Malgré pas mal de déceptions au box office depuis 8 ans, Will Smith continue de conforter son statut de mega-star avec le carton de Bad Boys for Life, après celui d'Aladdin l'an dernier. En attendant un éventuel Bad Boys 4, l'acteur prépare King Richard, sur le père des soeurs Williams, et The Council, autre histoire vraie sur une mafia afro-américaine de Harlem dans les années 1970.



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FENETRE SUR TOUJOURS





James Stewart rejoint Gloria, et la Gloire. Sa femme, qu'il a perdu il y a 3 ans, après 47 ans de mariage. Et l'hommage unanime politico-artistique au Mr.Nice Guy. Le Président des Etats Unis, Bill Clinton a déclaré que "L'Amérique a perdu aujourd'hui un trésor national". L'un des derniers rescapés de l'Hollywood des années 50, Charlton Heston, a salué l'acteur et l'homme: "Il était profondément patriote, profondément professionnel, un acteur de talent. Et peut-être plus important encore, c'était un gentleman."
Ce sont ces qualificatifs qui sont le plus souvent revenus pour le définir. Un jour après une autre légende (beaucoup moins Politically Correct, et donc moins louangée....), Robert Mitchum, James Stewart nous quitte à 89 ans. Autant Mitchum était mal aimé, jamais récompensé, autant Stewart était le chouchou de Tinseltown.

Né le 20 mai 1908, il est fils d'un quincailler, diplômé en architecture, et sans doute l'un des plus grands comédiens du siècle. Sa filmographie comporte quelques bijoux du cinéma. Les plus grands noms sont associés à sa carrière.
Traînant son élégance et dévoilant chacune des facettes de l'inquiétude et de la curiosité, il semblait un grand enfant naïf. Cette innocence (qui a comme unique comparaison celle de Tom Hanks) n'est qu'apparence. Souvent courageux dans ses rôles, à la rectitude morale impeccable, il symbolise une Amérique aux valeurs familiales.
En 96 films depuis 1934, il a ainsi prêté sa silhouette à Hitchcock (4 chefs d'oeuvre!), Cecil B.De Mille, Otto Preminger, John Ford, et surtout Frank Capra.
Capra lui donne son premier grand rôle (avec nomination Oscar à la clé): Mr Smith goes to Washington. De 1939 au milieu des années 60, sa popularité n'a jamais diminué. Et même encore maintenant, il appartenait toujours aux personnalités les plus chéries du public américain.
Un an avant Pearl Harbor, il s'engage dans l'armée. Un authentique héros avec un Oscar dans la poche. Car en 1940, en donnant la réplique aux immenses Katharine Hepburn et Cary Grant, dans The Philadelphia Story (George Cukor), il obtient son unique statuette (sur 5 nominations). Il faudra qu'il attende 1984 pour recevoir un Oscar récompensant une des carrières les plus riches du cinéma américain.

A la fin de la guerre, il reviendra dans l'univers Kapraien, pour être le père de famille de It's a wonderful life, le film favori des Américains au temps des fêtes. Un éloge de la famille plein de bons sentiments. Pourtant, il s'orientera vers des personnages plus ambigüs, avec des cinéastes beaucoup moins "sociaux" et sociables. Hitchcock, c'est une rencontre en 4 films, qui n'a aucun équivalent dans la carrière du maître. Deux huit-clos: inquisiteur dans La Corde, mateur dans Fenêtre sur cour (avec la brûlante Grace Kelly). Et deux épopées: à l'intérieur de ses propres obsessions dans le magnifique Vertigo, et du Maroc à Londres dans L'Homme qui en savait trop.
Ces 4 rôles ont permis à Stewart de dépasser son public classique (les familles), et l'immortalise auprès des cinéphiles d'aujourd'hui. Le succès de la reprise de Vertigo en 96 confirme la justesse de ses choix. Du Western à la comédie, en passant par les films à suspens, il s'essaie à tous les genres. Clown criminel ou avec immobilisé une jambe dans le platre, il n'hésite jamais à relever certains défis.
Comme tout acteur de son époque, il aura joué avec des actrices sublimes: Janet Leigh, Kim Novak, Doris Day, Lee Remick. Il eut l'occasion de jouer face à d'autres monstres sacrés: George C.Scott, Ben Gazzara, John Wayne, Charlton Heston...

Aux cotés de Clark Gable ou Cary Grant, il apparaît certes un peu plus fade, beaucoup trop "propre", pas assez fauve ou félin. Pourtant, à travers des oeuvres très différentes, des rôles d'homme inquiet, en proie à des dilemnes, il cristallise tous le manicheanisme américain. James Stewart ne joue jamais les méchants. Il est le Bien. Même meurtrier, c'est un clown triste, un médecin qui sauve des vies, un criminel repenti. Il recherche la solution à l'inexplicable, il tente toujours de corriger les erreurs commises.
Son image d'ailleurs n'a jamais été ternie. Colonel (le plus haut titre militaire jamais porté par un homme de spectacle), il a été de nombreuses fois médaillé. Il a aussi reçu les honneurs des fondations les plus prestigieuses des USA, depuis les années 80. Ses poèmes ont été édités en 1989. Il a crée un Marathon à son nom pour financer des oeuvres de charité.
Mais plus qu'un patriote, il est l'un des premiers acteurs à négocier des pourcentages sur les profits de ses films. Il deviendra millionaire très rapidement.

L'Américain Idéal et vénéré. Dans l'une de ses récentes interviews, il disait: "J'ai eu l'habitude de choisir des rôles de gars vulnérables, le mec qui fait des erreurs, celui qui ne peut pas se figurer toutes les conséquences de ses actes, mais qui garde le contrôle."
Il n'empêche. Même John Ford le concédait: "Il était tout le temps bon. Tout le monde l'aime."
Jimmy trépassé, lentement la Mémoire d'un Hollywood passé se ferme sur les cercueils. Il s'est d'ailleurs battu durant ses 10 dernières années pour que les films en Noir et Blanc ne soient pas colorisés.
Il a combattu notamment la colorisation de It's a wonderful life" dans lequel il a cette phrase: "Je suppose que ça aurait été bien mieux si je n'étais pas né du tout." Est-ce si sûr?

Vincy - 1997


 
 
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