Marcello Mastroianni est l'icone du 67e Festival de Cannes qui sera sous les spotlights dans moins d'un mois. Le légendaire acteur italien, éternellement élégant, dans Huit et demi, non moins légendaire film de Fellini : le printemps aura des airs de dolce vita sur la Croisette.



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C'est entendu, Michel Piccoli est un de nos grands acteurs de cinéma. D'accord, lorsqu'on pense à lui, il nous vient à l'esprit toutes les images du Mépris (et les jambres de Bardot), des Demoiselles de Rochefort (en Monsieur Dame), de Belle de jour (toujours Deneuve), des Choses de la vie (et Romy), de La Grande bouffe, du Sucre, des Cent et une nuits, de Généalogies d'un crime (encore Deneuve)... Et de bien d'autres films encore ! Mais de là à concevoir que le sieur Piccoli est à la tête d'une filmographie de près de 180 films ! Et quels films ! Parce que du haut de ses 80 printemps, avec une moyenne de 3 films par an en 60 ans de carrière, ce brillant comédien a joué avec les plus grands réalisateurs, de Jean-Pierre Melville à Manoel de Oliveira (son grandiose et intime je rentre à la maison, forme de requiem pour les deux vétérans), en passant par Jean-Luc Godard, Jacques Demy, Claude Sautet, Luis Buñuel, Alfred Hitchcock ou encore Jacques Rivette. Et c'est sans parler des films qu'il réalise lui-même ou de sa passion pour le théâtre. Chapeau bas...

Michel Piccoli naît à Paris le 27 décembre 1925 dans une famille musicienne : une mère pianiste, issue d'une famille bourgeoise, et un père violoniste venant d'un milieu modeste. Son enfance se partage entre la capitale et la Corrèze. A 20 ans, il s'affranchit de la bourgeoisie familiale et fait ses débuts au cinéma avec une figuration dans le film de Christian Jaque, Sortilèges. Après quelques rôles de cinéma et quelques pièces de théâtre, il fait la rencontre de Luis Buñuel ("J'ai écrit, moi acteur obscur, à ce metteur en scène connu pour qu'il vienne me voir dans un spectacle. Il est venu. Nous sommes devenus amis. C'est un culot de jeune homme formidable, non ?"). C'est le début d'une longue complicité : Michel Piccoli jouera dans six de ses films dont les fameux Journal d'une femme de chambre, Belle de jour et Le charme discret de la bourgeoisie.
A cette époque, Piccoli croise le tout Saint-Germain-des-Prés et connaît Boris Vian, Jean-Paul Sartre et Juliette Gréco qui sera sa compagne pendant onze ans (ils se marient en 1967). Son penchant politique pour le communisme se renforce alors (son attachement pour la politique sera toujours présent jusqu'à récemment soutenir José Bové, le seul qui lui fasse "l'effet d'une décharge électrique" dans ce marasme de désengagement politique).
Les années 60 sont riches de jolies rencontres avec, entre autres, Jean-Luc Godard (le mémorable Mépris, un de ses premiers rôles principaux), Jean Aurel (De l'Amour), Costa-Gavras (Compartiments tueurs), Roger Vadim (La Curée), Alain Resnais (La Guerre est finie), Jacques Demy (Les Demoiselles de Rochefort), Michel Deville (Benjamin ou les mémoires d'un puceau), Caude Sautet (Les Choses de la vie, Max et les ferrailleurs), Alfred Hitchcock (L'Etau)... il n'a rien d'un héros mais ila tout de l'alter égo.
C'est en 1968 que le comédien rencontre Marco Ferreri qui lui donne un rôle dans Dillinger est mort. Ensemble, il tourneront six films dont la très controversée Grande Bouffe en 1973. Parce que Michel Piccoli est un de ces acteurs fidèles auquel les réalisateurs font souvent appel au fil des ans.

Avec les années 70 et 80 viennent les rôles de personnages plus troubles : celui qui refuse la société et choisit de vivre reclus dans sa chambre (Themroc), celui de l'amant machiavélique qui décide d'éliminer le mari de sa maîtresse (Les Noces Rouges) ou encore celui d'un escroc à l'assurance-vie (Le Trio infernal). Michel Piccoli en profite ainsi pour élargir sa palette d'acteur et prouver sa capacité à exceller dans des registres très variés. Il aime changer de cinéastes : rien que dans les années 80, il tourne avec Doillon, Boisset, Scola, Chahine, Deville. On retient surtout son passage chez Carax (le passionnel Mauvais sang), Malle (impeccable Milou en Mai) et Dembo (l'oscarisé Diagonale du fou). Le fou gère sa carrière en diagonale justement. Sans calculs. Il attire les projets les plus étranges, les nouveaux talents ne lui font pas peur, il entretient la controverse et refuse l'embourgeoisement (Noiret) ou l'isolement (Trintignant).

Puis viennent les années 90 et, parallèlement aux rôles qu'il interprète dans les films des autres, le comédien a envie de voir ce qui se passe de l'autre côté de la caméra : en 1991, il réalise un court-métrage pour l'oeuvre politique collégiale Contre l'oubli. En 1994, il s'essaye à un second court-métrage, Train de Nuit, dans lequel il joue aux côtés de Dominique Blanc. En 1997, il tourne son premier long, Alors Voilà, de nouveau avec Dominique Blanc, dans lequel un homme cherche tant bien que mal à préserver la cohésion de sa famille turbulente. Ce film reçoit les honneurs de la critique mais un accueil partagé de la part du public, ce qui ne déplait pas à son auteur ("Je ne veux pas être élitiste, mais je sais que je serais incapable de réaliser quelque chose qui plairait au plus grand nombre."). De Jalousie (de Sacha Guitry) à son second long (La Plage Noire adaptée d'un roman de François Maspero), Piccoli connaîtra son chant du cygne avec le succès inattendu du Manoel de Oliveira. Dans ce film, il incarne une nouvelle fois, après Tout va bien, on s'en va de Claude Mouriéras, un grand-père ("Dans ce métier étrange, je viens d'entrer sur le marché du travail dans les rôles de grands-pères. Les carottes sont cuites."). C'est vrai qu'il aura incarné tous les âges de la vie, rencontré les comédiens les plus talentueux et tourné avec les plus grands réalisateurs. Agnès Varda avait vu juste en lui donnant, en 1995, le rôle de Monsieur Cinéma dans ses Cent et une nuits à l'occasion du centenaire du cinématographe Lumière. Qui d'autre pouvait incarner ce guide spirituel (dans tous les sens du terme), idéaliste, et symbole d'un cinéma riche en styles. Il a toujours refusé le formatage. Il est du coup l'un de nos talents les plus singuliers...
Acteur sans agent, star sans fan club, grand comédien sans César (quel scandale non?, même pas un d'honneur), il continue son parcours, plus vaillant qu'un pape. Il apparaît dans des films dans son propre rôle, ou s'amuse à jouer un Marielle incarnant lui-même un personnage fictif. Il est la voix d'un vieux marin pour un dessin animé. S'amuse comme un gamin. Finalement il a beau avoir écrit et réalisé Ce n'est pas tout à fait la vie dont j'avais rêvé, le titre ne nous semble pas très crédible par rapport à la réalité...

laurence (+vincy)


 
 
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