de ses fans... En attendant, il préfère roucouler avec Ally McBeal. Nonchalent jusqu'au bout?

vincy


 
 
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