Roschdy Zem n'a pas trouvé son public avec sa réalisation Persona Non Grata, mais son long parcours, commencé il y a plus de trente ans l'a solidifié dans le paysage cinématographique français. Un an après le succès du Jeu, il brille dans Roubaix, une lumière d'Arnaud Desplechin, en attendant de le voir en tête de générique de la série Les sauvages en septembre sur Canal +.



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HE-MEL





Super-star de ces vingt dernières années, bel homme, regard bleu acier et plutôt ambitieux, il aura mieux résister que ses rivaux, Richard Gere et autres Bruce Willis. Mel Gibson est l'un des 4-5 acteurs les mieux payés du cinéma d'aujourd'hui. Et le producteur le plus riche d'Hollywood avec sa Passion du Christ qui a du lui rapporté quelque chose comme 200 millions de dollars à titre perso.
A la fois tête d'affiche de films d'action et de suspense, il n'hésite pas à faire quelques cascades, et est toujours prêt à désarmer les vilains avec son humour.
Il navigue de hits en hits, de comédies d'action (Bird on a Wyre, Maverick) en polar romantique (Tequila Sunrise, Conspiracy Theory), avec plus de succès dans le premier genre. La preuve What Women Want a fait deux fois mieux que The Patriot en 2000.
Evidemment l'acteur a une réputation fort sympathique, à rendre chômeuses les attachées de presse. Avec les actrices c'est l'idylle, à condition qu'elles acceptent ses (sales) blagues. Weaver et Foster ne tarissent pas d'éloges.
Ne prenant pas son métier au sérieux, on comprend pourquoi ce charmeur clique chimiquement avec le public. Musclé et drôle, taré et honnête, Gibson est une sorte de héros déjanté idéal. Un ado à peine mature devant la caméra. sauf quand il choisit des rôles hautement moraliste. Sa carrière se divise en deux zones: les films populaires et les oeuvres plus personnelles.
Dans la première comprend la série qui l'a lancé, Mad Max, ultra-violente et apocalyptique. Il ne devra sa conquête du grand public qu'à son autre franchise: L'Arme Fatale. Il est le seul avec Harrison Ford à cumuler deux séries de hits différents. Pour vous dire l'envergure.
Parmi les oeuvres qui correspondent plus au comédien, les films acclamés de Peter Weir (Gallipoli, L'année de tous les dangers), Hamlet, The Million $ Hotel et surtout ceux qu'il a lui même réalisé.
A croire que les rôles qu'on lui proposait n'étaient pas ceux qu'il souhaitait...Il a ainsi triomphé avec BraveHeart, en tant que réalisateur. Oscar à tous les étages. On s'interroge encore sur leur mérite. Gibson a la cote. C'est la seule explication rationnelle. Croyant et chrétien, il n'hésite pas à tenir des propos qui choquent certaines communautés : juifs, homos... C'est la face sombre de la star. Elle entâche son parcours. S'il a abandonné, pour le moment, la réalisation du remake de Farenheit 451, préférant se consacrer à sa dernière illumination, le Christ (et une Passion sulfureuse et controversée), il envisage désormaisun Western sur la victoire des Maccabees. Sa folie pour sa foi le rend presque schizo : homophobe et adorant Certains l'aiment chaud, accusé d'antisémitisme et travaillant quotidiennement avec des juifs, anti-Bush et pourtant flattant tout son électorat de fervents chrétiens conservateurs. Dieu lui aurait parlé un jour où il voulait se suicider. Chacun son martyr.
En attendant son épanouissement total, Gibson est un des rares intouchables d'Hollywood. Cette invincibilité le rend encore plus magique. Il aime jouer sur l'ambiguïté, la moralité - même s'il est le méchant - les personnages aux zones d'ombre douteuses. Rarement le preux héros chevalier, il poursuit malgré tout des objectifs qui en font un mec bien. Il ne dit pas non au tortures SM (Lethal Weapon, Payback). Pour ses enfants, il est prêt à tout (Ransom, Patriot). Mais il n'est jamais aussi bon que lorsqu'on lui adjoint une star féminine (Foster, Roberts, Hunt). Il aime les femmes, et elles le lui rendent bien. Il arrive même à faire craquer toutes les poules. Dans Chicken Run, il est un coq en pâte, séducteur, ravageur, frimeur, héroïque malgré lui. Cette facette là est sans doute la plus tendre, la plus délicieuse. Et on lui pardonne ainsi quelques erreurs de choix, dès qu'il s'aventure auprès de cinéastes européens (Zeffirelli, Wenders, Emmerich). D'autant que Signs, de Shyamalan, méga hit mondial réconcilie tous les publics et finalement ses deux piliers : la religion (il renoue avec Dieu) et l'action (il tabasse les méchants extra terrestres). Amen.
En ciblant ses deux publics fétiches - les ados et les femmes - il s'accroche à son statut de leader dans l'entertainment, tout alternant les genres, les films, les hits. Une belle carrière. Pleine de sang et de lumière divine. Alleluiah.

vincy


 
 
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