Isabelle Huppert n'en finit plus de jouer les femmes maléfiques, veuves ou seules, perverses ou simplement manipulatrices. Si on peut se lasser de ces rôles répétitifs au cinéma, elle sait aussi créer l'admiration avec ses performances au théâtre (en ce moment mise en scène par Bob Wilson dans Mary said what she said). A l'écran, on la reverra dans La Daronne de Jean-Paul Salomé, une comédie policière, et Luz de Flora Lau.



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JAVIER DE DIAMANT





Javier Bardem est né dans le cinéma. Issu d'une généalogie dédiée au 7ème art, cet acteur prodigieux, par son physique, sa diversité, et sa subtilité rappelle Depardieu à ses débuts. Avec la même force, le sens de la nuance, la recherche de personnages fascinants et de cinéastes émergeants ou singuliers, Bardem a crevé l'écran quand Depardieu a préféré s'embourgeoiser.

Aujourd'hui, il est un des comédiens européens les plus adulés par le public et les plus applaudis par la profession. Bien sûr un Antonio Banderas a ouvert la voie royale vers Hollywood. Mais Bardem a eu pour lui l'honneur d'être le premier acteur espagnol à être nominé à l'Oscar du meilleur acteur. Il collectionne les prix, mais mieux, ses films récoltent à la pelle les récompenses.

Découvert par la comédie à l'humour noir Jambon Jambon, il est rapidement apparu comme un nouveau sex-symbol, très mâle - sous-entendu poilu et viril. Mais Bardem a très vite démontré son immense talent en incarnant des rôles nécessitant des défis. Si pour le monde entier, Bigas Luna fut le révélateur du génie de Bardem, celui-ci avait galéré dans des tournées théâtrales dès son adolescence, avant d'apparaûtre à la télévision. C'est d'ailleurs en caméraman de TV qu'Almodovar l'habille pour Talons Aiguilles.

Pour Bardem, le plus dur ne fut pas de jouer un rôle impossible mais bien de se départir de cette image de macho de calendrier. Il explose en même temps que la nouvelle génération de comédiens espagnols : Pénélope Cruz, Liberto Rabal, Javier Camara, Sergi Lopez... Mais il ne se gêne pas pour jouer avec l'ancienne. A 28 ans, Almodovar l'engage, de nouveau, mais pour un rôle principal dans Carne Tremula. Cette année-là sera celle du virage.

La notoriété du réalisateur à l'extérieur de l'Espagne lui permet d'être vu autour de la planète. Javier Bardem joue un flic blessé, handicapé, sur une chaise roulante et adepte de basket ball. Loin de son image de mec qui en a (entre les jambes). Dans le même temps, il tourne son premier film en langue anglaise, qu'il baragouine : Perdita Durango. De drames en comédies en passant par les polars, Bardem ne s'offre aucune limite, et franchit toutes les frontières, sans renier forcément son attachement à un cinéma d'auteur.

Bardem passe la trentaine en état de grâce et avec les honneurs. Il accepte de tourner l'auteur cubain persécuté Reinal do Arenas, suicidé à 47 ans, atteint du SIDA, ouvertement gay, mais né dans le mauvais pays pour la liberté de pensée et d'agir. Before Night falls lui vaut un immense succès critique et une belle reconnaissance pour un travail de comédien bluffant. Cet être que le corps destine à des rôles d'action devenait étrangement élastique, féminin, sensible, fragile. A l'origine du désir d'artiste de Bardem, il y avait la peinture. Il avait même étudié à l'Ecole des Arts de Madrid. Voyant qu'il ne fera jamais un bon peintre, il avait cumulé les petits jobs, y compris écrivain. Il devint acteur, avec un nez cassé (par un inconnu, sans aucune raison). Un acteur de la trempe de Pacino, prêt à perdre 15 kilos et pratiquer l'accent cubain pour être crédible dans un rôle.

Après cette performance, Bardem continue d'être exigeant, contrairement à Banderas ou Cruz, légèrement aveuglés par les paillettes hollywoodiennes. Malkovich le choisit pour le personnage principal (et complexe) de son premier film de réalisateur. Fernando Leon de Aranoa le transforme en vieux loup de mer barbu pour ses Lundis au Soleil, Goya du meilleur film et nominé à l'Oscar du meilleur film étranger. Mais Bardem ne s'arrête pas en chemin, interprétant le monstre Pablo Escobar avant d'être l'une des stars du premier film de l'acteur Andy Garcia ... Cet espagnol se veut avant tout hispanique, cubain, colombien, peu importe. Il n'est toujours pas Américain. Juste un excellent comédien.

vincy


 
 
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