Diane Kruger a tourné son premier film dans sa langue maternelle avec In The Fade. Résultat: un prix d'interprétation à Cannes, un Golden Globe du meilleur film étranger. Depuis l'actrice a été à l'affiche de Tout nous sépare, a tourné JT Leroy avec Kristen Stewart, et tourne actuellement The Women of Marwen de Robert Zemeckis. De grands écarts qui payent.



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MATTHEMATIQUE





Il doit y avoir une logique à tout ça. Hollywood joue facilement les alchimistes pour fabriquer des stars en puissance. Matt Damon est l'une de ses brillantes créations fantasmagoriques: blondinet toujours bien coiffé, joli minois, sourire "pepsodent", prunelles noisettes. Un poster-boy idéal pour les jeunes filles. Il aurait pu poser en boxer-brief pour CK ou Tommy H.
Pourtant, Damon s'est installé avec le temps parmi les acteurs - stars. Ceux qui tournent avec les plus grands. Ceux dont le cachet explose grâce à une franchise. Ceux dont les choix sont rarement mal jugés.
Retour en arrière. 1997. L'année de la consécration d'un certain Leo. 1998 sera l'année Matt. Sans échecs. Que des réussites. En fait un carré d'as. Un Oscar du meilleur scénario. Un film au dessus des 130 millions de $ qu'il porte sur ses épaules. Un second-rôle clé dans le dernier chef d'oeuvre de Spielberg. Et vedette dans le (médiocre) John Dahl, entouré de monstres sacrés (Malkovitch et Landau).
Son rêve se réalise donc et il l'assume jusqu'au bout. Matt Damon l'avoue: il voulait cette vie de vedette. Il peut remercier son agent, les médias, et Miramax. Son agent pour l'avoir propulser dès Courage Under Fire comme une gloire montante et un acteur doué, grâce un rôle certes marquant, mais surjoué.
Les médias, avides de nouvelles têtes sexy, et en quête de prodiges, qui se ruèrent sur ce nouvel os typiquement américain, ciblant parfaitement leur lectorat. On en fit donc l'espoir du 7ème Art de cette fin de siècle. Avant même qu'il ne fasse son premier hit (Good Will Hunting), il était déjà en haut de l'affiche et sur les couvertures des "mags". Anticipation ou manipulation? Pourtant Damon est discret. Même marié et papa, on le voit rarement déambuler dans les torchons people.
Enfin il peut remercier Miramax, qui expert en Oscars, fit un travail marketing remarquable et fit du duo Affleck-Damon un instrument de vente imparable: deux amis, deux jeunes gens, deux beaux mecs, deux stars en devenir...et tous les prix qui suivirent. Matt Damon est alors entré dans la cour des grands.
Son allure WASP (avec une gueule de travers), toujours propre sur lui (proprement inculte, mais psychologiquement pas si net), a joué incontestablement en sa faveur. Les Américains apprécient ce genre de stars d'apprence "clean". A y gratter de plus près, pourtant Damon prend son métier au sérieux et son image un peu moins. Surtout, son aspect de jeune voyou trompant l'ennemi avec sa gueule d'ange fait des ravages chez des publics très variés. Il sera même élu acteur le plus sexy en 2007.

Il a ainsi volontiers accepté des seconds-rôles (Chasing Amy, Saving Private Ryan, Dogma), des scripts indépendants (Rounders), et des personnages pas très reluisants. Il apprend. Et suit en cela la génération Cruise-Pitt, qui cherchait avant tous les grands cinéastes, les partenaires hots et des personnages cassant leur image. Soderbergh et son Ocean's 11 est là pour le prouver. Noyé dans un casting choc-chic, il rabaisse son égo et devient as du pickpocket dans un pur produit de divertissement. Il ne demandera un rôle central que dans la "sequel", fort de plusieurs hits au Box Office.
Le scénario du deuxième opus s'en amuse. Son personnage fait tout, y compris des gaffes, pour être à égalité avec le tandem Clooney / Pitt. Ballot, il en devient drôle. Et dans le troisième, il sera carrément burlesque, finissant en caleçon à fleurs sur un toit de gratte-ciel. Soderbergh flaire le grand comédien qu'il peut être et en fera son mouchard dans The Informant, rôle pour lequel l'acteur prend 15 kilos, s'affuble d'une moustache, et se fait ainsi respecter par les critiques.

Car, sinon Damon était souvent le héros ou le type bien (y compris dans la série Bourne, pourtant remarquable de noirceur). Jason Bourne justement. Une franchise de haute volée où son amnésie et ses aptitudes au combat l'ont rendu héroïque. Et extrêmement populaire. Les cinéphiles les plus exigeants en redemandent. Il est même plutôt convaincant quand il castagne un méchant dans une salle de bain de Tanger. Le comédien a cette particularité d'être aussi bien physique que cérébral, quelconque que séduisant.
Celui qui se bat contre l'immoralité, ou pour s'améliorer, malgré de grosses conneries passées. The Talented Mr Ripley avait pu assombrir un peu son image. En 1999. De la même façon en jouant chez Redford ou dans un western, il va tenter de devenir un peu plus "brut" que doux. Il aviat très tôt envie de mûrir.
Il incarne encore l'idée même de l'American Dream, mais celle qui doute ou celle qui est coincé dans son éducation et sa moralité. Comme n'importe quel rêve, on espère un jour une gueule de bois pour l'humaniser un peu. Et pour nos donner raison, il choisit des personnages troubles (Gerry le magnifique) ou des prodiges angoissés et même meurtriers (Hunting, Ripley, Bourne).

Mais ce qui épate c'est la qualité de sa filmographie. Van Sant l'a engagé deux fois. Soderbergh l'a choisi cinq fois. Il fait des caméos chez Coppola, une voix chez Darabont. Il épate en frère Grimm chez Gilliam. Il étonne en siamois chez les Farrelly. Il aime surprendre avec des personnages fantasques, dans des univers singuliers. On le retrouve aussi logiquement dans des films plus politiques, en phase avec ses engagements (le Darfour, entre autres). Ainsi on le remarque dans des films où le complot, l'Etat dans sa face monstrueuse écrase la liberté individuelle : Syriana, Raisons d'Etat, The Informant, ...

Damon continue ainsi un parcours quasi sans faute. Clint Eastwood, après un premier film - Invictus sur fond de portrait de Mandela - le reprend une deuxième fois pour un thriller.
Star passionnante, peu flamboyante, mais aux choix excitants, il a réussit avec DiCaprio, lancé en même temps, à s'imposer dans ce milieu de requins. S'il ne scénarise plus, son jeu s'est étoffé. Scorsese l'a bien compris en l'intégrant dans son casting du film oscarisé Les Infiltrés, dans l'ombre de Nicholson, en face de Leonardo. Il n'y a pas de hasards...

vincy


 
 
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